Bac 2019 : que va-t-il se passer pour les candidats concernés par la rétention de copies ?

Examens 2019

REBONDISSEMENT - Alors que la menace d'une rétention des copies du baccalauréat se précisait mercredi soir, le ministre de l'Education nationale a préconisé aux jurys de délibération censés se réunir ce jeudi de prendre en compte le contrôle continu. Sauf que certains ont refusé cette alternative. Mais pas de quoi inquiéter outre mesure Jean-Michel Blanquer qui assure que "tout va bien".

L'annonce a de quoi rassurer les candidats inquiets à la veille de la publication des résultats menacée par une rétention des notes et des copies du bac. "Si d'aventure, il restait quelques copies non fournies, ce que je n'ose croire d'ailleurs parce que je pense qu'à la fin tout professeur pense à l’intérêt des élèves, et bien dans ce cas là nous prendrons la note de contrôle continu de l'élève pendant l'année", a ainsi déclaré sur LCI Jean-Michel Blanquer ce mercredi. Et de préciser : cette note "servira de note provisoire pour voir si l'élève doit passer le rattrapage et ensuite nous confirmerons cela".

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Blanquer: "S'il restait des copies fournies, nous prendrons la note de controle continu"

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Plusieurs tweets reprenant telles quelles les consignes du rectorat adressées aux chefs de centre de correction l'attestent : concrètement, il a été demandé aux jurys du bac de prendre en compte, en lieu et place de la note non communiquée, la moyenne obtenue par l’élève sur les trois trimestres de la classe de terminale dans la matière concernée. Une fois la note de l’épreuve restituée, celle dernière ne sera retenue que si elle s'avère meilleure. A défaut, la note de contrôle continu sera conservée.

Des jurys refusent de siéger

Une parade qui permettait au ministre de l'Education, il y a quelques heures encore, d'assurer à  "tous" les candidats au baccalauréat que leurs résultats leur seraient communiqués vendredi comme prévu. Mais ce jeudi matin, un énième rebondissement vient remettre en cause cette annonce. D'après un certain nombre de tweets d'enseignants sur le terrain, il semble en effet que plusieurs jurys de délibération refusent la proposition du ministre et par conséquent de siéger, menaçant ainsi de nouveau par conséquent la publication des résultats attendue dans quelques heures. 

Parmi les concernés ? Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière et professeure d'économie sociale et solidaire. "Convoquée aujourd'hui à un jury de bac, je me suis mise en grève avec quelques collègues", écrit-elle. "Le ministre veut une mascarade de délibération : ce sera sans nous."

"On a changé les règles pendant le jeu"

Interrogé sur ces jurys qui refusent de statuer ce jeudi à la mi-journée par un journaliste de LCI à l'occasion du G7 de l'Education, Jean-Michel Blanquer se veut toujours aussi rassurant. "Tout va bien, les copies sont en train de rentrer. Il ne s'agit que toute petite minorité, il suffit de remplacer les jurys concernés."

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Jurys de délibération du bac bloqués : "Tout va bien", rassure Blanquer, "les copies sont en train de rentrer"

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Rétention des notes du bac : "Nous allons rendre les copies quand nous l'aurons décidé"

Dès son annonce, la préconisation du ministre avait fait réagir les enseignants grévistes, certains dénonçant un détournement du droit. "C'est pas une solution, c'est en fait juste jouer avec la loi, se mettre dans l'illégalité", déplorait notamment Yohann Ferber, enseignant en Lettres, ce jeudi matin sur LCI. "C'est à dire, qu'il brandit à tort et à travers un certain nombre de menaces, c'est à dire finalement remettre en cause le droit de grève mais il y a un problème : quand il dit qu'on va remplacer effectivement les notes qui ne sont pas présentes dans les livrets, ce n'est pas du contrôle continu c'est la moyenne général", fustige-t-il encore. "Si on a changé les règles pendant le jeu pour à la fin gagner la partie, moi j’appelle ça les règles d'un enfant capricieux."

Jean-Michel Blanquer a pour sa part rappelé que ce n'est pas la première fois que l'on recourrait, le cas échéant, à cette alternative consistant a prendre en compte la note de contrôle de continu. "C'est quelque chose qui a parfois pu se faire dans le passé pour des copies perdues et il est admis que, face à des circonstances exceptionnelles, on puisse faire cela. Il faut raisonner en moindre mal. Je pense que la rupture d'égalité serait plus forte si des personnes se trouvaient sans résultats tandis que d'autres l'auraient", a-t-il déclaré sur RFI. Ironie du sort, c'est ce même contrôle continu qui mobilise les enseignants opposés à la réforme du bac, où il est introduit à hauteur de 40% de la note finale. 

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