Laver son linge à 30°, est-ce aussi efficace qu’écolo ?

Laver son linge à 30°, est-ce aussi efficace qu’écolo ?

LAVAGE À FROID - Selon certains spécialistes, faire des machines à basse température permettrait une économie d’énergie importante. Mais peut-on protéger la planète tout en gardant son linge propre ?

Les vêtements sont jetés en vrac dans le bac, le couvercle de la machine à laver se referme et les boutons s’illuminent. Vient ensuite l’heure des choix décisifs : quel programme sélectionner ? Un moment de solitude s’installe. Mais la question a son importance car laver son linge à basse température présenterait des bienfaits pour notre porte-monnaie comme pour la planète. En mars dernier, Ariel, la marque de lessive phare de Procter & Gamble, avait lancé une campagne de sensibilisation baptisée "chaque degré compte". Selon le géant mondial, passer de 40 à 30 degrés permettrait, à l’échelle européenne, d’économiser l’empreinte carbone de deux millions de voitures. Sur le plan de l'électricité, ces dix degrés de différence entraîneraient une réduction d’énergie équivalente à celle de la ville de Nantes.

Toute l'info sur

Le 20h

Depuis un an, le géant industriel réfléchit à comment rendre sa capsule bicolore efficace à basse température. Pour arriver à un tel résultat, il a développé une enzyme issue des algues de la mer du Nord, rapportent Les Echos. "Avec les formules actuelles, on peut laver à basse température, notamment grâce à des enzymes qui vont permettre une efficacité dès 30 degrés", explique dans l'enquête de TF1 en tête de cet article Virginie D’Enfert, déléguée générale de l'association française des industries de la détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle. 

Mais pour l'heure en moyenne, la température de lavage en France est de 40°C, rappelle l'Association française des industries de la détergence (AFISE). Selon l'organisation, si chaque personne en Europe diminuait sa température de lavage moyenne simplement de 3°, les économies réalisées dépasseraient 2 300 GWh/an, ce qui équivaut à la consommation d'électricité de plus de 300.000 habitants. En d'autres termes, si un individu lave son linge à froid, il dépensera moins d'énergie et verra sa facture s'alléger. Surtout s'il enclenche sa machine dans le créneau "heures creuses". Autant de bonnes raisons de choisir un programme à basse température, mais une question reste en suspens : le lavage à 30 degrés est-il efficace? 

Une température adaptée à chaque vêtement

Le lavage à 30 degrés ne convient pas encore à tous les types de vêtements. Pour les machines du quotidien, pas de problème. Concernant les sous-vêtements et les serviettes de bain, en contact direct avec le corps, il est conseillé d'augmenter la température de dix degrés. Enfin, le programme à 60°C est recommandé pour le linge très sale comme les torchons ou les vêtements de sport. Et concernant les masques réutilisables ? Ils peuvent être lavés à la main ou en machine avec un détergent comme le linge de corps. Et pas forcément à haute température, celle "de 60 degrés n’étant pas plus justifiée pour le lavage des masques que pour le lavage des mains", précisait l’Académie de médecine dans un communiqué le 7 septembre 2020.

Lire aussi

Certains professionnels nuancent toutefois les bienfaits d'un lavage à basse température. La problématique est la suivante : si le linge est propre, est-il vraiment désinfecté à 30 degrés ? Fondateur de l'entreprise quatorze40 à Boulogne-Billancourt, Stephan Singa reste catégorique. "Vous avez une chemise, vous la mettez dans une machine à 30 degrés, elle est propre. Mais est-ce que vous avez tué les bactéries dessus ? Non." En d'autres termes, si votre vêtement est immaculé, sa propreté n'est pas garantie. En attendant, laver votre linge à basse température permet de protéger ses fibres et de prendre soin de vos vêtements. Un argument de taille. 

Découvrez notre podcast "Impact Positif"

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée : 

- Sur APPLE PODCAST

- Sur SPOTIFY

- Sur DEEZER

Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

"Aujourd’hui, je me dis : plus jamais" : ces infirmières qui, après un an de Covid, ont rendu leur blouse

EXCLUSIF - Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sort du silence ce soir sur TF1

Une personne tuée et une blessée devant un hôpital du 16e arrondissement de Paris, le tireur en fuite

EN DIRECT - Covid-19 : l'Allemagne se donne la possibilité d'imposer des couvre-feux

Covid-19 : la pandémie à un point "critique", alerte l'OMS

Lire et commenter