Bac : lassée par les moqueries qui font "passer les jeunes pour des bêtas", une prof publie les anti-perles

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A CONTRE-COURANT – Françoise Cahen, une professeure de français d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, a lancé une initiative pour valoriser les lycéens qui n’ont pas "le QI d’une huître". En voici quelques extraits.

"N’oublions pas le proverbe : la parole est d’argent mais le silence endort",  "L’URSS, ça veut dire : l’Union des Royaumes de Suisse et de Suède", "Le régime de Vichy a toujours été très bon pour la santé"…  Cette année encore, les corrections du baccalauréat ont révélé quelques pépites. Des étourderies ou des contre-sens ahurissants de la part des bacheliers qui  prêtent à sourire mais qui ont fini par agacer une professeure de lettres exerçant à Alfortville, dans le Val-de-Marne. 

"Correcteur, tu en as marre que les perles du bac fassent passer les jeunes pour des bêtas ? Participe aux anti-perles", a-t-elle twitté mardi 4 juillet. Car pour l’enseignante, "le lycéen d’aujourd’hui n’a pas le QI d’une huître" et elle a décidé de le prouver via la plateforme Padlet.

Ce qu'on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente façon de mourirUn candidat au baccalauréat

Parmi les anti-perles, certains ont impressionné par leur perspicacité lors de l’oral de français : "Un élève assez fébrile et peu sûr de lui, pourtant d’une palpable sensibilité littéraire (mais pas en L !), a lu 'Gobseck' de Balzac…

- A votre avis, qu’a cherché à faire Balzac avec ce personnage ?

-Hmmm…  A dénoncer l’appât du gain, le pouvoir de l’argent, qu’il observe chez ses contemporains. (Petit arrêt) Et finalement c’est pareil aujourd’hui avec les banques, la finance ! Il pourrait encore revenir l’écrire !"


D’autres se sont illustrés par leur réparti : "Un jeune homme, habillé de façon 'street', après une question sur le mythe de Sisyphe, s'écria : 'Ce qu'on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente façon de mourir'. Il me surprit abondamment."


Et d’autres encore, par leur prose : "Des trois soldats, un seul eut le courage de regarder vers la caméra, écrit un élève anonyme. Il me bouleversa. Au-delà d'un homme, je vis la souffrance. Au-delà de ses yeux, je vis l'horreur. Pas seulement la sienne, mais aussi la mienne. Je voyais en ses yeux l'origine de toute souffrance."

L’initiative, retwitté plus de 700 fois, a fait mouche chez les enseignants, comme chez les parents. "Merci", lui dit simplement une maman. "Je partage votre lassitude quand j'entends les sempiternelles lamentations au sujet du niveau des jeunes, cet esprit de raillerie est le contraire de ce que nous devrions chercher à cultiver", ajoute une documentaliste. La nouvelle tradition est lancée. 

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