Zones à faibles émissions en villes : Bruxelles, Londres, Madrid... ce que font nos voisins

Zones à faibles émissions en villes : Bruxelles, Londres, Madrid... ce que font nos voisins

POLLUTION - Le projet de loi climat, en cours d'examen, prévoit l'instauration obligatoire de zones à faibles émissions d'ici 2025 dans toutes les agglomérations métropolitaines de plus de 150.000 habitants. Une idée qui s'inspire de ce qui se passe en dehors de nos frontières.

Faire la chasse aux véhicules les plus polluants. C'est l'un des objectifs du projet de loi climat, actuellement examiné par les sénateurs. Porté par la majorité  et reprenant une partie des 146 propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qu'avait retenues Emmanuel Macron, le texte prévoit notamment d'instaurer des "ZEF". À savoir des zones à faibles émissions, limitant la circulation de certains véhicules polluants, d'ici à 2025, dans toutes les agglomérations métropolitaines de plus de 150.000 habitants. Une technique qui fait grincer des dents les automobilistes des grandes villes, mais déjà employée plusieurs années chez nos voisins européens. 

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À Londres, un péage et la main au porte-monnaie obligatoire

Londres, l'exemple à suivre ? Si le premier péage urbain est norvégien – il a été installé en 1986 à Bergen –, la capitale britannique est devenue au fil des années un cas emblématique de la guerre contre les véhicules les plus polluants. Plus exactement depuis 2003 quand, pour lutter contre les embouteillages, le maire Ken Livingstone instaure une "congestion charge". Son montant ? Pas moins de 11,50 livres (13,40 euros) pour les automobilistes circulant dans le cœur de Londres de 7h à 18h. L'étau s'est resserré en 2017, avec une "toxic charge" supplémentaire, d'environ 10 euros. Dernière étape en date ? La création d'une "zone à ultra basse émission" (Ulez), en 2019, pour remplacer la "toxic charge".

Désormais, les conducteurs de voitures à essence construites avant 2006 et de véhicules diesel construits avant 2015 devront débourser 12,50 livres (14,50 euros) par jour pour entrer dans cette zone. Pour les camions et cars, il faudra payer 100 livres (116 euros) par jour. Les taxis sont eux exemptés. À partir d'octobre 2021, la zone "Ulez" sera étendue à l'ensemble de la ville. S'ils ne s'acquittent pas de cette nouvelle taxe, les automobilistes risquent une amende de 160 livres et les conducteurs de camions une amende pouvant aller jusqu'à 1.000 livres.

Avec une addition qui s'élève à près de 30 euros par jour, rouler dans Londres est devenu un luxe. Mais pour la mairie, cette stratégie est la bonne. Chiffres à l'appui : selon un rapport publié dans le Guardian en octobre 2020, le taux de dioxyde d’azote relevé près des routes de Londres "a plongé de 44 %" en trois ans. Par conséquent, le nombre de Londoniens vivant dans une zone où les niveaux de ce gaz polluant étaient supérieurs à la limite légale est passé de 2 millions à 119.000, soit une réduction de 94 %.

Dans Madrid, plusieurs contraintes pour rouler dans le centre-ville

"La boina" : c'est le surnom que les Madrilènes ont pris pour habitude de donner à leur ville, souvent surmontée d'un "nuage" de pollution. Une sale réputation que la mairie tente d'atténuer depuis 2018 et l'entrée en vigueur d'un dispositif de restriction du trafic dans le centre-ville. Objectif ? Réduire les émissions de gaz de 40%. Concrètement, seuls les résidents du centre-ville, les camions de marchandises, les taxis, les autobus, les véhicules scolaires et les forces de sécurité et d'urgence peuvent circuler librement dans une zone de 472 hectares. Les résidents disposent chacun de vingt invitations par mois pour permettre à des non-résidents de circuler dans cette zone. À moins de circuler en véhicule électrique ou hybride, les non-résidents ne pourront pénétrer dans la zone que pour se garer dans un garage ou dans un parking. 

Ce dispositif a eu le mérite de porter rapidement ses fruits. Selon un rapport de la fédération Transport & Environment, une réduction de 32% du dioxyde d'azote (NO2) dans le centre-ville a été observé entre juin 2018 et juin 2019.

À Bruxelles, une "zone de basses émissions" depuis 2018

Dans la capitale belge, une "zone de basses émissions" (low emission zone, LEZ) a été mise en place le 1er janvier 2018 pour évincer de ce périmètre les véhicules diesel les plus polluants (en fonction de leur ancienneté et des normes anti-pollution). En seront exclus chaque année de plus en plus de véhicules. Toute infraction y est passible d'une amende de 350 euros. 

Depuis le 1er janvier 2020, c’est au tour des véhicules diesel de norme Euro 3 d’être interdits d’accès sur tout le territoire bruxellois. Le prochain renforcement des critères de la LEZ aura lieu au 1er janvier 2022, avec l’interdiction des diesels de norme Euro 4.

Là encore, ce choix a permis de faire baisser la pollution dans la capitale belge. "Entre juin 2018 et décembre 2019, on a comptabilisé une chute des émissions de CO2 de 77% pour les voitures et de 73% pour les camionnettes" et "une diminution des particules fines de 11,5 % pour les voitures et de 21 % pour les camionnettes", précise la municipalité. 

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