Oui, des centaines de camionnettes électriques de La Poste ont bien fini à la casse

Capture d'écran sur Facebook des photos de centaines de camions électriques de La Poste à l'Euro casse de Coulommiers, en  janvier 2015

GÂCHIS - Des photos d'utilitaires La Poste entassés sont largement relayées. Prises en 2015, elles montrent bien des véhicules renvoyés à leur constructeur après quelques années seulement, dans le cadre d'un contrat de "pré-déploiement".

Des camionnettes jaunes et bleues à perte de vue. Sur les photos, les véhicules arborant les couleurs et le logo de La Poste s'alignent et parfois s'entassent. "Quel gâchis", s'offusque un internaute ce dimanche 13 décembre dans le texte qui accompagne ces clichés. Publié dans un groupe Facebook de facteurs fontainois, il affirme que l'opérateur français aurait mis à la casse des centaines de camionnettes électriques après quelques années à peine d'utilisation. Photos à l'appui, il dénonce ces "millions d'euros" dépensés. 

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250 véhicules revendus à PSA

Dans le texte, dont on retrouve la trace le 19 novembre dans un groupe contre "la répression routière à outrance", l'internaute explique "comment ont fini les 250 Berlingo et Partner électriques que La Poste avait reçus seulement quatre ans avant". Précisant que les photos ont été prises en janvier 2015, il dit avoir été témoin de ce cimetière de ferrailles dans une casse de Coulommiers, en Seine-et-Marne. Il rappelle qu'à cette époque, l'entreprise avait lancé un appel d'offre pour s'équiper en véhicules électriques. Un marché "remporté par le partenariat PSA-Venturi". "Une usine de production est alors installée dans la Sarthe, inaugurée par François Fillon, la première en Europe dédiée uniquement à la production de véhicules électriques. Un total de 1000 Citroën Berlingo et Peugeot Partner 'Powered by Venturi' est produit ", croit savoir l'auteur. Sauf qu'en 2015, Venturi "cesse toute activité de production de véhicules électriques". 

Ce serait donc à ce moment-là que les centaines d'utilitaires reçus par l'entreprise française "sont simplement envoyés en destruction, et tous dans la même casse", lit-on dans cette publication partagée plus de 15.000 fois. "Les plus kilométrés avait à peine 10.000 km, certains même moins de 1000 km."

L'histoire remonte en fait à 2007. La Poste française lance un appel d'offre à l'échelle européenne afin de faire l'acquisition de 500 véhicules utilitaires électriques qui devront servir à la distribution et à la collecte du courrier. Un appel remporté par ce partenariat, qui propose des Citroën Berlingo dont la partie électrique a été entièrement conçue par Venturi. 

Contactée par LCI.fr, La Poste confirme avoir réceptionné en 2010 cette commande, qui a effectivement été utilisée pendant cinq ans. Mais rien d'étonnant. C'était en fait ce qui était prévu dès le départ. Il s'agissait d'un "pré-déploiement de 250 véhicules électriques, qui préfiguraient un déploiement plus massif qui est intervenu ensuite". L'entreprise avait en effet prévu de tester les camionnettes dans différents environnements et sur différents types de tournée avant de se décider. Une façon d'affiner les recherches avant un déploiement plus massif de cette technologie. 

Résultat : "Après utilisation, et conformément à notre contrat, nous avons revendu ces véhicules au constructeur en 2015", nous dit La Poste. C'est ce qui s'appelle le "buy back", précise l'entreprise. Une pratique "assez courante dans l'industrie automobile". Ce qu'il se passe une fois les produits revendus ne concernent alors plus l'opérateur, qui nous invite à nous rapprocher du groupe PSA, à qui incombe la "gestion de la fin de vie de ces véhicules". Informations corroborées par PSA, qui a confirmé auprès de LCI.fr que "conformément aux engagements pris avec le client", les véhicules en question ont été récupérés "à l'échéance du contrat dans une logique de buy back".

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Des véhicules devenus "obsolètes"

Alors pourquoi le groupe n'a-t-il pas proposé ces véhicules en occasion, s'interrogent plusieurs internautes qui accusent l'entreprise de gâchis environnemental ? "Les technologies ayant évolué et certains composants devenant obsolètes le Groupe a pris la responsabilité de ne pas remettre ces véhicules en circulation", plaide l'entreprise, précisant avoir "mandaté EuroCasse pour en assurer le retraitement". La casse en question, située en Seine-et-Marne, a confirmé cette information, se rappelant avoir vu ces centaines de voitures. Si la personne que nous avons jointe n'a pas de souvenir des kilométrages affichés sur les compteurs, elle confirme que certains véhicules étaient assez récents. 

Pour quelles raisons, alors, ces clichés ressurgissent-ils aujourd'hui ? "Le texte et les photos ont initialement été publiés sur un groupe Facebook privé fréquenté par les amateurs de casses", nous explique son auteur, Rafael. Publiés le 18 novembre, comme nous avons pu le vérifier, ces contenus n'avaient alors pas vocation a être massivement partagés "sans citer la source". "Ce n'était absolument pas prévu à la base", s'étonne-t-il. Auprès de 20 Minutes, une source présente aux côtés de Rafael corrobore ces faits. Et précise que "la plupart des véhicules étaient flambants neufs, certains avaient encore du plastique sur les sièges, c'est moi qui ai noté le nombre de kilomètres : certains en avaient plus de 10.000 au compteur et d'autres moins de 1000."

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