Les produits importés en France sont-ils vraiment "la première cause des émissions de CO2" ?

Les importations constituent en France un tout petit peu plus de la moitié des émissions de l'empreinte carbone française.

EMPREINTE CARBONE - Dans un discours prononcé dimanche, Laurent Wauquiez a défendu une production française. Malgré une formulation maladroite, il a rappelé des chiffres relatifs à la production de gaz à effet de serre engendrée par nos importations.

À l'occasion d'un discours de rentrée au mont Mézenc (Haute-Loire), Laurent Wauquiez a expliqué qu'il ne chercherait pas à représenter Les Républicains lors de la prochaine élection présidentielle. Une allocution durant laquelle il s'est aussi prononcé sur des thématiques qui lui apparaissent importantes :  de la lutte contre "l'assistanat" et les "règles tatillonnes" à la valorisation du travail, en passant par les questions liées à l'immigration.  

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Lorsqu'il a évoqué l'importance de miser sur une production française en régulant les importations, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a adressé un message à "tous ceux qui défendent l'environnement". L'ancien ministre a souligné que la "première cause de nos émissions de CO2, ce sont les importations". Une affirmation correcte sur le fond, bien qu’un brin maladroite sur la forme.

La prise en compte des émissions "importées"

Lorsqu'il s'agit de mesurer les émissions de polluants, il est d'usage de se pencher sur les chiffres issus de l'inventaire national des gaz à effet de serre. Ce dernier, rappelle le ministère de l'Écologie, "dresse un panorama objectif des émissions de la France par grands secteurs d’activité". Il s'avère par ailleurs utile pour "objectiver la situation de notre pays en tant qu’émetteur de gaz à effet de serre", ou pour "évaluer l’efficacité des politiques et mesures une fois qu’elles ont été adoptées et mises en œuvre".

Toutefois, ces données présentent des biais : elles ne prennent en compte que les émissions imputables aux activités sur le sol français, sans que le bilan carbone des activités nécessaires à la culture ou la réalisation des produits importés. L'extraction des ressources ou le transport international des ressources acheminées en France sont toutefois observées à l'aide d'un autre indicateur, défini sous le terme "d'empreinte carbone". Il s'agit ici de prendre en considération les émissions d'un bout à l'autre de la chaîne, et ainsi de saisir l'ampleur des émissions imputables à un pays, tant par ses modes de production que de consommation. 

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L'inclusion des importations modifie de manière considérable l'approche des chiffres. En effet, "51% des émissions de l’empreinte carbone sont associées aux biens et services importés", dixit des données gouvernementales. Ces émissions "sont majoritairement affectées aux consommations intermédiaires de la production intérieure (61 %)" et "se sont produites à l’étranger durant la chaîne de production de matières premières ou biens semi-finis consommés par les activités économiques installées sur le sol national."

Laurent Wauquiez a donc raison lorsqu'il évoque l'impact majeur des importations, bien que sa formulation manque de clarté. Pour être plus juste, il aurait été pertinent d'évoquer la part des importations dans les émissions de l'empreinte carbone française. Notons aussi que la France est loin d'être le seul pays dont l'empreinte carbone est plombée par ses importations. Royaume-Uni, Japon ou Allemagne sont concernés, tout comme des États à la faible superficie tels que Monaco et le Luxembourg. Des territoires réduits qui contraignent à multiplier les importations et augmentent de manière significative l'empreinte carbone qui leur est liée.

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