EPR de Flamanville : Greenpeace dénonce d’importantes failles de sécurité

EPR de Flamanville : Greenpeace dénonce d’importantes failles de sécurité

SITE NUCLÉAIRE - Dans un communiqué publié dimanche, l’ONG Greenpeace indique avoir été destinataire de "documents détaillés sur tous les systèmes de protection de l’EPR de Flamanville" et estime qu’il serait "irresponsable" de poursuivre "les livraisons de combustible nucléaire".

Y a-t-il des fuites à propos des sites nucléaires français ? Dans un communiqué publié dimanche 6 décembre, l’ONG Greenpeace alerte sur la circulation de documents pointant la sécurité du site nucléaire de l’EPR de Flamanville (Manche). "Greenpeace France a été destinataire de documents extrêmement détaillés portant sur tous les systèmes de protection de l’EPR de Flamanville", révèle l’ONG, qui considère à ce jour que "la sécurité du site de l’EPR est totalement remise en cause."

Greenpeace assure en effet que le contenu de ces documents et la façon dont l’organisation les a obtenus, "sans sollicitation, recherche ou investigation", marquent "des fragilités très inquiétantes dans le traitement et la circulation des données sensibles au sein d’EDF et de ses sous-traitants". L’ONG explique également avoir bénéficié de ces informations "par une personne qui n’avait aucune raison professionnelle d’y accéder, ne travaillant ni de près ni de loin pour l’industrie nucléaire". "Le canal via lequel nous avons eu accès à ces documents prouve que des informations détaillées touchant à la sécurité d’un site nucléaire circulent sur la place publique", analyse Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Pour EDF, pas de fuite d’informations protégées

Ces documents, qui comportent plusieurs milliers de pages, comprennent "des plans précis" du site, "la localisation des caméras de sécurité ou encore des descriptions du système électronique de surveillance", indique l’association. Elle craint que si ces informations arrivent "entre de mauvaises mains", alors "la possibilité d’une intrusion, d’un sabotage de chantier ou d’un vol de matières radioactives" puisse se dérouler.

Dès lors, l’ONG dénonce des "défaillances structurelles" dans l’organisation de la sécurité du site nucléaire. "Avec la multiplication des entreprises sous-traitantes, EDF ne maîtrise plus la circulation de l’information et donc la sécurité de ses installations", poursuit Jean-François Juillard. "De nombreuses personnes qui travaillent à la sécurité du site de l’EPR n’ont pas été formées aux règles de confidentialité nécessaires pour réaliser leur travail", est-il écrit dans le communiqué. En ce sens, "Greenpeace France estime qu’il serait totalement irresponsable, dans ces conditions, de poursuivre les livraisons de combustible nucléaire sur le site de Flamanville".

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De son côté, l’entreprise EDF se veut plus rassurante. "Le fait de disposer des plans de la ZAC de Flamanville ou encore de l'emplacement des caméras ou de détecteurs n'est pas une information protégée ni classifiée, puisque ces informations sont visibles et peuvent être constatées à l’œil nu par tout un chacun sur les sites", assure-t-elle, dans des propos relayés par l’AFP. Le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur est actuellement prévu pour la fin 2022.

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