Bac 2018 : l'épreuve de mathématiques était-elle vraiment si difficile ? L'avis d'un prof... de maths

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BAC 2018 - La semaine dernière, l'épreuve de mathématiques de la série scientifique a décontenancé les élèves : après des plaintes sur twitter, une pétition a été lancée et a déjà récolté plus de 85 000 signatures. Est-ce justifié ? Nous avons posé la question à une professeure.

Jennifer Razanadrakoto est professeure de mathématiques. Elle a corrigé l'épreuve de la série S pour Studyrama. Elle nous donne son impression sur cette épreuve, jugée trop dure par les candidats, et sur la pétition qu'ils ont lancée et qui continue de récolter des signatures.

LCI : Cette épreuve était-elle vraiment plus difficile que les autres années ?

Jennifer Razanadrakoto : Il y a une tendance ces deux ou trois dernières années : les exercices du bac sont moins des applications automatiques de formules, ils demandent plus de réflexion. En règle générale, cela perturbe les élèves parce qu’ils s'entraînent sur les annales des années précédentes. La difficulté n’est donc pas liée au contenu de l’exercice, mais à la forme, qui est inhabituelle et qui a pu les perturber.

LCI : Est ce que certaines questions étaient néanmoins hors-programme ?

Jennifer Razanadrakoto : Non. Mais j'ai cependant trouvé difficile l'exercice 4, celui sur les nombres complexes et les suites. Il m’a pris un peu plus de temps : c'était très ‘calculatoire’ et l’on pouvait faire des erreurs qui se répercutaient sur les autres questions. C’est rare. D'habitude, les personnes qui créent les sujets permettent aux élèves de continuer en établissant des questions indépendantes. Là, c’était rédigé de manière à ce qu’elles soient liées. Et si les élèves bloquaient ou se trompaient à la première question, tout l’exercice était infaisable.

LCI : La pétition peut-elle avoir un impact sur la correction de l'épreuve ?

Jennifer Razanadrakoto : Pour avoir déjà participé aux corrections du bac, les notes sont toujours harmonisées si de nous-même, nous nous apercevons que plusieurs élèves ont commis la même erreur. Nous avons également des directives des inspecteurs, dans les réunions d’entente, qui nous demandent d’être plus indulgents sur certaines questions. Pour moi, il n’était donc pas nécessaire de lancer une pétition et elle n’aura de toute façon pas plus de poids. Elle demande en effet ce que nous faisons déjà.

LCI : Comment expliquer une telle mobilisation des élèves ?

Jennifer Razanadrakoto : Je pense aussi que la pétition témoigne d’un stress, né de la polémique Parcoursup. Les élèves sont beaucoup plus dans le stress de l’avenir que les autres années. Cela a mis de l’huile sur le feu. C’était déjà déterminant d’avoir le bac. Mais il y a désormais l'obligation d’avoir de bonnes notes pour obtenir de nouvelles réponses. Il y a toujours eu des pétitions contre des épreuves du bac. Mais je suis surprise de voir que celle-ci est beaucoup suivie et signée. Tout ceci s'établit dans la continuité de ce qu'il se passe par rapport à la sélection à l’université.

Les résultats du baccalauréat 2018 seront consultables en ligne dès le vendredi 6 juillet. 

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