La mission DART, lancée par la Nasa pour dévier un astéroïde et tester la "défense planétaire", a décollé

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ESPACE - La Nasa veut prévenir plutôt que guérir. L'agence spatiale américaine a lancé ce mercredi un vaisseau pour s'écraser sur un astéroïde et le faire dévier de sa trajectoire. Bien que la Terre ne soit pas sous la menace, cette mission doit permettre à l'humanité de se préparer, au cas où une telle éventualité venait à se présenter.

Le scénario est digne du film Armageddon, dans lequel Bruce Willis et Ben Affleck sauvent la Terre d'un énorme astéroïde. Sauf que cette fois, il ne s'agira pas de cinéma. D'ici un peu moins d'un an, un vaisseau de la Nasa va s'écraser à la surface d'un astéroïde pour le faire dévier de sa trajectoire. Ne vous inquiétez, aucun astéroïde ne menace la planète. Qualifiée de "défense planétaire", cette mission doit avant tout permettre à l'humanité d'être parée en cas de menace d'impact à l'avenir.

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"Nous ne voulons pas nous retrouver dans une position où un astéroïde se dirigerait vers la Terre, et où nous devrions tester cette technique" pour la première fois, a expliqué lors d'une conférence de presse Lindley Johnson, du département de Défense planétaire de la Nasa. La mission, baptisée DART ("fléchette" en anglais et acronyme de Double Asteroid Redirection Test), a décollé depuis la Californie à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX ce mercredi matin. Dans dix mois, le vaisseau frappera sa cible, alors située à 11 millions de kilomètres de la Terre - le moment où il sera la plus proche de nous.

Cela ne va pas détruire l'astéroïde, cela va juste lui donner un petit coup- Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins

En réalité, la cible de cette mission de la Nasa est double : le gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre, soit deux fois plus que la hauteur de la Tour Eiffel. Et, en orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre, plus haut que la statue de la Liberté. C'est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu'elle, viendra finir sa course, projeté à une vitesse de 24.000 km/h. L'impact projettera des tonnes et des tonnes de matière. Mais "cela ne va pas détruire l'astéroïde, cela va juste lui donner un petit coup", a détaillé Nancy Chabot, du laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins, partenaire de la Nasa sur cette mission. L'orbite du petit astéroïde sera réduite de seulement "environ 1%".

Grâce aux observations réalisées par des télescopes sur la Terre depuis des décennies, on sait que Dimorphos fait actuellement le tour de Didymos en 11 heures et 55 minutes exactement. À l'aide de ces mêmes télescopes, cette période sera de nouveau mesurée après la collision. De combien sera-t-elle exactement ? Les scientifiques ne le savent pas, et c'est justement ce qu'ils veulent découvrir avec cette expérience grandeur nature. De nombreux facteurs entrent en jeu, dont l'angle d'impact, l'aspect de la surface de l'astéroïde, sa composition ou encore sa masse exacte, inconnus jusqu'ici. 

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De cette façon, "si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre, (...) nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre", a expliqué Andy Cheng, de l'université Johns Hopkins. L'orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera également légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune Dimorphos, a-t-il précisé. Mais ce changement est "trop petit pour être mesuré. Donc c'est une expérience très sûre", a-t-il affirmé. Un petit satellite fera également le voyage. Il sera lâché par le vaisseau principal dix jours avant l'impact et utilisera son système de propulsion pour dévier légèrement sa propre trajectoire. Trois minutes après la collision, il survolera Dimorphos, afin d'observer l'effet du choc, et possiblement le cratère à la surface. 

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Un risque de collision de 0,057% d'ici à 2300

Le coût total de la mission est de 330 millions de dollars (environ 285 millions d'euros). Si le test effectué par la Nasa se révèle être concluant, "nous pensons que cette technique pourra faire partie d'une boîte à outils, que nous commençons à remplir, de manière à dévier un astéroïde", a expliqué Lindley Johnson. Il a par exemple cité des méthodes qui pourraient utiliser la force gravitationnelle d'un vaisseau volant proche d'un astéroïde durant une longue période ou bien l'utilisation de laser. Mais il a rappelé que la clé était d'abord d'identifier les menaces potentielles pour la planète bleue. "La stratégie est de trouver ces objets non seulement des années, mais des décennies avant tout danger de collision avec la Terre", a-t-il souligné.

À ce jour, environ 27.000 astéroïdes proches de la Terre sont connus. L'astéroïde Bennu, qui mesure 500 mètres de diamètre, est l'un de ceux qui posent le plus de risque, selon la Nasa. Mais d'ici à 2300, le risque d'une collision n'est que de 0,057%.

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