Euro 2016 : si si, la concurrence entre Blaise Matuidi et Moussa Sissoko existe vraiment

Euro 2016 : si si, la concurrence entre Blaise Matuidi et Moussa Sissoko existe vraiment
EURO 2020

EQUIPE DE FRANCE – Dans la composition d’équipe pour débuter le 8e de finale de dimanche (15h) face à l’Irlande ne subsiste qu’un doute : Blaise Matuidi risque-t-il de perdre sa place au milieu au profit de Moussa Sissoko ? A priori, non. Et pourtant si, il y a vraiment un doute.

L’Euro, comme la Coupe du monde, a cela de passionnant (et de passionné) que tout ce qui l’a précédé disparaît instantanément. Ainsi, tandis que les craintes d’attentats ou les grèves des transports ont déjà été relégués au rang de lointains souvenirs sous le feu de l’actualité purement footballistique, en trois petits matchs, le statut de cadre indéboulonnable de Blaise Matuidi a, lui aussi, déjà pris du plomb dans l'aile. La faute à deux prestations insipides du milieu du PSG face aux Roumains et aux Albanais, mais aussi à une énorme performance de Moussa Sissoko contre la Suisse ensuite. Que se passe-t-il aujourd’hui dans la tête de Didier Deschamps, à trois jours du 8e de finale de l'Euro 2016 face à l’Irlande ?

Déjà interrogé sur la possibilité de perdre sa place de titulaire le 13 juin, soit trois jours après le match d’ouverture (et donc deux jours avant de se rater encore complètement contre l’Albanie), Blaise Matuidi assurait ne pas se faire de bile : "Je ne pense pas du tout comme ça. Je fais partie des 23 et nous sommes tous importants. Le coach fait ses choix. Ce n'est pas pour autant que je me dis que je suis en danger ou autre, il n'y a aucun problème." Dans le privé, le milieu assure pourtant à des proches qu’il se trouve actuellement au sommet de son art, et qu’il n’évoluera sans doute plus jamais à pareil niveau, plus tard dans sa carrière. Surtout, lui non plus n’ignore pas le penchant de Didier Deschamps pour cette bonne vielle logique de groupe, qui privilégie souvent le vécu à la forme du moment.

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Mais on se souvient aussi qu’après avoir enregistré le forfait de dernière minute de Lassana Diarra, en plein stage autrichien, le sélectionneur avait d’abord suivi ce principe en plaçant Yohan Cabaye parmi les titulaires lors de tous les entraînements... avant de le remplacer par N’Golo Kanté une fois arrivé à Metz pour affronter l’Ecosse, à moins d’une semaine du coup d’envoi de l’Euro. L’intégration de Dimitri Payet dans le onze de départ durant la préparation répond d’ailleurs à ce même pragmatisme : quand il le faut, le sélectionneur ne fait plus du tout de sentiments. Concernant Moussa Sissoko, juste après la fin de Suisse-France, il a insisté sur ce point : "Je ne lui ai pas fait un cadeau en le titularisant. Ce n’est pas parce que je l’ai mis ce soir que je ne le mettrai plus après."

"Didier Deschamps va être en pleine réflexion toute la semaine"

Perdu au milieu de ces considérations, on a sollicité Alain Giresse, champion d’Europe 1984, en France, avec les Bleus, à ce même poste de relayeur, et aujourd’hui sélectionneur du Mali.  "Matuidi n’a pas perdu son crédit. Mais, pour l’avoir vécu, une composition d’équipe qui débute une phase finale est rarement la même que celle qui la termine. Parce que c’est la compétition qui dicte tout. Souvenez-vous ce qu’on disait de Sissoko avant le match contre la Suisse...  Le passé ne compte plus. Nous, les observateurs, on se base sur ce qu’on voit. Mais il y a beaucoup d’éléments qu’on ne maîtrise pas : la fraîcheur physique, le ressenti d’un joueur par rapport à un poste, notamment Pogba à gauche ou à droite du milieu... Tout ce qui permet d’équilibrer et de donner de la complémentarité au milieu. Il n’y a que le coach qui peut le ressentir, en côtoyant les joueurs au quotidien."

Celui qui commente aussi les matchs des Bleus pour France Info durant cet Euro ajoute : "La problématique, c’est que plusieurs compositions d’équipe n’ont pas donné satisfaction. Et pour un entraîneur, ça devient un casse-tête où, tout d’un coup, il a la nécessité de faire des choix. Je suis sûr que Didier Deschamps hésite. Il va être en pleine réflexion toute la semaine. Les caractéristiques de l’adversaire vont entrer en ligne de compte, mais pas que. Matuidi sera reposé, et la question de la complémentarité avec les deux autres, Kanté et Pogba, va quand même se poser. Au PSG, il est le complément idéal de Motta et Verratti parce que ce sont deux joueurs qui tiennent le ballon. En équipe de France, c’est moins vrai, et il doit être beaucoup plus attentif à son replacement. Le concernant, on ne peut pas être définitif. Mais aucun joueur ne peut échapper à la logique de la performance. La remise en cause existe. Et elle va lui faire du bien." A lui ou à Sissoko.

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