Covid-19 : le difficile recyclage des masques chirurgicaux

Covid-19 : le difficile recyclage des masques chirurgicaux

PLASTIQUE - Les masques anti-Covid sont utilisés bien plus vite qu'ils ne sont recyclés. Les transformer en produits de seconde main nécessite de repenser le processus de collecte et de recyclage, ce qui accroît considérablement les coûts des entreprises.

200 à 240 tonnes de masques anti-Covid sont utilisés chaque jour en France, soit l'équivalent de deux fois le poids de la Statue de la Liberté. Afin de limiter la production de déchets, recycler cette matière composée à 90% de plastique, et incinérée jusqu'ici, devient une priorité. Pour les industriels et les pouvoirs publics, c'est un combat perdu d'avance. 

"C'est un sujet très complexe", atteste François Driol, Vice-Président de Saint-Étienne métropole, en charge de la gestion et du traitement des déchets, aux micros de TF1. "D'abord, c'est une masse de nouveaux déchets que nous collectons depuis peu de temps : il faut donc mettre en place une collecte sélective et s'assurer qu'un traitement hygiénique puisse être effectué (avec des équipements de protection pour les agents, ndlr). Et en plus d'être compliqué, ça coûte très cher. Il faut donc tout repenser." 

Composés d'une barre métallique sur le nez, d'élastiques en caoutchouc derrière les oreilles, et de polypropylène (un dérivé du plastique) sur le visage, ces masques complexifient en effet le processus traditionnel de recyclage : chaque élément du masque devant être isolés les uns des autres et désinfecté. D'après le stéphanois,"même si on est capable d'accélérer la cadence du recyclage, un à deux ans seront nécessaires" pour mettre en place un système performant à l'échelle nationale. 

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2 millions d'euros débloqués par la région Ile-de-France

En attendant, des initiatives locales voient le jour. "Il y a 2 à 3 jours de collectes là", pointe du doigt Olivier Civil, fondateur de l'entreprise Plaxtic, en direction d'un amoncellement de détritus bleus. "Ce sont des masques qui viennent de partout." 400.000 sont en effet récoltés chaque semaine puis broyés pour être transformés en fourniture scolaire. "Ils deviennent des petites billes de matière première" avec lesquelles "on fait environ 20 à 25.000 kits" par semaine à destination des écoliers, poursuit le patron. Sa société recycle 5 millions de masques par an, soit 4% seulement de la consommation quotidienne des Français. 

Pour abattre ce travail titanesque, d'autres entreprises se mobilisent. Une partie des masques des hôpitaux de Paris AP-HP, d’Yves Rocher ou encore de la mairie de Courbevoie est également ramassée toutes les deux semaines, pour 250 euros par mois, par les camions du groupe Tri-o et Greenwishes, entreprise spécialisée dans le tri de déchets en Hauts-de-Seine. "Les filières de recyclage existent [...] mais le plus compliqué, c’est de réussir à capter le gisement, c'est-à-dire la collecte de ces masques", explique son président Matthieu de Chanaleilles. Impossible de les jeter avec les autres plastiques pour des raisons sanitaires - ils peuvent être contaminés - mais aussi parce qu'ils sont trop légers et se coincent dans les machines de tri automatique.

Des entreprises basées dans le Nord, comme Cosmolys ou Baudelet, ont ensuite recours au même procédé de broyage et de désinfection des masques que Plaxtic, après avoir séparé les composants pour ne garder que le polypropylène. Également transformés en granulés, ils deviennent des tapis de sol ou des pièces destinées à l'habitacle d'une automobile. 

À ce titre, Tri-o et Greenwishes ainsi que Cosmolys ont reçu 200.000 euros de la région Ile-de-France, qui a ouvert une enveloppe de 2 millions d'euros pour accompagner la structuration d'une filière de recyclage des masques sur son territoire. 

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Avant qu'un système de recyclage national performant soit en place, les Français n'auront probablement plus à porter de masque anti-Covid. Le ministre de la Santé Olivier Véran a en effet annoncé que si la circulation du virus continue de baisser, le masque pourrait ne plus être obligatoire dans les rues de l'Hexagone dès cet été, à quelques exceptions près. Cette déclaration intervient au moment où la Charente-Maritime et la Gironde assouplissent les règles concernant le port du masque à l'air libre. 

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