Euro 2016 : plongée dans les coulisses du match d’ouverture France-Roumanie (2-1)

Euro 2016 : plongée dans les coulisses du match d’ouverture France-Roumanie (2-1)
EURO 2020

FOOTBALL – L’évènement tant attendu a finalement eu lieu : l’Euro 2016 s’est ouvert ce vendredi en France. Une ambiance forcément particulière a entouré ce France-Roumanie, dans un Stade de France partagé entre émotion, impatience, joie et angoisse.

Un match de foot ne vaut souvent que par son contexte. Alors, à échelle française, pour un match d’ouverture de Championnat d’Europe à domicile, pensez donc ! Le France-Roumanie qui s’est joué, ce vendredi 10 juin 2016 au Stade de France, recèle tout un tas d’histoires. Celles qui s’écrivent, pour la plupart, en marge du match. Et qui racontent une de ces rares soirées qui font date.

Tout cela avait d’ailleurs bien mal commencé. Sous une chaleur étouffante, on est restés coincés, comme nombre de salariés de l’UEFA, devant l’une des quatre petites portes donnant désormais accès au parvis du stade. Et ce, à six heures du coup d’envoi. Sans être excessives, les fouilles et les palpations sont plus rigoureuses qu’à l’accoutumée. Ce dont, pour le coup, personne ne s’est plaint.

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Il a toutefois fallu attendre 18h et l’ouverture laborieuse de ces portes au public pour que l’enceinte se mette enfin à vivre, au compte-gouttes. Entre les flots de Roumains chantant à tue-tête, des supporters français profitent des animations, parmi lesquelles le numéro de deux danseuses sur des échasses, se trémoussant devant une fanfare on ne peut plus franchouillarde.

Après avoir aperçu David Guetta et Bengous entrer dans le stade, on s’est nous-mêmes installé et là, l’atmosphère musicale est devenue tout autre, entre tubes à la mode (Rihanna, Magic System…) et publicités au volume sonore exagéré, ayant pour effet de maintenir les supporters dans une forme de torpeur. Il est alors 20h et, en tribune de presse, on croise du beau monde : Alain Giresse, Michael Laudrup, Thierry Henry, Robert Pirès ou… Michael Youn. En costume marron-beige intégral, Christian Karembeu pousse l’élégance jusqu’à porter le sac d’une jolie journaliste dans un escalier.

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Quelques images singulières émaillent l’avant-match : le sélectionneur roumain qui enlace tendrement plusieurs supporters, embrassant goulûment une jeune fille sur la joue, ou Evra qui fait le zouave avec son casque en débarquant au stade, pour faire marrer les collègues. Durant l’échauffement, Gignac bouscule Giroud pour le motiver de façon très virile, Pogba fait un câlin à Matuidi, Payet fait coucou à sa compagne en tribune, Rami se marre en mettant des gros coups d’épaule, Pogba dribble seul avec un ballon, puis tente deux talonnades pendant le toro. A la cool.

Les Roumains donnent de la voix

Suivra une cérémonie d’ouverture étrange, avec manège, buissons, chaînes de ballons, jeunes filles déguisées en lèvres (!) et danseuses de french cancan, sur fond de remix techno d’Edith Piaf, avant un David Guetta mixant (encore) les mains levées, tandis que trois hélicoptères survolent l’enceinte, comme pour assurer la fête. Dans la foulée, le public entonne une vibrante Marseillaise, et les tribunes s’embrasent. Le frisson se répand jusque dans les cinq premières minutes du match, d’une électricité intense, où la foule purge tout son stress à coups de décibels sur la moindre action.

On a beaucoup reproché au Stade de France, par le passé, de ne pas être une véritable enceinte de foot. En pleine Coupe du monde 1998, Didier Deschamps avait même fustigé « les costards-cravate qui prennent les places des vrais supporters ». Dix-huit ans plus tard, le capitaine devenu sélectionneur a dû apprécier les acclamations pour Giroud après son occasion ratée de la 11e minute, ou la sublime Marseillaise improvisée a capella cinq minutes plus tard.

Payet libère le Stade de France

Malheureusement, à la demi-heure, les chants du quart de virage roumain ont pris le dessus, alors que le kop des Irrésistibles français, derrière le but de Lloris s’est retrouvé à entamer un « Aux armes » seul en fin de 1ère période. La faute à des Bleus inhibés, incapables de se dépêtrer du savant pressing adverse. Le foot a fini par reprendre ses droits. Et la tension par gagner les supporters français. Prolongement du scénario haletant et frustrant de la rencontre.

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Il aura fallu que Giroud s’arrache, à l’heure de jeu, pour ouvrir le score de la tête et décoincer le public en même temps que ses partenaires. Pour la première fois, le stade tout entier s’est alors mis à bondir au rythme du « qui ne saute pas n’est pas français », tribunes latérales (les places plus chères) incluses. On retrouvera tout ce petit monde, cinq minutes plus tard, en train de siffler copieusement Stancu au moment où il s’élancera pour inscrire le penalty de l’égalisation. Il n’y aura ensuite plus que les Irrésistibles français pour entonner des « allez les Bleus ». Bonjour tristesse. Et au revoir. Les larmes de Payet, après son but à la 89e, sont de joie. Comme l’explosion du Stade de France. L’Euro 2016 peut enfin commencer.

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