Méthane : comment réduire les émissions de ce gaz qui réchauffe la planète ?

Méthane : comment réduire les émissions de ce gaz qui réchauffe la planète ?

DÉFI ÉCOLOGIQUE - Émis majoritairement par le bétail et les énergies fossiles, c’est l’un des gaz à effet de serre qui réchauffent le plus rapidement l’atmosphère. Plusieurs solutions existent pour suivre l'engagement de la COP26 de réduire de 30% ses émissions mondiales d’ici 2030.

Responsables de plus de la moitié des rejets de méthane, les ruminants sont les plus grands émetteurs de ce gaz à effet de serre, le deuxième le plus important après le CO2. Début juillet, le Groupe intergouvernemental d’expert sur l’évolution du climat (Giec) avait révélé dans la première partie d’un rapport que les concentrations de ce gaz, dont la formule chimique est le CH4, sont au plus haut dans l’atmosphère depuis 800.000 ans. 

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COP26 à Glasgow : nouveau sommet crucial pour le climat

Des niveaux d'autant plus préoccupants que le méthane a un pouvoir de réchauffement beaucoup plus important que le CO2, bien qu’il reste moins longtemps que lui dans l’atmosphère. Il serait déjà responsable de près de la moitié des hausses de températures jusqu’à aujourd’hui, selon le Giec : sur la dernière décennie, la température moyenne de la Terre a augmenté de 1,1°C, une progression à laquelle ses émissions ont contribué à hauteur de 0,5°C. 

Pour infléchir la tendance, il faut donc modifier l’alimentation des vaches. L’entreprise bretonne Valorex, présentée dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, fabrique de la nourriture pour animaux grâce à de l’oléagineux produit dans  un champ voisin, devenu sa matière première. Passées dans une machine dans laquelle la température monte à 180 degrés Celsius, les graines de lin libèrent des Oméga 3 et deviennent ainsi digestibles pour les ruminants.

Les oléagineux limitent l'émission de méthane par les ruminants

Pour se nourrir, en effet, la vache rumine, c’est-à-dire qu’une fois digérée dans l’estomac, où elle émet naturellement du méthane, la ration retourne dans sa bouche pour être remastiquée plusieurs fois. C’est à ce moment-là que l'animal rejette le gaz. La graine de lin et ses omégas 3 limitent la fermentation dans la panse : avec cette alimentation, le ruminant expulse donc 15% de méthane en moins.

Les vaches de Bertrand Bodin, agriculteur breton dont l’exploitation est située à Combourtille, en Ille-et-Vilaine, sont ainsi passées du soja à la graine de lin et sont donc beaucoup moins odorantes. "Depuis 2015, on enregistre 12,5 tonnes de méthane rejetées dans l’atmosphère en moins, ce qui correspond à 40 fois le tour de la terre en avion", explique l’éleveur. Ce fourrage coûte au moins 5% de plus qu'une alimentation classique, mais il s’y retrouve : "j’ai moins de frais de vétérinaires, nos vaches sont en bonne santé", se réjouit-il.

Aujourd'hui, ces graines anciennes sont utilisées par un quart des agriculteurs français, un chiffre en constante augmentation, de quoi peut-être inverser la courbe de concentration du méthane dans l’atmosphère. Mais pour tenir l’objectif de réduction de ces émissions de 30% d'ici 2030, fixé mardi 2 octobre pendant le sommet international de la COP26 qui se tient actuellement à Glasgow, il faut aussi s’attaquer aux énergies fossiles.

Mieux contrôler les industries fossiles pour éviter les fuites de gaz

Un tiers des rejets de méthane provient en effet de l’exploitation du gaz ou du pétrole, mais ces émissions passent bien souvent sous les radars. Une nouvelle technologie pourrait toutefois changer la donne. En plein cœur de Paris, les ingénieurs de l’entreprise Kayrros analysent en permanence des données envoyées par un satellite, qui scanne la surface du globe et détecte les émissions de méthane. 

"On peut observer par exemple une émission de méthane de très grande ampleur au Koweït, et on est exactement capable de savoir que le panache de méthane que l’on observe provient d’un gazoduc", explique Clément Giron, ingénieur en modélisation numérique. Chaque jour, des centaines de tonnes de gaz sont repérées. L’alerte est alors transmise à l’exploitant, ou directement à l’État émetteur. 

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"Ces émissions peuvent provenir de fuites accidentelles, mais aussi d’opérations de maintenance au cours desquelles il y a des lâchers de gaz naturel effectués pour des raisons de sécurité, par exemple, détaille le spécialiste. Une grande partie de ces lâchers auraient pu être évitée : le but est d’être capable de réduire au maximum le nombre de fuites."

Ces experts affirment que des investissements sur les infrastructures permettraient d’éviter que des milliers de tonnes de méthane ne s'échappent dans l’atmosphère. Ces travaux pourraient être rapidement amortis, puisque le méthane sauvé peut être revendu comme gaz naturel, et son prix ne cesse d’augmenter.

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