La rénovation énergétique, ce marché colossal

La rénovation énergétique, ce marché colossal
Environnement / Ecologie

EN TRAVAUX - Dès 2021, le dispositif "Ma Prime Rénov'" sera ouvert à tous, sans conditions de revenus, a annoncé Jean Castex ce 23 août à l'occasion de la présentation du plan de relance. De quoi stimuler le marché déjà énorme de la rénovation de l'habitat, en faisant la chasse aux passoires énergétiques.

C'est la première mesure détaillée dans les 216 pages du plan France Relance présenté par Jean Castex et ses ministres aujourd'hui. C'est aussi la seule mesure d'aide directe qui vise les ménages. La rénovation énergétique des logements, un industrie à part entière, qui crée de l'activité, de l'emploi, le tout aligné sur les objectifs environnementaux affichés par le plan.

En fait, la nouveauté dévoilée aujourd'hui ne tient pas qu'aux types de travaux éligibles à un coup de pouce de l'état, ou aux montants des aides, mais à une simplification lisible pour tous : désormais, "Ma Prime Rénov'", dispositif mis en place l'année dernière, ne sera plus soumis à des conditions de revenus qui le réservait aux plus bas revenus. 

Près de cinq millions de passoires thermiques

But avoué : donner un coup de fouet aux rénovations de toutes les habitations, individuelles ou collectives, aujourd'hui considérées comme des "passoires thermiques", des logements mal isolés, énergivores, ou se chauffant au fioul, entre autres. Selon les derniers chiffres publiés aujourd'hui par le ministère de la Transition Écologique, sur les 29 millions de résidences principales que compte la France, 4,8 millions seraient classés "très énergivores", ceux notés F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). À l'autre bout du spectre, les bons élèves sont plus rares. Les logements classés A ou B représentent moins de 7% des résidences.

Pour améliorer sa note, les rénovations  peuvent prendre des formes multiples, de l'installation d'une nouvelle chaudière à l'isolation intérieure ou extérieure, la pose de panneaux solaires ou d'un double-vitrage. Mais ces travaux coûtent cher. Selon la dernière enquête de l'Ademe publiée en 2018 - et qui doit être remise à jour cette année - le budget moyen de ces rénovations atteint près de 17.000 euros, un prix qui ne suffit d'ailleurs pas toujours à améliorer son étiquette DPE. Pour monter votre note de deux crans, comptez une moyenne de 26.000 euros environ.

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14 milliards de travaux par an

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Plan de relance : 6 milliards d'euros pour soutenir la rénovation énergétique

Avec deux milliards d'euros d'aide en direction des ménages, et quatre milliards investis dans la rénovation du parc public, le plan de relance veut stimuler un secteur qui peine à décoller, la faute parfois à des aides multiples mais pas toujours très lisibles. Un coup de pouce économique pour tout le secteur du bâtiment. Selon la Fédération Française du Bâtiment, pour tenir les objectifs fixés, et tous bâtiments confondus, la rénovation énergétique est un marché potentiel de 14 milliards d'euros par an, pour les trente années à venir. Premier point d'étape promis pour 2025 : d'ici-là, le parc immobilier devra afficher une consommation énergétique en baisse de 38% par rapport à ce qu'il était il y a dix ans encore.

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