La chasse à la glu définitivement déclarée illégale par la justice

oiseau

ENVIRONNEMENT - La pratique de la chasse à la glu a été jugée illégale par le Conseil d'État, mettant un terme à des années de bataille entre partisans et adversaires de cette méthode controversée.

Il ne restait que le Conseil d'État pour prendre le parti des chasseurs et suspendre l'interdiction de la chasse à la glu, décidée par le président de la République en août dernier. La plus haute juridiction de la justice française ne reviendra finalement pas sur cette décision. Lundi, elle a définitivement jugé illégale la chasse à la glu. 

Cette décision fait suite à celle de la justice européenne, qui avait estimé en mars que cette technique de piégeage cause un dommage "irrémédiable" à tous les oiseaux capturés. Par sa décision, le Conseil d'État a, quant à lui, annulé les dérogations accordées par l'État pour cette chasse, jugée "contraire au droit européen".

Défenseurs de l'environnement contre chasseurs

Cette méthode de chasse dite "traditionnelle" était pratiquée dans cinq départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Var). Destinée aux grives et aux merles, elle consiste à piéger des oiseaux sur des tiges enduites de colle, appelées gluaux. Les oiseaux ainsi capturés sont mis en cage et servent, en chantant, à en attirer d'autres pour les chasseurs.

Mais les défenseurs de l'environnement se battent depuis des années en justice pour la faire interdire. Ils dénoncent une méthode "cruelle" et non-sélective qui conduit à la capture d'autres oiseaux que ceux visés, y compris des espèces protégées. Les chasseurs assurent de leurs côtés que les oiseaux capturés par erreur sont nettoyés et relâchés. 

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Dans un communiqué, le Conseil a justifié sa décision, arguant que "ni le Gouvernement, ni la fédération de chasseurs, n'ont apporté de preuves suffisantes" permettant d'affirmer que d'autres espèces ne sont pas piégées ou que "les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés".

Par ailleurs, il estime que "le seul objectif de préserver ces traditions ne suffit pas à justifier une dérogation aux interdictions de principe que pose la directive" européenne et qu'il n'a pas été démontré qu'aucune alternative ne serait possible.

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