Zones à 30 km/h : quel bilan pour les villes qui les ont adoptées ?

Zones à 30 km/h : quel bilan pour les villes qui les ont adoptées ?

ENVIRONNEMENT - Plusieurs communes ont décidé de lever le pied en choisissant d'ériger les 30 km/h comme limite principale ? Meilleure qualité de vie, pollution ou encore réduction des risques d'accident, la rédaction de TF1 fait le point.

Il y a des villes qui ont opté pour la tranquillité. Fin 2019, la commune de Bègles était la première à tenter l'expérience d'une vie à 30 km/h. Dans cette municipalité de Gironde, les voitures circulent au ralenti et certains chants d'oiseaux peuvent encore être reconnaissables." Une ville, c'est fait pour vivre. On veut que les enfants puissent à nouveau jouer au football", défend l'édile écologiste Clément Rossignol-Puech. Il n'est pas le seul à avoir fait le pari de la sérénité. Au total, près de 200 communes ont choisi d'ériger les 30 km/h comme la règle. Que ce soit à Lille, à Nantes ou encore à Lorient, quel bilan peut-on dresser de ce ralentissement ? 

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À Bègles, les habitants semblent satisfaits et évoquent une meilleure qualité de vie. "On est plus serein. On a le temps de voir les déplacements arriver", se satisfait un jeune père de famille. Clément Rossignol-Puech affirme que le trafic dans sa commune, itinéraire de déviation quand la rocade bordelaise est engorgée, a fortement chuté. L'explication ? "Le passage à 30 km/h rallonge le temps de trajet, ce qui forcerait les GPS à indiquer d'autres itinéraires à l'extérieur de Bègles", répond l'élu.

Mais certains ont dû mal à modifier leur vitesse de croisière. Ils ont beau garder l'œil rivé sur le compteur, impossible de passer sous la barre des 30 km/h lorsqu'ils sont au volant. "Je fais attention et pourtant, lorsque je regarde mon compteur, je suis à plus de 30",  avoue un conducteur. Il est loin d'être un cas isolé. Sur une route menant à Bordeaux, 1000 excès de vitesse ont été relevés en une seule journée, en septembre 2019. Conséquence, le maire a été obligé de céder et de repasser les trois zones à 50 km/h après trois mois d'expérimentation. Une réussite à nuancer donc. 

Une ville apaisée et une sécurité accrue

Comment les communes plus grandes s'organisent-elles ? La ville de Lille a aussi mis le pied sur le frein en préconisant la règle des 30 km/h. Cette métropole de 250.000 habitants a vu les choses en grand puisque 88% de ses routes sont désormais en zone 30. Au total, la municipalité a déboursé presque 200.000 euros, uniquement pour la signalétique. Des investissements nécessaires à plus d'un titre pour le maire adjoint Jacques Richir : "L'objectif est d'apaiser la ville mais aussi d'améliorer la sécurité routière", répond-il. 

Mais les "communes 30" sont-elles vraiment plus sûres ? "Lorsqu'on conduit une voiture à 50 km et qu'un enfant traverse, il faut 28 mètres pour s'arrêter. À 30 km/h, il faut 14 mètres. La différence de freinage est donc de 14 mètres", atteste Christophe Ramond, responsable de l'association Prévention routière. Une distance qui représente une marge de sécurité indispensable : l'équivalent d'une longueur de bus.  Selon Mathieu Chassignet, ingénieur en mobilité à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) : "Quand on se fait percuter par une voiture qui roule à 50 km/h, on a 80% de risques de mourir. Ce chiffre passe à 15% lorsque la voiture roule à 30 km/h."

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Et sur le plan environnemental, les habitants respirent-ils mieux ? Le lien entre la réglementation à 30 km/h et la baisse de la pollution urbaine peut être établi - bien qu'il soit difficile à évaluer. "Les voitures ne consomment pas forcément moins lorsqu'elles roulent à 30 ou 50 km/h. Cependant, conduire à 30 km/h permet une meilleure cohabitation entre les différents moyens de déplacement", assure Mathieu Chassignet. 

Par effet de ricochet, la réglementation à 30 km/h encourage des modes plus favorables à l'environnement. Pour rappel, il est possible - en zone 30 - de rouler en double sens cyclable matérialisé au sol. Baisse de la pollution, tranquillité et sécurité : avec ces arguments, la métropole lilloise espère convaincre la population qui vit en périphérie. Au total, ce sont 100.000 automobilistes qui se rendent régulièrement à Lille et se retrouvent bloqués dans les embouteillages. De quoi faire grincer quelques dents. 

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