Écologie, pêche, tourisme... Pourquoi l'éolien en mer divise en France

Écologie, pêche, tourisme... Pourquoi l'éolien en mer divise en France

FRONDE - Les projets d'installation de parcs éoliens en mer se heurtent régulièrement, en France, à l'opposition des pêcheurs et des écologistes, qui craignent notamment la destruction des fonds marins. À raison ?

Dans quelques mois, d'immenses moulins à vent seront installés en mer de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), soit 20 ans après les Anglais, les Belges ou les Danois, et dix ans après l'attribution des premiers sites éoliens offshore en France. "Après dix ans d'attente, ça y est, on part au large", savoure pour TF1, dans la vidéo en tête de cet article, Olivier de la Laurencie, directeur de projet éolien en mer.

"En 2022, on installera la fin des fondations et la fin des câbles inter-éoliens. Et surtout, on commencera à installer les éoliennes elles-mêmes. Il y a vraiment un mouvement qui s'est lancé : les usines de General Electric ici, leur centre d'ingénierie qui est à Nantes, on a une usine de pales qui a été créée à Cherbourg. Dans la filière, il y a aussi d'autres usines qui s'ouvrent au Havre", poursuit-il.

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Alors même que le premier kilowatt n'est pas encore sorti de l'océan, la filière emploie déjà 5000 personnes. Les Chantiers de l'Atlantique, spécialistes du paquebot, y ont beaucoup investi et voient enfin les affaires décoller.

"Cette filière des énergies marines, elle va aller croissant, parce qu'en Europe les volumes sont multipliés par deux ou trois par rapport à ce que nous avons connu. La France a aussi de grandes ambitions : 1 GW/an aujourd'hui dans les programmes nationaux, et dans le futur, espérons-le, 2 GW/an", indique Frédéric Grizaud, directeur d'Atlantique Offshore Energy .

700.000 foyers seront approvisionnés en électricité grâce au parc éolien de Saint-Nazaire

Le tout premier parc, à Saint-Nazaire, fournira l'énergie de 700.000 foyers. Outre celui-ci, trois autres chantiers sont en cours en Bretagne et en Normandie. Quatre autres font l'objet d'études en en mer du Nord, sur la côte Atlantique et en Méditerranée. 

Mais à chaque fois, les projets sont fraichement accueillis et pour les autorités, proposer la nouvelle implantation d'un parc éolien en mer, c'est souvent l'assurance d'une vive opposition menée par les pêcheurs.

Le paysage va être défiguré- Glen le Merdy, pêcheur à Paimpol

Le chantier en baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), c'est la mère de toutes les batailles pour les pêcheurs. Cet été, des dizaines d'entre eux ont même effectué une action d'envergure en mer au pied de l'Aeolus, un gigantesque navire de forage. 

Glen le Merdy, patron pêcheur à Paimpol (Côtes-d'Armor), était présent ce jour-là. Il explique que la perspective d'éoliennes offshore lui fait "mal au cœur". D'abord "pour le paysage, qui va être défiguré, et parce qu'ils sont en train de massacrer la vie sous-marine". Il s'inquiète de l'impact "sur les fonds marins", du "câble à haute-tension qui va traverser toute la baie"

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Des scientifiques belges se sont justement penchés sur la vie sous-marine des parcs éoliens. De l'autre côté de la frontière, depuis 10 ans, des biologistes plongent sous les pales pour compter les poissons et les crustacés. "On voit, pour la plupart des espèces, que les taux de capture pour les pêcheurs restent comparables aux situations qui précèdent l'installation des parcs éoliens", détaille Kelle Moreau, de l'institut royal des sciences naturelles de Belgique.

"Pour certaines espèces, on voit même une augmentation des taux de capture. On pense que c'est parce que les fonds marins ne sont plus perturbés à cet endroit parce qu'il y a une zone d'exclusion de la pêche dans les parcs éoliens, mais aussi grâce à une sorte de récif biologique qui se forme entre les éoliennes".

En revanche, sur les lieux étudiés, certaines espèces d'oiseaux marins ont fui les lieux. C'est justement un point qui interroge en baie de Saint-Brieuc : les éoliennes les plus proches de la terre se trouveront à moins de 20 km du Cap Fréhel, un site naturel classé. Ce dernier est aussi visité chaque année par 20 millions de touristes. 

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