Éclairage nocturne : une tribune appelle à reconnaître le ciel étoilé comme Patrimoine mondial de l'humanité

Scientifiques, journalistes et militants demandent aux Etats une sobriété de l'éclairage nocturne dans les agglomérations.

POLLUTION - Un collectif de scientifiques, de journalistes et de militants réclame, dans une tribune publiée dans "Le Monde" ce dimanche, une sobriété de l’éclairage nocturne afin de préserver l'environnement.

"En ville, moins d'une vingtaine d'étoiles sont visibles à l'œil nu dans le ciel", déplore le collectif de scientifiques, de journalistes et de militants associatifs dans la tribune publiée dans Le Monde ce dimanche. Aussi, ces derniers exhortent les États et les organisations internationales à faire entrer ce bien immatériel dans le Patrimoine mondial de l'humanité.

Alors que "l’homme fut de tout temps attiré par ce mystère nocturne, rappellent-ils, les populations n'en bénéficieraient plus. Les responsables ? Les quelque 11 millions de points lumineux pour l’éclairage public et les près de 3,5 millions d’enseignes publicitaires irradiant de mille feux le ciel hexagonal. "Le nouveau 'siècle des lumières' est en passe d’éteindre la nuit et son chatoiement de lumières astronomiques", alertent les signataires dans la tribune relayée par Le Monde

Effondrement de la faune et la flore

Ces derniers dénoncent en effet "l'explosion de lumières artificielles, qui a crû de 84 % ces vingt dernières années en France". Cela induit notamment "une pollution lumineuse qui ne semble pas près d’être endiguée. Or ce feu d’artifice a des conséquences concrètes sur la biodiversité, le climat, notre santé et l’observation du ciel."

"La pollution lumineuse est une cause majeure de l’effondrement des populations d’insectes et de la biodiversité dans son ensemble", poursuit le collectif engagé autour des questions environnementales. "Rappelons que 28 % des vertébrés et 64 % des invertébrés sont exclusivement ou partiellement nocturnes et donc directement exposés à l’éclairage artificiel. Le constat est accablant : 38 % des chauves-souris ont disparu en France hexagonale ces dix dernières années".

A l'appui : une étude publiée dans la revue britannique Science Advances le 25 août dernier. Celle-ci démontre en effet l’impact de l’éclairage public sur les chenilles de nuit, moins nombreuses dans les haies et herbes éclairées, tandis qu'un autre travail de recherches a montré que des prairies soumises à la pollution lumineuse enregistraient, elles, "une baisse de 62 % de visites des pollinisateurs comparativement à une prairie non éclairée", précise le collectif. 

Lire aussi

"En outre, une très grande partie des animaux nocturnes se repèrent habituellement avec les astres et perdent leurs repères", résume-t-il. "La lumière artificielle modifie substantiellement les cycles biologiques du vivant, les interactions et le comportement des espèces". Outre la faune et la flore, de nombreuses autres conséquences climatiques - listées de manière exhaustive par le collectif dans la tribune, telles que la hausse des émissions de gaz à effet de serre - sont engendrées par l'éclairage nocturne. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : que sait-on des symptômes du variant Omicron ?

EN DIRECT - Covid-19 : une "course contre la montre" est engagée contre le variant Omicron, prévient Ursula von der Leyen

"Dites à vos copains non vaccinés qu’ils commencent à nous saouler" : la charge de Patrick Bruel en plein concert

EN DIRECT - Crise des migrants : un avion de Frontex va surveiller la Manche "jour et nuit" à compter de mercredi

Affaire Hulot : Matthieu Orphelin, porte-parole de Yannick Jadot, "mis en retrait" de la campagne d'EELV

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.