Montée des mers : de Dunkerque à Arles, ces villes qui pourraient disparaitre de la carte

ILLUSTRATION

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE - Les projections ne sont pas bonnes. Selon une étude parue dans la revue Environmental Research Letters, le niveau des mers va continuer de monter pendant des siècles et ce même si la hausse des températures est limité à 1,5°C. Certaines villes pourraient être rayées de la carte.

La marmite déborde et rien ne peut désormais l'arrêter. Selon une étude parue dans la revue Environmental Research Letters,  le niveau des mers va continuer de monter pendant des siècles, et ce même si l'humanité parvient à limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle.

La plupart des estimations actuelles de la montée du niveau de la mer et des menaces qu'elle fait peser sur les villes côtières courent en effet jusqu'à la fin du siècle et vont d'un demi mètre à moins d'un mètre. Mais le phénomène va se poursuivre au-delà de 2100 sous l'effet du réchauffement de l'eau et de la fonte des glaces, quelle que soit la vitesse de réduction des émissions de gaz à effet de serre, expliquent les scientifiques. Certaines villes actuellement habitées par un demi-milliard de personnes se retrouveront ainsi inévitablement sous l'eau.

De l'Asie au nord de la France, les conséquences déjà catastrophiques d'un réchauffement à 1,5 degré

L'Asie, qui compte neuf des dix mégapoles à plus haut risque, sera le continent le plus durement frappé. Selon les modélisations mises en image par les chercheurs sur une carte interactive, accessible ici, la ville de Bangkok, en Thaïlande, devrait se retrouver submergée malgré un réchauffement limité entre 1 et 1,5 degré. Au Japon, une partie de la ville de Tokyo serait aussi sous l'eau, tout comme Shanghai, en Chine. Toute la pointe sud du Cambodge pourrait aussi être inondée.

Du côté des États-Unis, toute la pointe sud de la Floride, dont Miami, serait noyée. La Nouvelle-Orléans ? Sous l'eau.

En Europe, un réchauffement d'un degré à 1,5 degré devrait suffire à rayer de la carte la moitié des Pays-Bas, dont Amsterdam, Rotterdam et La Hague. La ville de Boston et ses alentours, au Royaume-Uni, seraient aussi très gravement inondés. Les villes françaises de Calais, de Dunkerque et de Saint-Omer seraient également inondées, comme le Crotoy, en Picardie, une partie du Havre, en Normandie, ou encore une grosse partie du marais Poitevin.

Un réchauffement à 3 degrés et la disparition d'Arles

Un réchauffement à 3 degrés par rapport à l'ère préindustrielle serait, lui, catastrophique. En Belgique, une partie de la ville de Bruxelles et les villes de Gant et de Bruges se retrouveraient sous l'eau. Aux Pays-Bas, seul un tiers du territoire émergerait encore. En France, les villes d'Arles, de Lunel et de Fos-sur-Mer seraient aussi submergées.

En Asie, une large partie du sud du Bangladesh se retrouverait noyée, dont la capitale de Dacca, qui abrite près de 600 usines textiles. En Chine, la montée des eaux signerait aussi la disparition de la ville portuaire de Tianjin, 16 millions d'habitants.

Une montée inéluctable en raison de l'activité humaine

Pour le moment, la concentration actuelle de CO2 est de 50% supérieure à celle de 1800 et la température moyenne à la surface de la Terre a augmenté de 1,1°C. Une hausse suffisante pour faire monter le niveau des mers de près de deux mètres, que cela prenne deux siècles ou dix siècles, estime auprès de l'AFP l'auteur principal de l'article Ben Strauss, président et chef des chercheurs de l'organisation indépendante de journalistes et scientifiques Climate Central.

"Environ 5% de la population mondiale vit actuellement sur des terres situées sous le niveau qui sera atteint en marée haute sous l'effet du dioxyde de carbone (CO2) déjà accumulé dans l'atmosphère par l'activité humaine", indique-t-il. Si la planète connaît un réchauffement de 3°C, la ligne de marée haute pourrait en revanche empiéter au-dessus des terres occupées par  10% de la population mondiale actuelle (plus de 800 millions de personnes).

Selon les chercheurs, qui résument leur étude dans un communiqué, la Chine est le pays qui a le plus à gagner à limiter le réchauffement, avec environ 50 millions de personnes menacées directement par une élévation du niveau de la mer après un réchauffement de 3°C, contre une menace quasi-nulle avec un réchauffement à 1,5°C. Certaines îles, comme les Maldives ou les Bahamas, voient par contre leur avenir menacé dans tous les cas, avertissent les auteurs de l'étude.

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Alors que la prochaine conférence mondiale sur le climat, la COP26, doit se tenir en novembre à Glasgow, en Écosse, Ben Strauss en appelle à la responsabilité des dirigeants. La limite de 1,5 degré inscrite dans l'Accord de Paris et que les pays du monde entier vont essayer de maintenir au sommet COP26 se traduit en effet par une montée substantielle des eaux de près de trois mètres sur le long terme.

"À Glasgow et jusqu'à la fin de cette décennie nous avons la possibilité soit d'aider les cent prochaines générations, soit de les trahir", lance-t-il. Lors d'une intervention à l'occasion d'une visite au siège de l'Unesco dans la capitale française, le président britannique de la COP26 Alok Sharma a quant à lui déclaré ce mardi : "Si nous n'agissons pas immédiatement, nous ne pourrons plus respecter cette limite de 1,5 degré (...) Paris a promis, Glasgow doit tenir".

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