Euro 2016 - Le jour d'après : "Le jour d’avant"

 Euro 2016 - Le jour d'après : "Le jour d’avant"
EURO 2020

ÉDITO - Il se passe quelque chose avec cette équipe de France. Comme si, ce dimanche au Stade de France, dix ans d'atermoiements et de turpitudes allaient être remisés au fond du placard pour laisser la place au premier trophée remporté par les Bleus depuis 2000. C'est ce renouveau qu'espère Fabrice Jouhaud. Jusqu'au 11 juillet, soit au lendemain de la finale face au Portugal, il partage avec nous son humeur.

Cela a beau s’appeler le jour d’après, voilà que c’est le jour d’avant. Quelle longue attente jusqu’à cette finale, jusqu’à 21 heures. Heureuse impatience, désir fébrile d’y être enfin et, quoi qu’il arrive d’assister à ce qui restera un événement. Si le Portugal l’emporte, il vivra une émotion immense et le couronnement de son roi absolu, Cristiano Ronaldo, footballeur que l’on peut trouver lassant, mais dont la trace demeurera à coup sûr dans ce siècle. Tant de dieux du stade sont passés à côté de leurs Champs-Elysées, de Johan Cruyff à Lionel Messi, que le sacre du Portugais vaudrait la peine d’être vécu.

La fin d'une longue nuit entamée il y a dix ans

Si ce n’est pas le cas, alors la France aura confirmé qu’elle sait recevoir. 1984, 1998 et 2016 : elle renvoie les convives chez eux mais garde l’argenterie et termine le banquet. Ce serait l’apothéose d’une sacrée journée et la fin d’une longue nuit entamée il y a quasiment dix ans jour pour jour, à l’issue d’une soirée berlinoise. Depuis sa finale de Coupe du monde 2006, la France a fréquenté les ténèbres, a jeté des ombres sur sa réputation, a conjugué l’insuffisance sur le terrain et la suffisance en dehors. Elle aurait simplement pu s’endormir mais voilà qu’elle a choisi de vivre ses cauchemars plutôt que de poursuivre ses rêves.

Lorsque le soleil se couchera tout à l’heure, c’est pourtant l’aube que célébreront les Français, tous les Français. Pendant ce Championnat d’Europe, par-delà les doutes et les inquiétudes, quelque chose s’est produit. Les sociologues, plus tard, mettront des mots là-dessus mais aujourd’hui, chacun le vit et le ressent à sa manière. Pas d’obligation d’unisson du sentiment, il y a là des affaires intimes, des tourbillons personnels qui, mis bout à bout déclenchent une énergie collective et positive. Cela ne résoudra pas les problèmes quotidiens, cela n’effacera pas les questionnements lourds qui animent notre société. Mais quel que soit le résultat, une fois la vague d’émotion franchie, une fois le ressac disparu, il ne restera pas rien de tout cela. Si le jour se lève en ce dimanche soir, c’est qu’il y aura au moins un jour d’après.

LIRE AUSSI
>> 
Le jour d'après #1 : "À la niche !" 
>> 
Le jour d'après #2 : "Soyons fous"
>> 
Le jour d'après #3 : "Le cauchemar Björk"
>> 
Le jour d'après #4 : "Best, Giggs... la malédiction des hommes seuls"
>> 
Le jour d'après #5 :"Vivement la Tippeligaen !"
>> 
Le jour d'après #6 : "Tyrannie du chiffre" >>  Le jour d'après #7 : "Le Belgique n'est pas la France" >>   Le jour d'après #8 : "L'Allemagne, le malentendu" >>  Le jour d'après #9 : "On m'la fait pas à moi"  >>  Le jour d'après #10 : France-Allemagne ou l'art de se passer le mistigri
>>  Le jour d'après #11 : "Ronaldo est magique" 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Reconfinement : les commerces qui devront fermer, ceux qui vont rester ouverts

EN DIRECT - "Nous avions anticipé cette deuxième vague" : suivez le discours de Jean Castex à l'Assemblée

CARTE - Reconfinement : regardez jusqu’où vous pourrez sortir autour de chez vous

Reconfinement : crèches, écoles, collèges et lycées resteront ouverts "avec des protocoles sanitaires renforcés"

Reconfinement : dans quelles conditions pourrai-je encore me déplacer ?

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent