France - Islande : ces Vikings n'ont-ils vraiment peur de rien ?

France - Islande : ces Vikings n'ont-ils vraiment peur de rien ?

VIKINGS – Après son exploit face à l’Angleterre au tour précédent, l’équipe d’Islande enchante l’Europe grâce à un état d'esprit incroyable. De quoi faire craindre l'issue du match face aux Bleus ce dimanche soir. Décryptage d'une horde de colosses qui ne connaît pas la peur.

Depuis le début de l’Euro, ils ne cessent de le répéter : "On peut battre tout le monde et on a peur de personne". A mesure qu’ils terrorisent les plus grandes nations de football (Pays-Bas, Portugal, Angleterre…), l’appétit de cette petite sélection venue du grand Nord ne cesse de croître. "On a toujours cette impression dingue qu'ils portent tout un pays sur leur dos" confie Lilian Laslandes, qui les a affrontés à deux reprises avec l'équipe de France en 1998 et 1999.

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Et, la remarque de l'ancien attaquant (7 sélections) n'est pas loin de la réalité puisque ces 23 Vikings-là représentent une nation qui ne comptent que 100 joueurs professionnels et seulement 20.000 licenciés (pour une population totale de 300.000 habitants).

Oui mais voilà, cette petite île, moins peuplée que la ville de Nice (!), trouve ses ressources ailleurs. Avec une moyenne d'1,85 mètre, cette sélection de colosses est la quatrième nation de l'Euro en termes de taille. Les deux sélectionneurs auraient donc tort de ne pas demander à leurs joueurs de jouer des coudes. Après tout, on joue avec ce qu'on a... et quand seulement quatre joueurs ne dépassent pas le 1m80, et bien on privilégie la bataille des airs.

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Les Anglais s'en sont rendu compte. Alors qu'ils poussaient en fin de rencontre en huitième de finale, tous les centres aériens ont été renvoyés aussi sec par les coups de boule des coéquipiers de Ragnar Sigurdsson. "Ils mettent une grande intensité physique, ils disposent de joueurs rugueux mais pas méchants", explique Lilian Laslandes. Des gentils Vikings, en somme. 

Conscient de leurs limites, mais pas complexés

Plus guerriers que pirates, donc, et dotés d'une confiance en eux redoutable. "En fait, ce ne sont pas un ou deux mecs qui haranguent les autres et qui les tirent vers le haut, comme c’est souvent le cas dans beaucoup d’équipes, continue l'ancien Bordelais. Là, on a affaire à 11 mecs affamés, qui savent ce qu’ils ont à faire et qui s’y tiennent. Ils sont tous à fond et en même temps."

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Cette horde barbare n'a tout simplement peur de rien ni personne. Pas même de Cristiano Ronaldo, à côté de qui ils n'ont pas tremblé (1-1). Attaqués par la star madrilène qui les avait vivement critiqués pour leur style de jeu défensif, ils n'ont pas hésité à renvoyer le Portugais dans les cordes, lui conseillant tout simplement de mieux jouer pour les battre. 

Julien Rebichon, ailier au club de handball de Nîmes, côtoie Gudjonsson et Hallgrimsson, tous les deux Islandais : "Ce sont des gars super gentils et supers bosseurs, qui tirent tout le groupe vers le haut. Ils ne lâchent jamais rien. Ils bossent beaucoup au point de se rajouter des séances de muscu en plus ! Ils n’hésitent pas à remonter les bretelles de certains quand c’est nécessaire, mais toujours avec tact et avec les bons mots. A Nîmes, on est réputé pour être des guerriers, je peux vous assurer qu'ils se sont parfaitement fondus dans cet ADN".

Être conscient de ses limites, les assumer, et tout miser sur la solidarité et la force mentale, c'est aussi ça l'état d'esprit islandais. Le dernier exemple en date, c'est Aron Gunnarson. Blessé en cours de match face aux Anglais, il a tenu à continuer pour ne pas déséquilibrer son équipe : "Je voyais double en seconde période, je commençais à avoir des douleurs au scrotum. Je ne sais pas comment j’ai tenu, c’est sans doute l’adrénaline." C’est même sûrement la folie, celle-là même dont ne cessent de s’enivrer des supporters islandais en plein conte de fées.

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Débarqués à bord de leurs drakkars (bon, plus probablement en avion), 30.000 supporters n'ont pas hésité à déserter leur île pour venir vivre le grand frisson. Près de 8% de la population du pays se trouve donc en France actuellement. La ferveur autour de cette équipe est pourtant toute récente : c'est la première fois que ce pays dispute une grande compétition internationale. Lilian Laslandes, qui a joué face à cette sélection à Reykjavik en 1998, ne garde pas un grand souvenir de l'ambiance de l'époque : "C'était le match de reprise après la Coupe du monde, où la France venait d'être titrée. Mais l'ambiance était plutôt calme, on jouait dans un petit stade" se remémore celui qui a disputé deux de ses sept sélections en Bleus face à l'Islande.

Ce dimanche, les Bleus partiront favoris, mais ils devront se méfier de cette équipe de guerriers décomplexés. Laslandes prévient : "Je trouve que cette équipe a beaucoup de similitudes avec le Danemark de 1992 et la Grèce de 2004 ". Ces années-là, ces deux sélections avaient remporté la compétition à la surprise générale. De quoi donner des idées aux Islandais ?

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