Déforestation de l'Amazonie : plongée au cœur du massacre

Déforestation de l'Amazonie : plongée au cœur du massacre

BRÉSIL - Chaque année, 700.000 hectares de la forêt amazonienne, l'équivalent d'un département comme la Charente-Maritime, sont mis à nu, remplacés par d'immenses champs de soja ou d'élevages bovins. Le 20 heures de TF1 vous emmène sur place.

Vingt fois la superficie de Paris. C'est le nombre d'hectares décimés en 2020 dans la première région agricole du Brésil, le Mato Grosso. Dans cette zone, les arbres sont remplacés par des élevages ou d'immenses champs de soja, "l'or vert" du pays. Cette plante a généré 35 milliards de recettes l'an dernier, mais sa culture intensive accélère la déforestation de l'Amazonie.

De grandes exploitations, loin des fermes traditionnelles, supervisent les activités des machines agricoles sur ces parcelles de terres à l'aide de moniteurs. Des pesticides, interdits en Europe, sont déversés pour accroître les rendements. Plusieurs centaines de personnes vivent et travaillent dans ces "villages-soja", au cœur de domaines de milliers d'hectares. 

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La plupart nient les conséquences négatives de cette pratique intensive sur l'écosystème planétaire. "Nous sommes fiers de cultiver de la nourriture pour le Brésil et pour le reste du monde", affirme Guilherme Argenta, gérant de l'unité de production à SLC Fazenda Paiaguas, face aux caméras de TF1. "Il faut arrêter de dire que pour planter nous déforestons et que nous polluons les sols. Nous avons d'excellentes pratiques et elles sont sans impact environnemental", ajoute-t-il. 

Les autochtones, victimes collatérales de la déforestation

Mais un autre son de cloche résonne du côté des autochtones qui vivent dans le Parc Xingu (au nord-est de l'État du Mato Grosso et dans le sud de l'Amazonie). À force de s'étendre, les champs de soja pourraient empiéter sur leurs villages. Le neveu du célèbre chef indigène Roani dénonce ainsi le sacrifice de la forêt au profit de l'or vert. "Les hommes blancs ne respectent pas notre forêt, l'Amazonie. Ils s'en foutent. Tout ce qu'ils veulent, c'est la détruire. Ça me rend vraiment triste", confie Megaron Txucarramoe. 

 "Nous devons défendre notre terre, notre forêt, notre fleuve", alerte Txokre, une habitante du village de Piaraçu. "J'ai des enfants, des petits-enfants, arrières-petits-enfants, et je veux que nos terres restent intactes." 

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En janvier 2021, Emmanuel Macron avait pris position sur la question, préconisant d’augmenter la production de soja en Europe pour être "cohérent avec [nos] ambitions écologiques". "Quand on importe du soja qui est fait à marche forcée sur de la forêt détruite au Brésil, nous ne sommes pas cohérents avec nous-mêmes", avait-il déclaré dans une vidéo accompagnant un message sur Twitter. 

Le président brésilien Jair Bolsonaro avait alors rétorqué, accusant son homologue français de dire des "idioties" lorsqu’il affirme que la dépendance de l'Europe par rapport au soja brésilien "cautionne la déforestation de l’Amazonie" : "Pour l’amour de Dieu, M. Macron, n’achetez pas de soja brésilien, comme cela vous ne déforestez pas l’Amazonie. Achetez du soja en France", avait-il déclaré ironiquement.

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