Dérèglement climatique : menacés par la montée des eaux, des dizaines d'États insulaires appellent à l'aide

Le port de Male, capitale des Maldives, le 31 juillet 2016. L'archipel, le plus bas pays du monde, est particulièrement menacé par la montée des eaux.

APPEL DE DÉTRESSE - Des dizaines de petits États insulaires ont appelé le monde à sauver leur avenir, après la publication du rapport du Giec ce lundi 9 août, qui alarme sur une augmentation rapide du niveau de la mer.

Ils risquent d’être en partie submergés dans les décennies à venir : des dizaines de petits pays insulaires ont lancé un appel aux dirigeants du monde entier lundi 9 août au soir. Vulnérables aux effets du changement climatique, ces îles étaient particulièrement inquiètes après la publication quelques heures plus tôt du rapport des experts climat de l’ONU. 

Cet état des lieux climatique publié par le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), très attendu, a affirmé que le réchauffement de la planète et la hausse du niveau des mers menacent l’existence même de ces îles. Et ce, à un rythme qui s’accélère : selon le rapport, le réchauffement climatique se produit beaucoup plus rapidement que prévu. 

Dans tous les scénarios envisagés, du plus optimiste ou plus pessimiste, la température mondiale devrait atteindre +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle autour de 2030, soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec il y a trois ans. En conséquence, le niveau de la mer ne cesse de grimper : dans le scénario du pire, le niveau de la mer pourrait gagner 2 mètres dès la fin du siècle. 

Le niveau de la mer pourrait augmenter d'un demi-mètre au cours du siècle

Une hausse qui menace directement plusieurs petites îles, même dans le meilleur des scénarios. "Le fait est que si nous limitons le réchauffement à 1,5°C (NDLR : au cours du XXIe siècle), nous risquons toujours une augmentation du niveau de la mer d'un demi-mètre", a déclaré Diann Black-Layne, négociatrice principale sur le climat pour l'Alliance des petits États insulaires (Aosis) et ambassadrice d'Antigue-et-Barbude, dans un communiqué publié lundi soir. 

Mais il est encore temps de limiter les dégâts. "Si nous empêchons le réchauffement d'atteindre 2°C, nous pouvons éviter une élévation du niveau de la mer de trois mètres à long terme", a-t-elle ajouté. "C'est notre avenir même qui est en jeu", a-t-elle affirmé, appelant les dirigeants internationaux à "inverser la tendance"

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En tout, ce sont 39 États qui ont lancé ce cri d’alerte : parmi les membres de l'Aosis, on retrouve notamment Cuba, la Jamaïque, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Maldives, le pays le plus bas du monde (80 % de ses terres se situent à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer). Ces pays insulaires enjoignent les gouvernements du monde entier à lancer des mesures cruciales pour limiter le réchauffement à l'objectif de 1,5°C fixé par l'accord de Paris en 2015. 

De nombreux dirigeants mondiaux ont réagi au rapport en appelant à une action immédiate pour freiner l'augmentation de la température de la planète. Mais certains dirigeants ont freiné le mouvement. Le Premier ministre conservateur australien a rejeté mardi les appels de plus en plus nombreux à adopter des objectifs d'émissions plus ambitieux, tandis que la Chine a affirmé mettre en œuvre ses engagements en matière de climat, sans toutefois annoncer aucune mesure nouvelle.

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