Énergie : 80% des investissements mondiaux sont-ils effectués dans le renouvelable ?

Les investissements dans les énergies renouvelables demeurent soutenu depuis plusieurs années, supérieurs à ceux dans le fossile.

DÉVELOPPEMENT - Yannick Jadot a mis en avant qu'à l'échelle mondiale, les investissements dans le secteur de l'énergie se concentrent à 80% dans le renouvelable. Un fait avéré, mais qui ne permet pourtant pas de réduire significativement la dépendance aux énergies fossiles.

Alors que la majorité des centrales nucléaires françaises arrivent théoriquement en fin de vie, les autorités auront dans les années à venir la lourde responsabilité de décider des orientations à mener en matière de politique énergétique. Investir massivement dans le renouvelable ? Les écologistes tels que Yannick Jadot le souhaitent ardemment, faisant de cette mesure un des piliers de leur programme politique. 

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Le candidat à l'élection présidentielle, invité de France Info ce lundi, a développé sa pensée. "Investir de nouveau dans le nucléaire serait être totalement à rebours de ce qui se passe dans le monde", a-t-il lancé. "80% des nouveaux investissements énergétiques sont dans les énergies renouvelables. Il faut sortir progressivement du nucléaire en investissant dans les alternatives." Ce chiffre, bien réel, traduit une partie des efforts entrepris, mais ne traduit pas la dépendance encore majeure aux énergies fossiles observées à l'échelle de la planète.

Une tendance lourde

Sur quoi se base Yannick Jadot pour mettre en avant cette part de 80% ? Quelques recherches conduisent à retrouver plusieurs sources permettant de l'étayer : il s'agit par exemple d'éléments mentionnés dans une publication du réseau REN21, auquel on doit depuis 2005 la publication annuelle d'un rapport sur la situation mondiale des énergies renouvelables. Autre occurrence de ces investissements massifs dans des énergies non fossiles, un communiqué de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, qui se félicitait d'une année 2020 "record pour les nouvelles capacités en énergies renouvelables à travers le
monde". 

Ces données, Carole Mathieu les juge très fiables. Chercheuse au Centre Énergie de l'Institut français des relations internationales (Ifri), elle note qu'ils font l'objet d'un consensus, malgré le caractère pro-renouvelable du réseau REN21. Cette spécialiste des politiques de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique souligne que "c'est aujourd'hui une réalité, avec des investissements majeurs consentis à l'échelle mondiale, mais qui ne suffisent pas encore à observer un tournant significatif".

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Un autre chiffre du REN21 illustre les propos de la chercheuse : le fait que "la part des combustibles fossiles dans le bouquet énergétique total est aussi élevée qu'il y a dix ans (80,3 % contre 80,2 % aujourd'hui)". Comment l'expliquer ? Par un "héritage du passé, avec des infrastructures fossiles toujours en place", glisse notamment Carole Mathieu. "Elles ne sont pas sorties du réseau et les chiffres concernant les fermetures des centrales à charbon s'avèrent finalement bien inférieurs à la dynamique que l'on observe sur les investissements dans le renouvelable". De fait, "on observe toujours cette dépendance aux infrastructures fossiles".

L'expert incite à se pencher sur d'autres indicateurs, en particulier ceux relatifs aux volumes de production. Et pour cause, les investissements observés "ne permettent pas encore de faire basculer les équilibres en matière de production puisqu'il faut beaucoup plus de capacité installée pour produire le même équivalent qu'avec les énergies conventionnelles, du fait de l'intermittence et des problématiques techniques autour du renouvelable". 

En toile de fond, ce sont des logiques économiques très différentes qui s'opposent. Entre des énergies renouvelables qui "nécessitent des investissements lourds, suivis lors de la phase de fonctionnement de coûts assez faibles puisqu'il n'y a plus de combustible", et des investissements dans le fossile. Si leur coût est réduit, avec "des centrales à gaz ou à charbon" par exemple, "vous êtes ensuite dépendant d'un approvisionnement en combustibles"

En résumé, il est donc tout à fait juste de noter que dans le monde, les investissements en matière d'énergie se portent e n majorité sur le renouvelable, mais il faut garder à l'esprit que notre dépendance aux énergies fossiles demeurent stables depuis maintenant dix ans. Ce qui fait dire à un organisme comme REN21 que "nous sommes loin du changement de paradigme nécessaire à un avenir énergétique propre, plus sain et plus équitable".

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Trois fois plus d’emplois grâce aux énergies renouvelables qu'avec le nucléaire ?

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