Lucie Lucas de la série "Clem" : "Le contact avec la nature nous a aidés à être beaucoup plus paisibles"

Lucie Lucas vit dans une ferme écologique en Bretagne.

INTERVIEW - Lucie Lucas, qui incarne "Clem" dans la série éponyme sur TF1, s'avère aussi une artiste engagée au service de la planète. La comédienne répond aux questions de Sylvia Amicone.

Lucie Lucas est une comédienne très populaire, elle incarne Clem dans la série éponyme sur TF1. Elle est aussi une artiste engagée, au service de la planète.  Elle a aligné sa vie sur ses convictions, en vivant désormais dans une ferme en Bretagne. Elle est aussi devenue porte-parole du mouvement citoyen "On est Prêt". Objectif pour Lucie Lucas : agir de là où elle est, et mettre sa notoriété au service du vivant, du bon sens et du bien vivre.

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Sylvia Amicone : Avec Clem, vous touchez vraiment le grand public, est-ce que ce grand public vous a suivi également dans vos engagements ? Vous avez dit il y a plusieurs mois : "Quand je publie un post écologiste, je perds 2 000 followers à chaque fois". 

Lucie Lucas : Mon public me suit, car il me suit dans Clem ! Et Clem n'a pas toujours été écolo. Ça l’a donc beaucoup perturbé au début, car on n’était vraiment pas nombreux en tant qu'artiste à oser parler de sujets qui nous touchent et qui ne touchent pas notre métier en particulier. Et c'est vrai que c'était une vraie prise de risque. À l'époque, il y avait beaucoup de climato-sceptiques. Maintenant, on est presque tous d'accord sur le fait qu'il y a urgence. Mais du coup, ça a été un peu difficile au début. C'est vrai que je perdais énormément de followers, parfois beaucoup plus que 2000 même. On me disait : "Toi, t'es comédienne, t’as rien à dire de plus, contente-toi de faire des films et tais-toi !". Mais en fait, ça a été un travail progressif.  Je n'ai pas lâché le morceau, je ne me suis pas laissée impressionner. Et surtout, j'ai essayé de parler avec ces gens qui remettaient en cause ce que je pouvais dire, pour leur montrer que ce n'était pas juste des paroles en l’air et que c'était une conviction qui m’habitait et que j'avais envie de partager. Au fur et à mesure, le dialogue s'est noué entre la communauté et moi, et c'est devenu hyper intéressant. Aujourd'hui, quand je fais un post écologique, je me perds plus de followers, voire j’en gagne donc c’est chouette ! 

Ce retour à la terre vous a-t-il changé ? Et aussi, avez-vous parfois regretté cette décision ? 

Cela m’a changé complètement. C'est amusant parce que pendant les cinq années où on a cherché un lieu avec mon mari, on avait tendance à être un peu extrême dans ce qu'on voulait, à rejeter en bloc les alternatives qui ne seraient pas uniquement tournées vers moins de déchets et une écologie totale. Et en fait l'expérience de notre lieu nous a montré aussi qu’il faut savoir mettre de l'eau dans son vin. Tout prend du temps ; pour  intégrer les bons réflexes, ça prend du temps ; pour changer, tout prend du temps et la nature prend le temps ! De s'endormir pendant l'hiver, de s'éveiller au printemps, de faire des fruits en été. Être au contact de la nature, cela nous a aidés à être beaucoup plus paisible. Mais je n’ai aucun regret, aucun !

On parle beaucoup de nouveaux récits qui doivent accompagner cette période de transition, s’emparer de ces enjeux pour les intégrer dans le réel des gens, comment les voyez-vous ces nouveaux récits ?

Par exemple, dans la nouvelle saison de Clem, tous ses produits sont dans des bocaux. Elle jette ses épluchures dans un compost. On voit qu’il y a quand même du changement. Et il n'y a pas que dans Clem ! On commence à semer plein de graines dans plein d’autres fictions ! Le récit, depuis le début de l’histoire de l'humanité, nous a inspiré, on s’est construit par les histoires qu'on nous a contées. Et ces histoires ne sont pas juste des histoires pour endormir les enfants le soir. Ce sont des histoires qui sont inspirantes, qui nous poussent à nous dépasser, qui nous servent de modèle. Il n'y a pas de raison que l'on ne mette pas ces récits au service d'un monde plus juste, meilleur, plus sain, pour s'inspirer et se dire que c’est possible, pour se donner la force de se dépasser. 

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Que dites-vous à celles et ceux qui vous écoutent, qui ont envie d’agir, mais qui ne savent pas comment ?

N'oubliez jamais que vous avez beaucoup plus de pouvoir que vous ne le pensez. Par le vote, mais pas seulement. Quand on consomme, on va financer directement une entreprise, donc il faut bien choisir ces entreprises. Il faut essayer de diminuer certaines consommations, le plastique, diminuer les déchets, mais surtout être conscient de ce que l’on fait : qu'est-ce que j'achète ? Est-ce que ça répond à un besoin pour me rendre heureux ? Combien est-ce que cela va coûter à la planète, à l'humain, et au vivant ? On n'a pas les réponses sur tout, il ne faut pas hésiter à se servir d'outils comme We Dress Fair  pour la mode par exemple. Je n’ai plus pris l'avion depuis 4 ans parce qu'à chaque fois, je me suis posé la question : est ce que le prix en vaut la chandelle ? J'ai répondu "non", mais peut être qu'un jour, je répondrais "oui". Il ne faut pas non plus être extrême. Du moment qu'on est conscient de ce que l’on fait et qu'on essaie d'être plus cohérent avec soi-même. Beaucoup de personnes ont peur de la maladie et de la mort, mais elles mangent des aliments pleins de pesticides et d'antibiotiques. Donc, ce n’est pas logique. Il faut essayer vraiment de chercher une cohérence personnelle et commencer encore une fois par de petits gestes, faciles à accomplir. 

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Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

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