Masques, gants... 26.000 tonnes de déchets plastiques liés au Covid déversés dans l'océan

Environ 8,4 millions de tonnes de déchets plastiques ont été générés à partir de 193 pays, selon une étude chinoise, publiée ce lundi.

POLLUTION - Selon une étude chinoise publiée ce lundi, près de 26.000 tonnes de déchets plastiques, composés de masques ou encore de gants, ont été déversés dans l'océan depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Outre le coût économique, l'épidémie de Covid-19 représente un coût environnemental non négligeable. D'après une étude chinoise publiée ce lundi dans la revue en ligne PNAS, quelques 25.900 tonnes de déchets plastiques ont été déversés dans l'océan depuis le début de la crise sanitaire en 2020, soit l’équivalent de plus de 2000 bus à impériale. 

Ces déchets plastiques, constitués d’équipements de protection individuelle (EPI) tels que des masques ou encore des gants, ont été rejetés massivement dans les eaux en raison de l'incapacité des pays à les traiter correctement : "La pandémie de Covid-19 a entraîné une demande accrue de plastiques à usage unique qui intensifie la pression sur un problème mondial de déchets plastiques déjà hors de contrôle", ont expliqué Yiming Peng et Peipei Wu de l’Université de Nanjing, co-auteurs de l'étude en question, "Magnitude and impact of pandemic-associated plastic waste".

Leurs recherches suggèrent notamment que 87,4% de déchets d'EPI provenaient principalement des hôpitaux, contre 7,6% des particuliers. "La majeure partie du plastique provient de déchets médicaux générés par les hôpitaux, ce qui éclipse la contribution des équipements de protection individuelle et du matériel d’emballage d’achat en ligne", ont-ils précisé.

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En Europe, 1700 tonnes de déchets dans le Danube

L’étude chinoise a révélé par ailleurs que 46% des déchets plastiques actuellement mal gérés provenaient d’Asie, avec un port du masque répandu, suivis de l’Europe (24%), de l’Amérique du Nord et du Sud (22%).

Des fleuves sont particulièrement affectés comme le Shatt al-Arab, dans le sud-est de l’Irak, qui transportait 5200 tonnes de déchets d’EPI dans l’océan ; le fleuve Indus, dans l’ouest du Tibet, qui transportait 4000 tonnes et le fleuve Yangtsé, en Chine, avec 3700 tonnes. En Europe, le Danube a transporté près de 1700 tonnes de déchets pandémiques jusque dans l'océan. Les rivières, elles, représentaient 79 % des rejets, dont 73% de rivières asiatiques suivies par les cours d’eau européens (11%), avec des contributions mineures d’autres continents, selon le rapport. "Ces résultats mettent en évidence les rivières et les bassins versants qui nécessitent une attention particulière dans la gestion des déchets plastiques", ont déclaré les chercheurs.

Enfin, les scientifiques prédisent que presque tous les plastiques liés à la pandémie de Covid-19 finiront dans les fonds marins (28,8%) ou sur les plages (70,5%) d'ici fin 2100. "Nous constatons un impact durable des rejets de déchets associés à la pandémie dans l’océan mondial", affirment ces derniers.

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Aussi, au regard de ces résultats inquiétants, ils ont appelé à une meilleure gestion des déchets médicaux dans les épicentres pandémiques, que sont les pays en développement. "Les plastiques libérés peuvent être transportés sur de longues distances dans l’océan, rencontrer la faune marine et potentiellement entraîner des blessures ou même la mort", ont-ils alerté.

En mars dernier déjà, une étude avait présenté le premier cas d’un poisson piégé dans un gant médical, rencontré lors d’un nettoyage de canal à Leiden, aux Pays-Bas, tandis qu'un masque de protection PFF-2 avait été retrouvé un peu plus tard au Brésil dans l’estomac d’un manchot de Magellan mort.

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