VIDÉO - Éruption volcanique aux Canaries : les images désertiques de l'île de La Palma

VIDÉO - Éruption volcanique aux Canaries : les images désertiques de l'île de La Palma

EN IMAGES - Depuis le 19 septembre, l'île de La Palma, au cœur de l'archipel des Canaries, vit au rythme de l'éruption du volcan Cumbre Vieja. Le paysage aux alentours, enseveli sous les cendres, s'est métamorphosé.

Cela fait près d'un mois et demi que le volcan Cumbre Vieja rugit de nuit comme de jour. Depuis le 19 septembre, des rivières de lave dévalent sans s'arrêter le flanc sud-est de l'île espagnole de la Palma, ne faisant aucun mort jusque-là, mais multipliant les dégâts. 

Au 3 novembre, on dénombrait 997,9 hectares détruits par la lave et plus de 2200 bâtiments détruits ou endommagés, dont des centaines de maisons, selon les dernières données du système européen de mesures géospatiales Copernicus. L'équivalent de 1500 terrains de football dévorés par le volcan. Et l'éruption, avec ses secousses mineures, mais qui peuvent monter à 150 par jour, ne semble toujours pas prête de s'arrêter. 

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"Personne ne peut affirmer que nous sommes proches de la fin" de cet épisode, a déclaré le chef du gouvernement régional des Canaries, Angel Victor Torres, fin octobre. Les géologues de l'Institut géologique et minier d'Espagne continuent de documenter régulièrement les coulées de lave toujours en formation, des images relayées sur le compte Twitter du Centre de coordination des urgences et de la sécurité (CECOES) du gouvernement des Canaries.

Le 4 novembre dernier, il a diffusé notamment une vidéo réalisée par un drone survolant le site, qui laisse voir, mais surtout entendre, l'éruption. Sur ces images, à découvrir dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article, des bruits tonitruants s'échappent des bouches du volcan, comme si un immense moteur était en train de cracher dans ses profondeurs. Plusieurs médias espagnols ont ainsi relayé la vidéo du "rugido del volcán", le "rugissement du volcan", parlant même d'un son "effrayant" dans les colonnes du quotidien La Vanguardia. Un vrombissement accompagné de larges volutes de fumée qui montent en colonnes vers le ciel.

Désert de cendres et panaches de fumée

Des bouches du volcan, la lave est parfois propulsée en geyser, comme sur l'image ci-dessous, photographiée le 27 octobre dernier, laissant également échapper une épaisse fumée noire et des nuages de cendres. Des étincelles encore rougeoyantes se déposent au bord du cratère, se transformant vite en une poudre noire qui s'amoncelle. La température de cette lave dépasse les 1100 degrés. Une première coulée avait atteint la mer fin septembre, donnant naissance à une péninsule d'environ 40 hectares en se solidifiant au contact de l'eau. 

Dans la nuit, le brasier paraît encore plus intense. Sur cette photo prise et publiée par l'Unité militaire d'urgence espagnole (UME) le 1er novembre, des jets de lave émis par plusieurs bouches menacent des arbres jusque-là épargnés par l'éruption, et dont la silhouette se détache dans l'obscurité. 

Aux alentours du volcan, le paysage verdoyant est devenu un désert de sable noir, presque lunaire, étouffé par un épais manteau de cendres. Les flancs de l'île, sur lesquels la lave a lentement ruisselé avant de rejoindre la mer, sont ainsi méconnaissables. Alors qu'ils étaient auparavant riches en plantations, de bananes notamment, ils ont par endroit été totalement rasés de toute végétation, remplacée par de petites collines et des cratères sombres formés par la lave solidifiée.

Ce désert noir sidère l'Espagne, mais fascine les touristes. "Ça vaut vraiment la peine de venir ici, estime l'une d'entre eux. On n'oublie pas la tragédie humaine que cela représente, mais ce volcan est un spectacle de la nature." 

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Sur les photos ci-dessous, prises le 29 octobre, des membres de l'UME observent l'éruption qui se poursuit toujours, dans un quasi no man's land. Aux côtés de l'Institut géologique et minier d'Espagne (IGME) et du Conseil national de la recherche espagnol (CSIC), ils disposent des équipements pour surveiller l'évolution des rivières de lave sur ces vastes étendues de suie, par endroit encore fumantes et qui laissent percer çà et là quelques dernières broussailles sèches. 

Le volcan libère aussi des gaz toxiques, placés sous haute surveillance, qui empoisonnent l'air et sont potentiellement dangereux pour la population. Fin octobre, le Cumbre Vieja dégageait encore 10.000 tonnes de dioxyde de soufre par jour. Il faudrait qu'il en émette moins de 400 tonnes pour que l'on puisse considérer qu'il commence à s'éteindre, avait expliqué fin octobre à la presse David Calvo, le porte-parole de l'Institut volcanologique des Canaries (Involcan). 

Sur les clichés ci-dessous, des soldats de l'armée espagnole et des membres de l'UME contrôlent, le 1er novembre dernier, la présence de vapeurs relâchées dans les zones recouvertes de cendres grâce à un appareil, un casque couvrant la totalité de leur visage. Dans la vidéo en tête d'article, des géologues se prêtent aussi à l'exercice, de nuit cette fois. 

Les cendres se sont ainsi superposées sur plusieurs mètres, dévalant sur les roches et encerclant quelques rares arbres. Un véhicule de l'UME circule tant bien que mal sur une piste complètement poudreuse pour mener des contrôles sur l'activité du volcan sur la photo ci-après, prise le 29 octobre.

Les maisons ensevelies sous des mètres de cendres

Les villes sont aussi méconnaissables, enfouies sous un manteau de cendres noires. On devine sur les photos ci-contre, prises le 29 octobre, presque un mètre de dépôt poudreux sur les toits des bâtiments, qui forme aussi des talus dans les allées.

Peu à peu, les jardins et les maisons sont englouties. Dans la vidéo en tête d'article, on aperçoit des ouvriers campés sur les toitures, poussant des kilos de cendres au sol. La lave a dévalé jusqu'aux portes de certains villages avant de se solidifier. Par précaution, les habitants de plusieurs villages ont maintenant ordre de rester chez eux.

Un cimetière a même été complètement recouvert par les projections du volcan, les tombes disparaissant sous des mètres de sable noir. 

Au total, l'éruption a poussé près de 7000 personnes, sur les quelque 85.000 habitants de La Palma, à quitter leur domicile. Par ailleurs, les nuages de cendres émis par le volcan perturbent régulièrement les liaisons aériennes sur cette île très touristique, l'une des sept de l'archipel des Canaries. En 100 ans, c'est la troisième éruption vécue par La Palma, qui a déjà fait face à deux évènements similaires en 1949 et en 1971.

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