Star de nos meubles, le pin Douglas menace-t-il les forêts françaises ?

Star de nos meubles, le pin Douglas menace-t-il les forêts françaises ?

MON (PAS SI) BEAU SAPIN- Planté dans de nombreuses régions françaises, le pin Douglas occupe la moitié des forêts du Morvan. Si cet arbre pousse vite et coûte moins cher, son exploitation inquiète les défenseurs de l'environnement. Explications.

Son nom rappelle celui d'un acteur américain. D'ailleurs, il est tout aussi convoité qu'une star hollywoodienne. Depuis plusieurs années, le Douglas se retrouve au cœur d'une polémique entre les habitants du Morvan. Pour les uns, il s'apparente à un arbre magique. Pour les autres, il représente un véritable danger écologique. Ce nom ne vous dit toujours rien ? Pas de panique, vous pouvez sans doute en trouver chez vous. Il suffit de jeter un œil aux cadres de votre fenêtre ou bien au sol de votre terrasse : c'est le bois star de nos maisons.

Toute l'info sur

Le 20h

Bien implanté en Bourgogne-Franche-Comté, le Douglas appartient à la famille des conifères et offre de multiples avantages. Tout d'abord, il a fière allure : l'arbre pousse bien droit, ce qui facilite sa récolte. Cette espèce de sapin a en outre un bois résistant et très bon marché. Et pas besoin d'attendre bien longtemps avant de le couper : quand le chêne a besoin de 100 à 150 ans pour arriver à maturité, le Douglas ne met qu'un demi-siècle. Une aubaine pour les habitants du Morvan. 

Le Douglas, créateur d'emplois

Au total, l'exploitation du Douglas fait vivre plus de 4.000 personnes dans la région. "Pour les territoires ruraux comme les nôtres, ça créé un peu d'emploi. C'est une activité qui permet aux gens du territoire de vivre", confirme Damien Brizard, gérant d'une scierie du même nom, dans l'enquête de TF1 en tête de cet article. Importé d'Amérique du Nord il y a plus de cinquante ans, le Douglas occupe désormais ici la moitié des forêts. 

Presque du jour au lendemain, ce conifère est devenu le roi du Morvan. Cultivé en ligne droite, on voit que rien ne dépasse. Cette organisation facilite son exploitation massive. En quelques secondes, un arbre est arraché, nettoyer de ses branches et découper en morceaux. D'un point de vue économique, les investisseurs y voient un placement financier très juteux. En France, le marché de son exploitation représente plus d'un million d'euros. 

On plante, on coupe et on abime- Jean-Luc Pillard, photographe militant

Mais le marché du Douglas est-il aussi une bonne affaire pour la planète ? Rien n'est moins sûr. "Certains propriétaires font de la coupe rase destructive, c'est ce que j'appelle l'appât du gain. Moi, je défends le modèle du vrai forestier qui gère sa forêt comme ici", se défend le bûcheron José Encinas. Mais certains militants écologistes ne partagent pas cet avis. "On plante, on coupe, on abime. Au bout d'un moment, il ne reste plus rien", déplore Jean-Luc Pillard, photographe et activiste. 

Attention : le problème à ses yeux n'est pas le sapin en lui-même, mais bien plutôt la façon dont il est exploité. Derrière le photographe, on entend des bruits de machines destinées à couper les arbres. "Le simple poids de l'engin dans un sol aussi fragile écrase tout. On n'a plus rien en dessous. Plus d'animaux, plus d'oiseaux... Le sol est complètement pauvre, on ne trouve que des champignons par terre", constate Jean-Luc Pillard. 

Lire aussi

Aujourd'hui, Jean-Luc Pillard participe à des actions militantes pour dire stop au Douglas. Tous les jours, il est sidéré par le paysage qui s'offre à lui : des parcelles entières de sapins rasées à blanc. Aucun suspense sur le type d'arbre que l'on replante ensuite. Du Douglas bien évidemment. 

Et Jean-Luc Pillard n'est pas le seul à s'inquiéter face à la flambée de Douglas dans la région. Au cours d'une réunion avec d'autres défenseurs de l'environnement, Sylvain Mathieu directeur du parc naturel du Morvan, dénonce des pratiques qui "détruisent la forêt". Une exploitation d'autant plus condamnable qu'il serait possible d'agir autrement selon le spécialiste. "C'est en train d'évoluer. Il y a une prise de conscience chez les gestionnaires forestiers. Il faut attendre pour observer les effets sur le long terme", admet-il. Rendez-vous dans cinquante ans. 

Découvrez dans ce podcast d'Impact positif, le portrait de Camille Étienne, étudiante engagée pour le climat

Écoutez ce podcast sur votre plateforme d'écoute préférée : 

- Sur APPLE PODCAST

- Sur SPOTIFY

- Sur DEEZER

Bienvenue dans le podcast "Impact positif", dédié à celles et ceux qui veulent changer la société et le monde. Devant l’urgence climatique, la crise démocratique, une société aux inégalités croissantes, certains ont décidé de ne pas rester les bras croisés, ils ont un coup d’avance, l’audace de croire qu’ils peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Ils sont ce que l’on appelle des Changemakers.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Vaccination : les dates à connaître en fonction de votre tranche d’âge

EN DIRECT - Covid : seul le Pas-de-Calais confiné le week-end, pas l'Ile-de-France ni Paris

Le déconfinement, quand et comment ? Une réunion interministérielle à l'Élysée ce mercredi après-midi

CARTE - Covid-19 : où en est l'épidémie dans votre département ?

Allocations Pôle Emploi : trois cas pour comprendre le nouveau calcul

Lire et commenter