VINTAGE – Euro 2016 : Ils ont gagné l’Euro en France, Michel Hidalgo (4/5)

EURO 2020

RETRO – En 1984, l’équipe de France de football réussissait l'exploit dont rêvent secrètement les Bleus d’aujourd’hui : remporter l’Euro en France. Les principaux acteurs de cette épopée victorieuse déballent leurs souvenirs et abordent les chances de la bande de Deschamps pour l’été prochain. Cinquième épisode de notre feuilleton avec Michel Hidalgo.

Sélectionneur de l’équipe de France entre 1976 et 1984, Michel Hidalgo était très apprécié de ses joueurs. A la tête des Bleus, celui qui a remporté 42 victoires en 76 matches restera, quoiqu'il advienne, le premier entraîneur à avoir remporté un titre avec l’équipe de France.

L’ambiance ?
"Que de souvenirs… l’ambiance autour de l’équipe a énormément compté, surtout dans la demi-finale à Marseille. On était mené à dix minutes de la fin et on a réussi à inverser la tendance. Tous les encouragements nous ont permis d’aller en finale, ce jour-là. Les joueurs étaient dans les meilleures dispositions pour faire quelque chose de grand.

Après notre victoire, je me souviens que les voitures nous klaxonnaient quand on se déplaçait en bus. Les gens nous aimaient aussi parce qu’on produisait un football offensif. Mes quatre milieux de terrain étaient presque des attaquants. Jean Tigana était le plus défensif, c’est dire…" 

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Jouer en France, une chance ?
"Notre problème avec mon staff, c’était de faire en sorte que les joueurs ne se mettent pas de pression négative. Il fallait donner confiance aux joueurs. Ils avaient un cœur exceptionnel et voulaient réussir quelque chose de grand pour le football français, donc ça a été plutôt simple. Ils voulaient tous devenir la première équipe de France a gagné une compétition.

Réussir ce qu’on a fait à la maison, c’était grand. Mais je dois avouer qu’il y avait une réelle peur de ne pas donner les résultats que le peuple attendait. Ce n’est pas toujours une chance de jouer à domicile : il faut que les joueurs soient prêts dans les têtes pour que ce soit un avantage. Dans mon discours, j’insistais sur le fait qu’il n’y avait jamais eu de titre en France et qu’il n’y avait donc aucune pression à se mettre. Avec le scénario fou de la demi-finale, on s’est tellement vu éliminé que la peur a disparu pour la finale." 

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Son plus grand souvenir : 
"Incontestablement, la vie de groupe. Je n’avais pas besoin d’en faire des tonnes dans mon discours, les joueurs étaient surmotivés. Après la victoire en finale, on était attendu dans un grand restaurant, et on a préféré aller manger à la fédération avec femmes et enfants, pour se retrouver tous ensemble. Ça montre à quel point on était simples et unis. Je ne sais plus ce qu'il y avait à table, mais on aurait pu manger des sardines grillées, on s’en foutait, on était fiers et heureux."

La vie de groupe : "Le groupe était soudé. Ce que j’ai apprécié, c’était le dialogue qu’il y avait. Ce n’est pas moi qui prenais toutes les décisions. Il m’arrivait souvent de consulter Giresse et Platini, qui étaient les leaders du vestiaire et du terrain, pour établir le plan de jeu. C’était comme ça à l’époque... Aujourd’hui, on est content de se revoir. C’était des enfants pour moi, des gosses que j’aimais vraiment."

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Les chances des Bleus
"Cette équipe de France ressemble un peu à la nôtre de l'époque : elle joue à domicile, elle est plutôt technique, elle a un certain vécu ensemble et ce n'est pas une équipe de vieux briscards. Ils peuvent vraiment remporter le titre. L’idée ce n’est pas de nous copier, mais il y a des similitudes. Ils ont deux coaches de qualité en plus. On ne serait pas jaloux si les Bleus remportaient le trophée, au contraire ! On a gagné ce qu’on devait gagner, et on vit avec cela. Surtout, on restera à jamais les premiers..." 

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