Fonds verts pour l'environnement : à quoi servent les labels ?

Fonds verts pour l'environnement : à quoi servent les labels ?

FINANCE RESPONSABLE - Partenaire du Prix Jeunes pour l’Environnement avec EpE, LCI vous éclaire pendant un mois autour de la thématique "La finance, accélérateur de la transition écologique" - Sur les marchés financiers, des fonds dits verts de toute sorte prolifèrent. Pour les certifier, les autorités ont créé de nombreux labels avec des critères drastiques. La Commission européenne cherche aujourd’hui à les uniformiser.

La belle vie des fonds polluants s’achève-t-elle avec la consolidation des labels finance verte ? Difficile de l’affirmer encore. Les labels verts fournissent des indicateurs précieux aux investisseurs et épargnants qui veulent placer leur argent de manière responsable. Ils peuvent s’appliquer aux fonds actions, obligations, infrastructures ou au capital investissement. Ils permettent implicitement de pointer du doigt les "mauvais" fonds destructeurs pour l’environnement. Selon une étude menée par le cabinet Deloitte en 2019, 61 % des épargnants français comptent sur les labels pour s’assurer que leurs investissements protègent la planète. 

Le premier label dédié aux fonds environnementaux a été mis en place en 2013 par Novethic. Depuis, les indicateurs financiers certifiant un impact positif pour les projets subventionnés se font de plus en plus nombreux. A tel point qu’il devient compliqué de s’y retrouver. Dans l’Union européenne, la concurrence demeure féroce. Chaque État cherche à se démarquer avec la création de son propre label, avec des critères de qualification mouvants.

Les uns excluent des produits financiers les énergies fossiles, les autres le nucléaire ou des barrages hydrauliques empiétant sur des écosystèmes protégés. Certains s’attachent uniquement au verdissement et imposent d’investir dans des entreprises favorables au climat. Le label luxembourgeois LuxFLAG Climate Finance impose, par exemple, aux fonds un seuil minimum de chiffre d’affaires vert de 37,5 %. Les labels ESG privilégient une analyse plus large des fonds sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Le label autrichien Umweltzeichen exclue de son côté des secteurs économiques tel que les armes, le tabac ou les OGM, ou des entreprises violant des droits fondamentaux. La plupart d’entre eux révisent plus ou moins régulièrement les éléments ayant permis l’obtention du label. En cas de non-conformité, le fonds dispose d’un temps limité pour rétablir sa stratégie. Faute de quoi, il perd sa certification verte.

En France, il existe même deux labels : l’ISR (investissement socialement responsable), géré par le ministère de l'Économie et des Finances et le TEEC (transition énergétique et écologique pour le climat), piloté par le ministère de l'Écologie. Ils répondent à des exigences parfois discordantes.

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Les labels verts sont-ils efficaces ?

La forte disparité des labels européens rend difficile l’examen de leur véritable impact. Mille milliards de dollars se sont revendiqués verts depuis 2007, une goutte d’eau dans l’océan de la finance. Il s’agit encore d’une niche de marché. Moins de 500 fonds d’investissement ont décroché un label, sur près de 60 000 fonds alimentant le marché européen.

Patrick Viallanex, associé du cabinet de finance A2consulting et spécialiste des fonds verts, ajoute que les projets subventionnés n’ont pas assez d’ampleur. "Les référentiels variés créent trop d’instabilité pour les investisseurs, les règles restent floues et les entreprises manquent de lisibilité pour adapter leur trajectoire."

Autre problème posé par cette multiplicité des labels : ce sont davantage les labels qui s’adaptent aux fonds que l’inverse. Les fonds prétendants vont discerner les différents labels disponibles et s’intéresser à celui qui leur correspond le mieux, plutôt que de transformer leur stratégie vers des objectifs réellement environnementaux.

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L’écolabel européen sur les produits financiers

La Commission européenne en a parfaitement conscience. Elle cherche à réorienter les fonds vers des projets sans incidence négative pour la planète. Elle a proposé en 2018 de mettre en place un plan pour financer la croissance durable avec pour point d’orgue la création d’une taxonomie européenne pour encadrer la finance verte.

L’écolabel européen sur les produits financiers devrait remplacer les labels nationaux en 2022. La Commission veut standardiser et crédibiliser l’écolabel pour attirer les investisseurs et renforcer la certification verte des fonds. Sur le modèle du label Belge Towards Sustainnability, il s’appuiera sur les critères ESG et déterminera les entreprises et les secteurs qui pourront y prétendre. L’écolabel acceptera d’authentifier l’activité financée si :

- elle est déjà à faible intensité carbone (Own performance) ;

- elle contribue à la transition vers une économie zéro émission nette d’ici 2050 (Transitional activity) ;

- elle permet à d’autres activités de réduire leurs émissions de CO2 (Enabling activity).

L’activité devra respecter des critères de performance établis. Dans un communiqué, le Parlement européen prend pour exemple le gaz et l'énergie nucléaire qui "pourraient potentiellement être labellisés activités transitoires et favorisantes dans le plein respect du principe consistant à ne pas causer de préjudice important". La Commission et les États membres réévalueront régulièrement les critères de sélection.

Le futur label n’exclut pas vraiment les énergies fossiles. Mais pour Patrick Viallanex, il va sérieusement accélérer l’appétit des investisseurs : "Le label cible les indicateurs d’impacts et les objectifs, mesure davantage les résultats et il révisera la stratégie des fonds si nécessaire. Il garantit aux investisseurs un environnement efficace pour piloter leurs projets."

L’harmonisation des labels à l’échelle européenne fait l’unanimité auprès des acteurs financiers. Il reste à en constater la réelle portée à son entrée en vigueur l’an prochain.

Comme chaque année depuis 16 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 15 000 €. Cette année, les moins de 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La finance, accélérateur de la transition écologique" ou comment les acteurs financiers peuvent-ils influencer leurs parties prenantes pour accélérer la transition écologique ? Les propositions (innovations dans les produits, services, épargne, sensibilisation des clients particuliers, dialogue actionnarial pour les entreprises…) pourraient stimuler la transition conjointe des acteurs financiers et de leurs parties prenantes. Dépôt des dossiers jusqu’au 15 mars 2021.

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

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Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

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