Eder, le mal-aimé est devenu un héros

Eder, le mal-aimé est devenu un héros
EURO 2020

FOOTBALL - Bourreau des Bleus en finale de l'Euro, l'attaquant qui vient de signer à Lille après un prêt concluant, est devenu le héros de son pays adoptif. Proche de la non-sélection, il a souvent été moqué par les supporteurs portugais.

Eder a toujours fait rire les Portugais. Mais depuis dimanche soir, l’attaquant du LOSC a permis aux supporteurs de retourner leur veste comme jamais dans l’histoire du football portugais et de verser des larmes de joies.

"Je pense qu’il est impossible d’être aimé de tous. La seule chose que je puisse faire, c’est de continuer à bosser"

Pourtant, qui se souvient de sa Coupe du monde 2014, de ses contrôles trop longs, ses conduites de balle qui ne déstabilisaient que lui-même, de sa présence inexistante devant le but et de ses interventions maladroites ? "Je pense qu’il est impossible d’être aimé de tous, même si nous, joueurs, avons besoin d’être soutenus. La seule chose que je puisse faire, c’est de continuer à bosser pour m’améliorer", lâchait-il récemment à So Foot.

Au sortir du mondial brésilien, les qualificatifs des sites spécialisés en auraient pourtant touché plus d’un : "Le niveau d’un attaquant moyen de Ligue 1" ; "Paulo Bento (ancien sélectionneur portugais) a insisté et s’est trompé avec le médiocre et inexpérimenté Eder" ; "Il marche sur les traces d’Almeida, de Makukula et rend malgré lui un hommage à Helder Postiga".

En offrant le premier titre international à son pays d’adoption (il est né en Guinée-Bissau), Eder a rappelé à Fernando Santos, qu’il avait bien fait de se fier aux récentes statistiques de l’attaquant lillois (6 buts et 4 passes décisives en 13 matches de L1). Car avant l’annonce de la liste de la Seleçao, le sélectionneur avait sérieusement réfléchi à se passer d’un pur 9, vu leur ratio famélique (3 buts en 28 sélections avant dimanche).

Cristiano Ronaldo lui a donné sa force

"Je comprends les gens qui disent qu’il est maladroit. Mais franchement, le profil qui manque le plus au Portugal est celui d’Éder. Ce n’est pas avec un 4-4-2 avec Nani et CR7 en pointe qu’ils gagneront l’Euro", affirmait son ancien co-équipier à Braga, Vincent Saso dans So Foot. D’ailleurs, Eder n’a disputé que cinq minutes dans cet Euro. Cinq minutes contre l’Islande (1-1) et donc 41 minutes dimanche après avoir remplacé Renato Sanches (79e).

Dans le jeu, Eder a aussi été très précieux. Il a permis à son équipe de remonter en aimantant des ballons aériens qui jusque-là étaient gagnés par lacharnière française. Son jeu au dos a posé de gros problèmes aux deux centraux. Umtiti a été averti pour une faute sur l'ancien joueur de Swansea et son but sur une frappe lointaine intervient après avoir résisté à Koscielny. Et de son propre aveu, cet exploit il le doit aussi à Ronaldo : "Il m'a dit que j'allais marquer le but de la victoire. Comme toute l'équipe, il m'a donné de la force, de l'énergie et ce fut très important." Tout ce que n'avaient pas fait les supporteurs portugais avant dimanche.


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