Du béton pour sauver les poissons : comment fonctionnent les récifs artificiels ?

Du béton pour sauver les poissons : comment fonctionnent les récifs artificiels ?

ENVIRONNEMENT – Pour mesurer l’impact des récifs artificiels sur la biodiversité, des chercheurs mènent une campagne de recensement des poissons à Toulon.

Les récifs en béton sont-ils efficaces ? Régulièrement à Toulon, des plongeurs descendent sous l’eau afin de recenser la population de poissons et de prouver que ces installations sont légitimes. Une opération qui, il y a encore un an, était impensable. La zone devenue totalement artificielle n’était pas accueillante pour la faune marine. 

"Quand on construit un port, un quai, on va transformer un habitat naturel qui est complexe, en quelque chose de complètement homogène et lisse", affirme Marc Bouchoucha, en charge du projet. "Nous sommes dans un environnement qui n’a plus rien de naturel". D’énormes blocs, réalisés en impression 3D, ont alors été déposés dans les fonds marins dans le but de les repeupler.  

Toute l'info sur

Impact positif

Pourquoi lancer Impact Positif ?

Les blocs de béton sont fabriqués spécialement afin d’accueillir certaines espèces marines. Ils font office de rochers et possèdent plusieurs cavités de formes et de tailles très différentes. "Les plus petites, ça peut être pour des espèces qui sont très filiformes et qui ont plus besoin d’être seules ou de s’isoler dans une cavité qu’elles vont défendre parfois pendant toute une année", nous explique Mathieu Lapinski, biologiste marin. Ces blocs sont en quelque sorte des "nurseries" à poissons. "On essaye de recréer de l’habitat là où l’habitat n’existe plus", poursuit Marc.  

Depuis que les blocs de béton ont été posés, en juin dernier, plus de 1400 poissons ont été observés. Parmi eux, on retrouve 28 espèces dont six patrimoniales comme des bars, des rougets et des dorades. 

Une solution applicable partout en France ?

Alors cette solution pourrait-elle être appliquée à toutes les zones portuaires françaises ? C'est ce qu'espère Marc. "Un poisson qui va bien, c’est un poisson qui grandit bien. Les premiers résultats nous ont montré qu’un poisson qui grandissait dans une zone portuaire avait la même croissance que dans une zone naturelle, ce qui veut dire qu’on a des résultats qui sont vraiment prometteurs et qu’on a vraiment quelque chose qui fonctionne", se réjouit-il.

Depuis 1960, beaucoup d’initiatives se sont multipliées, surtout en Méditerranée, avec parfois des hérésies, comme les pneus immergés dans les années 1980. Depuis, des procédés plus perfectionnés ont été développés comme ceux de la start-up montpelliéraine Seaboost, partenaire de l’étude menée à Toulon. 

Lire aussi

Les récifs en béton pourraient permettre de repeupler le littoral. Pourquoi pas, une des solutions pour que l’activité humaine impacte moins l’environnement. 

Découvrez notre podcast "Impact Positif"

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée : 

- Sur APPLE PODCAST

- Sur SPOTIFY

- Sur DEEZER

Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid : les décès et les admissions en réanimation en hausse

EN DIRECT - Affaire des "écoutes" : cette condamnation ne "correspond pas à la vérité", tacle Me Temime, l'avocat de Thierry Herzog

Son enfance en Algérie, son grand amour partagé : Marthe Villalonga ouvre ses jardins secrets

Le coronavirus ne sera pas vaincu d'ici la fin de l'année, selon l'OMS

" J'ai 30.000 euros de dettes" : ces travailleurs ruinés par la crise du Covid

Lire et commenter