COP26 : les émissions de CO2 retrouvent leur niveau d'avant Covid

COP26 : les émissions de CO2 retrouvent leur niveau d'avant Covid

REBOND - Selon une étude, publiée jeudi 4 novembre, les émissions mondiales de CO2, le principal gaz à effet de serre, ont rebondi en 2021 à des niveaux proches des records enregistrés avant la pandémie du Covid-19.

La crise du Covid n'aura été qu'une parenthèse pour le climat. La pandémie avait mis à l'arrêt une bonne partie de l'économie très dépendante des énergies fossiles, entraînant en 2020 une chute spectaculaire de 5,4% des émissions de CO2, principal gaz à effet de serre. Sauf qu'en 2021, avec la reprise économique, elles devraient rebondir de 4,9% pour se rapprocher à moins de 1% du record absolu de 2019, alerte une étude du Global Carbon Project, jeudi 4 novembre, à l'occasion de la COP26.

Malgré les promesses de plans de relance post-Covid "verts", la relance économique se fait surtout avec les énergies fossiles : selon le groupe de scientifiques internationaux, les émissions dues au charbon devraient dépasser leur niveau de 2019, c'est-à-dire d'avant la crise, bien que sous leur record absolu de 2014, et celles dues au gaz atteindre leur plus haut historique. Certes, les émissions dues au pétrole, projetées en augmentation de 4,4% pour 2021, ne rattrapent pas leur niveau de 2019, mais les auteurs de l'étude soulignent que le secteur des transports n'a pas encore recouvré ses niveaux d'avant-crise.

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Par conséquence les "budgets" carbone mondiaux, soit la quantité de CO2 pouvant être émise pour un résultat donné, s'amenuisent. Le niveau atteint actuellement est évalué entre +1,1°C et +1,2°C, alors que les objectifs de l'accord de Paris prévoient un réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle nettement sous +2°C, et si possible à +1,5°C. À ce rythme, pour avoir 50% de chances de tenir +1,5°C, il reste 8 ans d'émissions, 20 ans pour limiter le réchauffement à +1,7°C et 32 ans à +2°C. Si on espère augmenter les chances à 66%, la durée baisse encore : 8 ans pour 1,5°C, 16 années à +1,7°C et 27 ans à +2°C.

"Un rappel à la réalité"

Le temps presse donc, comme le montre la recrudescence de catastrophes climatiques en tout genre - inondations, sécheresses, méga-feux - avec leur cortège de victimes, populations déplacées ou menacées de famine. L'étude constitue donc "un rappel à la réalité de ce qui se passe dans le monde pendant que nous discutons à Glasgow de la façon de combattre le changement climatique", souligne pour l'AFP la climatologue Corinne Le Quéré, une des auteurs. 

Car la chute liée à la crise du Covid "n'a jamais été le fruit d'un changement structurel. Mettre sa voiture (temporairement) au garage ou changer pour une voiture électrique, ce n'est pas la même chose". Et en l'absence de ces changements, "le rebond a été encore plus fort que je ne pensais", abonde Glen Peters du Centre international de recherche sur le climat, autre auteur de l'étude. En l'état actuel, "nous pourrions nous attendre à voir les émissions croître de nouveau", explique-t-il à l'AFP, alors qu'avant la pandémie mondiale, les scientifiques espéraient que 2019 puisse marquer un pic d'émissions.

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Une lueur d'espoir tout de même

La répartition géographique des émissions pour 2021 illustre ces craintes. La Chine, premier émetteur mondial depuis 2007 avec environ un quart des émissions, verra sa part bondir à 31% en 2021. Part qui pourrait avoir été poussée à la hausse, car le pays est sorti de la crise due au Covid avant les autres. Les émissions chinoises avaient en effet crû de +1,4% en 2020, alors que celles des États-Unis, deuxième émetteur mondial, chutaient de 10,6%, celles de l'Union européenne, troisième émetteur, de 10,9% et de l'Inde, quatrième, de 7,3%. Les projections 2021 prévoient des augmentations de 4%, 7,6%, 7,6% et 12,6%.

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Les auteurs de l'étude en appellent donc à "une action immédiate et une cohérence globale dans la réponse mondiale au changement climatique". Avec une lueur d'espoir. Sur la décennie 2010-2019, ils ont identifié 23 pays, représentant environ le quart des émissions mondiales de CO2, où les émissions ont baissé, alors que l'économie a été en croissance.

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