Quel est l’impact social du réchauffement climatique ?

Quel est l’impact social du réchauffement climatique ?

CONSÉQUENCES - Partenaire du Prix Jeunes pour l’Environnement avec EpE, LCI vous éclaire pendant un mois autour de la thématique "La finance, accélérateur de la transition écologique" - L’augmentation des températures provoque partout sur la planète des bouleversements sociaux inédits. La transition énergétique, pourvoyeuse d’emplois, pourrait les corriger. À condition de la financer à grande ampleur.

1 décès sur 5 dans le monde serait dû à la pollution aux particules fines. Une étude, publiée en février 2021 dans la revue scientifique Environmental Research, calcule le nombre de morts en France à près de 100 000 par an du fait des débris émis dans l’air par les énergies fossiles. Ces morts échappent souvent au recensement en se voyant imputés à des pathologies cardiaques ou respiratoires.

Derrière ce sombre constat, le réchauffement pousse toujours plus de réfugiés climatiques sur les routes, fait fondre les glaciers et ainsi monter les eaux inondant parfois des zones habitables, provoque de manière générale de plus en plus de catastrophes naturelles, etc. Surtout, les températures extrêmes que nous commençons nous-mêmes à vivre en Europe (46° à Verargues, Hérault, le 28 juin 2019), empêchent ponctuellement beaucoup d’employés en extérieur ou aux conditions de travail difficiles d’exercer. Les entreprises doivent, à partir de 35°, adapter leurs horaires et conditions de travail. Les fortes chaleurs prolongées peuvent même suspendre des activités et détruire des emplois.

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Le réchauffement fait perdre beaucoup d’emplois

D’après un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), publié en juillet 2019, une augmentation de 1,5° de la température sur l’ensemble de la planète risque de faire disparaître l’équivalent de 80 millions de postes à temps plein d’ici 2030. L’OIT affirme que la répétition de phénomènes climatiques extrêmes pourrait provoquer des pertes économiques atteignant quelque 2400 milliards de dollars à l'échelle mondiale, environ le PIB du Royaume-Uni. Le stress thermique menace particulièrement les secteurs de l’agriculture et du bâtiment. L’économiste Maxime Combes, spécialiste des politiques climatiques, avertit : "Ne rien faire provoquerait une transformation profonde des milieux agricoles et des cours d’eau, une disparition des sports d’hiver, etc." D’après lui, les pouvoirs politiques n’ont toujours pas évalué les impacts sociaux et les risques de catastrophes naturelles. "Le réchauffement climatique chamboule tout le monde n’importe où sur la planète. Les pouvoirs publics commencent à modifier les soubassements énergétiques pour limiter les émissions de CO2 sans aider les populations à s’adapter."

L’OIT craint également que le réchauffement climatique exacerbe les inégalités. L’organe des Nations unies estime que le réchauffement pourrait appauvrir davantage les travailleurs précaires en détériorant leurs conditions de travail et toucher davantage les femmes déjà très exposées. En France, l’arrêt définitif des mines de charbon au début des années 2000 a pénalisé les anciens mineurs. Dans le bassin minier du Pas de Calais, le taux de chômage reste supérieur à la moyenne nationale. La reconversion économique ne permet pas de couvrir l’ensemble des emplois détruits. "On ne peut pas proposer aux raffineurs de Grandpuits (Seine-et-Marne) de travailler à Marseille sur une installation photovoltaïque. La conservation des droits, la délocalisation forcée, la formation au nouveau poste ne semblent pas encore garanties", regrette Maximes Combes. L’économiste considère qu’il faut répondre à ces problématiques à grande échelle afin d’embarquer un maximum de collectivités locales, de pouvoirs nationaux et européens dans la transition écologique.

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La transition énergétique crée beaucoup d’emplois

Cette transition, à base de relocalisation des activités, de désindustrialisation raisonnable avec moins de mécanisation, demanderait davantage d’heures de travail en manufacture et en agriculture. Un rapport, publié en 2017 par le réseau Action Climat, rassemblant des syndicats et des associations environnementales, sociales et d’éducation populaire, chiffre le nombre d’emplois créé par la transition écologique en France à un million. "Tous les secteurs peuvent se transformer", observe Maxime Combes.

"Si nous choisissons d’étendre la durée de vie des produits, nous aurons besoin de beaucoup de spécialistes pour les réparer par exemple. En agriculture, protéger l’environnement et utiliser des produits saints demanderait des moyens humains. Il s’agirait d’emplois pérennes et non délocalisables." Maxime Combes prend l’exemple de la ville de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais) qui a réussi à se transformer malgré la fermeture des mines de charbon alentours. La mairie a notamment imaginé un pôle de compétitivité sur les technologies du recyclage, une plateforme solaire de recherche et développement ou encore un cluster écoconstruction.

Les tenants du rapport Un million d’emplois pour le climat appellent les élus à accroître les investissements publics dans de nombreux domaines : énergies renouvelables, rénovation des bâtiments, identification et accompagnement des ménages en précarité énergétique, agroécologie, infrastructures de transport durable, recyclage, réparation et réutilisation des produits électriques et électroniques du quotidien, etc. Ils évaluent les dépenses nécessaires à cette transition à une centaine de milliards d’euros par an. Pour eux, des mesures fortes pour lutter contre la fraude fiscale, mettre fin aux niches fiscales défavorables à la transition écologique ou encore permettre à la Banque centrale européenne (BCE) de créer de la monnaie devraient financer cette transition. Les associations coauteures du rapport exhortent la BCE à se désinvestir des énergies fossiles et financer la biodiversité et la transition énergétique.

Pour Maxime Combes, il faut accélérer la réorientation des fonds vers du durable pour réussir cette transition. "Nous avons besoin de politiques climatiques volontaristes et faire basculer la finance avec des lois réellement contraignantes", conclut-il.

Comme chaque année depuis 16 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 15 000 €. Cette année, les moins de 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La finance, accélérateur de la transition écologique" ou comment les acteurs financiers peuvent-ils influencer leurs parties prenantes pour accélérer la transition écologique ? Les propositions (innovations dans les produits, services, épargne, sensibilisation des clients particuliers, dialogue actionnarial pour les entreprises…) pourraient stimuler la transition conjointe des acteurs financiers et de leurs parties prenantes. Dépôt des dossiers jusqu’au 15 mars 2021.

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

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Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

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