Deux milliards pour un plan de relance de l'hydrogène

Deux milliards pour un plan de relance de l'hydrogène
Environnement / Ecologie

PLEIN GAZ - À l'intérieur du plan de relance économique présenté jeudi 3 septembre devraient se trouver une série de mesures et des financements pour accélérer le développement de l'hydrogène, tant pour l'industrie que pour la mobilité, avec la promesse d'un hydrogène "vert" encore rare dans les faits.

Deux milliards d'euros, c'est la part du plan de relance présenté par Jean Castex jeudi 3 septembre qui devrait être allouée à la filière hydrogène en France. Un plan dans le plan, qui poursuit des objectifs complémentaires. Le premier, c'est de structurer la filière en France. Si le pays produit environ un million de tonnes d'hydrogène, il ne subvient pas à l'accroissement prévu de nos besoins, et surtout, ne peut encore nous garantir un approvisionnement partout sur le territoire, que ce soit pour l'industrie, ou pour les transports. À ce jour, chaque nouvelle pompe mise en service est un petit événement, on est loin d'un réseau à part entière. 

Aujourd'hui, si la France a une expertise en la matière, c'est surtout au travers de PME spécialisées dans les outils de production et de distribution de l'hydrogène, une filière et une chaîne de production qu'il faut encore organiser, comme ce qui s'est déjà fait ailleurs. En Allemagne par exemple, la puissance publique a dévoilé peu avant l'été un plan massif de soutien à sa filière. Montant engagé : neuf milliards d'euros. Le dernier "plan hydrogène" lancé en France, par Nicolas Hulot en 2018, n'affichait qu'une centaine de millions d'euros d'aides et de subventions.

La poule et l'oeuf, à l'état gazeux

Si l'hydrogène comme énergie de stockage n'est pas une idée nouvelle, son développement a souffert d'un paradoxe bien connu dès que l'on parle d'énergie et d'infrastructure : sans réseau d'approvisionnement, difficile de développer les usages, que ce soient des véhicules à hydrogène ou des outils industriels qui l'utiliseraient au quotidien. Et sans tous ces nouveaux besoins, difficile de justifier l'investissement massif que représente la création d'un réseau de stations à hydrogène omniprésent.

Si le gouvernement a décidé d'un plus sérieux coup de pouce, c'est pour deux raisons convergentes : d'abord permettre à l'économie de profiter de la promesse d'un hydrogène que l'on prédit omniprésent dans l'industrie et la mobilité, une opportunité de réindustrialisation dans un pays qui en manque, le tout sous la bannière d'une énergie compatible - au moins à court terme - avec la transition écologique. C'est aussi cette transition vers un hydrogène propre que le plan devrait favoriser.

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La promesse de l'hydrogène vert

Car si la promesse d'un "hydrogène vert" revient constamment dans les discours, elle ne se conjugue aujourd'hui qu'au futur. Si de fait, à l'utilisation, l'hydrogène génère de la vapeur d'eau comme seule émission, c'est en amont que son bilan en terme de carbone et de pollution est encore le plus lourd.  L'hydrogène que l'on utilise aujourd'hui est pour plus de 90% produite à partir d'énergies fossiles, hydrocarbures, gaz, et charbon, un procédé à l'empreinte carbone tout sauf vertueuse. L'hydrogène vert, lui, est principalement produit par électrolyse, un procédé qui peut utiliser une électricité décarbonnée, et faire de l'hydrogène une énergie de stockage. Surtout, ces technologies-là ont encore une large marge de progression, et font l'objet de nombreux projets de recherche. C'est dans ce futur souhaitable là que le nouveau plan hydrogène va investir. 

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