Fin des vols intérieurs : que reste-t-il de la proposition de la Convention pour le climat ?

Fin des vols intérieurs : que reste-t-il de la proposition de la Convention pour le climat ?

TRAFIC – Le gouvernement a retenu la proposition de la Convention citoyenne de supprimer les vols intérieurs mais l’a revue à la baisse et l’a assortie d'une exception majeure.

Si "l’avion est un problème de riche", selon les mots d’une conventionnelle lundi 14 décembre au CESE, les vols intérieurs ne représentent pas moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre en France, sur un total de 30% pour les transports, tous confondus. C’est pourquoi la Convention citoyenne pour le climat s’était entendue en juin dernier sur la suppression d’ici 2025 de tous les vols nationaux dès lors qu’il existe une alternative "bas carbone satisfaisante en prix et en temps". Concrètement, lorsque ce même trajet est faisable en moins de 4h de train. 

Dans la première version de son projet de loi climat, le gouvernement a repris cette proposition mais en restreignant considérablement son champ d’action. Cela n’a pas été une grande surprise pour la Convention, tant le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari s’était opposé à cette mesure. Ainsi, le texte actuel ne vise plus que les vols intérieurs "pour lesquels existe une alternative ferroviaire en moins de 2h30" et il en exclut l’ensemble des vols par correspondance. Une "exception visant à préserver la connexion avec les territoires ultramarins ou les destinations internationales", peut-on lire dans le projet de loi. 

L'importance des correspondances

Sauf que ces vols par correspondance représentent plus de la moitié à 70% des trajets intérieurs, selon la Direction générale de l’aviation civile. Sollicitée par LCI, cette dernière n’a voulu se risquer à donner si tôt des chiffres plus précis sur le nombre de vols concernés par la mesure, prévue pour être effective en 2021. Ce que l’on peut dire, c’est que le hub international de Roissy Charles-de-Gaulle, où transitent environ 80% de passagers venant de Nantes, Rennes, Lyon ou Bordeaux selon Les Echos, ne sera pas touché par ces suppressions. L’aéroport d’Orly devrait être aussi très peu touché puisqu’il abrite la majorité des vols vers les Outre-mer, d'après le site spécialisé Air Journal

Que reste-t-il alors de la proposition initiale des conventionnels ? Déjà, la dérogation accordée aux correspondances"pourrait complètement lessiver la mesure", estime Greenpeace France. Ayant fait le calcul, l'ONG rapporte que l’on passerait ainsi d’une suppression, demandée par la Convention, de 22 lignes intérieures sur 108 à seulement 5 lignes. "Cela représenterait 0,5 % des émissions de gaz à effet de serre de l'ensemble des vols au départ de la France", avance à LCI son porte-parole, Clément Sénéchal. "C’est extrêmement marginal, pour ne pas dire anecdotique. L’aérien est symptomatique des renoncements et des jokers qui sont devenus la règle des propositions de la Convention pour le climat."

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Sur ces 5 connexions intérieures, 3 sont déjà en passe d’être abandonnées par Air France car trop peu rentables, selon Clément Sénéchal. En mai dernier, la compagnie a annoncé son intention de réduire ses vols nationaux de 40% d’ici 2021, en contrepartie aux 7 milliards d’euros reçus de l’État. De leur côté, les ONG prônaient la suppression de tous les vols intérieurs ayant un trajet alternatif de 5h, ce qui aurait pour effet de fermer une quarantaine de lignes aériennes.

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