Environnement : ces dossiers chauds qui poursuivent Emmanuel Macron

Environnement : ces dossiers chauds qui poursuivent Emmanuel Macron

ÉCOLOGIE - Emmanuel Macron, qui rencontre des membres de la Convention citoyenne sur le climat ce lundi, défend son bilan en matière environnementale. S'il compte à son actif de nombreuses réalisations, plusieurs chantiers, dont les pesticides et le nucléaire, ont été reportés.

Côté pile, de nombreuses réalisations. Les investissements massifs pour la transition verte, le plan de relance écologique à 30 milliards d'euros, les primes à la conversion des véhicules et à la rénovation thermique, la loi anti-gaspillage qui entre en vigueur au 1er janvier, l'abandon de plusieurs projets (Notre-Dame-des-Landes, Montagne d'Or, Europa City) au nom de la préservation des espaces naturels. Sans compter l'activisme indéniable d'Emmanuel Macron sur le plan international. 

Côté face, le bilan environnemental du chef de l'État, qui rencontre lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat, continue toutefois de traîner plusieurs boulets très symboliques, le glyphosate, les néonicotinoïdes ou encore la fiscalité écologique. 

Des pesticides qui empoisonnent l'exécutif

Le dossier du glyphosate est sans doute l'un des plus problématiques. Au début de son quinquennat, le président de la République avait promis d'en finir avec cet herbicide aux conséquences décriées sur la santé. En novembre 2017, Emmanuel Macron avait ainsi demandé à son gouvernement de prendre les dispositions nécessaires "pour que l'utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans"

Si ce pesticide classé "cancérogène probable" par l'OMS, déjà interdit dans les espaces publics depuis janvier 2017, a bien été retiré de la vente aux particuliers en janvier 2019, il reste autorisé pour les agriculteurs, faute d'alternative viable selon le gouvernement. Dès 2019, Emmanuel Macron avait reconnu qu'il serait contraint de prolonger l'autorisation de cet herbicide, à moins de fragiliser les agriculteurs. 

C'est un échec collectif- Emmanuel Macron, le 4 décembre

"Je n'ai pas changé d'avis. Je n'ai pas réussi", a-t-il reconnu lors de son entretien à Brut, il y a une semaine. "Je suis pour qu'on en sorte, mais je n'ai pas réussi. C'est un échec collectif." Le président de la République assure que le dossier du glyphosate ne pourra être réglé qu'à l'échelle européenne, où il espère qu'une majorité d'États membres valideront l'abandon de l'herbicide en 2022. 

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Un autre produit agricole a la dent dure contre l'exécutif. Il s'agit des néonicotinoïdes, ces insecticides utilisés pour protéger les cultures contre les insectes ravageurs, mais qui sont entre autres accusés de tuer les populations d'abeilles. Là encore, le gouvernement avait pris en septembre 2018 un décret prévoyant l'interdiction des néonicotinoïdes. 

Mais les députés ont voté en octobre leur autorisation temporaire dans les champs de betteraves, invoquant les menaces qui pesaient sur ces cultures et le risque de distorsion de concurrence vis-à-vis de nos voisins.

Les centrales à charbon, une retraite au ralenti

Parmi les dossiers chauds figure aussi la fermeture des centrales à charbon. La France, qui comptait encore quatre centrales de ce type en activité en 2017 (Carling, Le Havre, Meyreuil et Cordemais) devait se débarrasser de ces sites qui produisaient moins de 2% de l'électricité sur le sol national mais rejetaient un quart des émissions de gaz à effets de serre du secteur de l'énergie. 

Partant de ce constat, le gouvernement avait prévu de fermer la totalité des centrales d'ici à 2022. En réalité, seules deux des quatre centrales seront totalement fermées à cette date. La centrale de Cordemais a notamment été prolongée avec une activité partielle jusqu'en 2026, en raison des besoins d'approvisionnement en électricité. 

Des réacteurs nucléaires en sursis

Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait prévu de suivre l'objectif fixé par la loi de 2015, fixant la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité en 2025. Un objectif impossible à tenir, a ensuite estimé l'exécutif, qui a revu ses ambitions à la baisse en le repoussant de dix ans. 

En outre, l'exécutif s'est fixé un nouveau calendrier de fermeture de 14 réacteurs (20% du parc) d'ici à 2035, dont la première étape fut celle de Fessenheim courant 2020. 

La fiscalité écologique au point mort

Le mouvement des Gilets jaunes et la crise sanitaire ont remis aux calendes grecques les projets visant à instaurer une fiscalité écologique, un instrument pourtant considéré comme indispensable pour accélérer la transition énergétique. 

La fameuse taxe carbone promise en 2017 a été officiellement enterrée en juillet dernier. "Je pense que sur les deux ans qui viennent, nous n’arriverons pas à remettre une taxe carbone. Cela doit être un débat de la prochaine présidentielle", avait ainsi reconnu Emmanuel Macron, plaidant pour une taxe aux frontières de l'Europe. 

Il en a été de même pour l'introduction de la vignette poids-lourds, même si le gouvernement a récemment instauré un nouveau malus lié au poids des véhicules. Des mesures difficiles à remettre en chantier à l'heure de la crise économique. 

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