Paris-Nantes, Paris-Bordeaux... les députés votent la fin de certains vols intérieurs

Photo d'illustration d'un avion.

AÉRIEN - L’Assemblée nationale a voté en première lecture la suppression de certaines lignes aériennes intérieures en cas de trajets en train de moins de 2h30. La Convention citoyenne pour le climat, à l’origine de la proposition, souhaitait une alternative de moins de 4h en train.

Privilégier le train plutôt que l’avion pour voyager en France. C’est dans cet esprit que la suppression de certaines lignes aériennes intérieures a été votée en première lecture par les députés dans la soirée du samedi 10 avril. Une suppression qui a été conditionnée par l'existence d'un même trajet en train et faisable en moins de 2h30. À l’origine de cette proposition, et de 148 autres reprises pour certaines dans le projet de loi Climat et Résilience, la Convention citoyenne pour le climat avait de plus grandes ambitions. Pour ses 150 membres, un vol intérieur devait être supprimé à partir du moment où il existait une alternative de moins de 4h en train.  

Des critiques du PS au MoDem

Concrètement, cela signifie qu'il n'y aura plus de vols effectués entre l’aéroport d’Orly et ceux de Nantes, Bordeaux ou Lyon, des liaisons pouvant se faire en moins de 2h30 par le train. Mais cette suppression ne vaudra pas pour certaines correspondances au départ de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Aujourd’hui, l’ensemble des correspondances représentent 50 à 70% des vols intérieurs, selon les chiffres de la Direction générale de l’aviation civile. 

"Nous avons choisi 2h30 car 4h, ça vient assécher les territoires souvent enclavés comme le grand Massif central… Ce serait inique sur le plan de l’équité des territoires", a justifié Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports. Mais la mesure revue à la baisse a suscité de nombreuses critiques, principalement de l’opposition, et le débat a été long au sein de l'hémicycle. Le socialiste Joël Aviragnet a fustigé le "coût humain disproportionné" du dispositif et mis en garde contre les pertes d'emplois dans l'aéronautique, tandis que son collègue David Habib a critiqué une mesure de "décroissance" et de "chômage". À droite, les Républicains Jean-Marie Sermier et Martial Saddier ont dénoncé une mesure qui vient "casser une filière d'exception". En raison de la crise sanitaire, "on a une filière qui va très mal", a abondé le MoDem Nicolas Turquois, membre de la majorité.

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De plus, si la mesure est considérée comme l’une des plus symboliques du texte de loi, l’alternative du train à l’avion ferait en réalité peu baisser les émissions de CO2. C’est le constat dressé notamment par UFC-Que-Choisir. "L'effet ne serait que de 3% de réduction des émissions des vols intérieurs en France. Autant vous dire que ça ne changera rien à la situation climatique", a déploré Mathieu Escot, directeur adjoint en charge des études et du lobby au sein de l’association.  

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