Réussite au bac : le lycée de votre enfant est-il performant ?

Réussite au bac : le lycée de votre enfant est-il performant ?

STATISTIQUES - L'Education nationale dévoile ce mercredi ses indicateurs de valeur ajoutée des lycées (Ival) qui permettent de savoir si l'établissement a obtenu l'an dernier un meilleur (ou moins bon) taux de réussite au bac que celui qui était attendu. Explication.

Il y a au moins deux définitions du bon lycée : d'une part un établissement sélectif où le taux de réussite au baccalauréat flirte avec les 100%, d'autre part un établissement qui fait un maximum d'efforts pour accompagner les jeunes jusqu'à l'examen au-delà du déterminisme social. Cette deuxième vision est chaque année mise en avant par le ministère de l'Education nationale à travers une compilation de statistiques qui complète les traditionnels classements par taux de réussite au bac.

Ainsi, la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), rattachée au ministère, dévoile ce mercredi 22 mars 2017, pour la 24e année, ses indicateurs de la valeur ajoutée (Ival) pour 4326 lycées généraux et technologiques ou professionnels. Ces chiffres mettent en lumière les établissements qui "réussissent à faire réussir leur élèves", explique Fabienne Rosenwald, la directrice de la Depp. "Il ne s'agit ni d'un classement ni d'un palmarès mais d'un outil pour rendre compte de l'apport du lycée, de ce qui y a été développé pour les amener au bac". 

>> Pour consulter la carte, cliquez ici <<

A noter : les données pour 2016 sont consultables, à partir de 9h ce mercredi, sur le site du ministère de l'Education nationale

Des lycées méconnus qui brillent par leur valeur ajoutée

Les prestigieux lycées parisiens Stanislas, Henri IV, Louis-le-Grand ou l'Ecole Alsacienne n'ont ainsi pas ou très peu de valeur ajoutée (respectivement 0, 0, +1, +2) en dépit de leur taux de réussite au bac de 100%. Tandis que des lycées relativement méconnus tels que, parmi tant d'autres, Victor Hugo à Marseille, Eugène Ronceray à Bezons (Val-d'Oise) ou le lycée professionnel Condorcet de Schoeneck (Moselle) brillent par leur valeur ajoutée (respectivement +9, +14, +27) en dépit de taux de réussite moins élevés (respectivement 77%, 90%, 73%).

Pour comprendre le calcul, précisons que cette valeur ajoutée est la différence entre le taux de réussite au bac de l'établissement et le taux attendu par rapport aux établissements comparables au plan national. Le taux attendu étant déterminé en tenant compte du niveau scolaire à l'entrée au lycée (notes obtenues au brevet), de l'origine sociale, du sexe et de l'âge de l'élève.

Un outil pour distinguer ce qui est dû aux élèves et ce qui est dû au lycée- Fabienne Rosenwald, directrice de la Depp

En clair, à Henri IV (Paris), comme attendu, 100% des élèves présentés au bac l'ont obtenu, soit 0 point de valeur ajoutée. A Victor Hugo (Marseille), 77% l'ont décroché alors que le taux attendu était de 68%, soit 9 points de valeur ajoutée. Si, à l'inverse, les résultats sont en dessous des attentes, la valeur ajoutée est négative.

Finalement, "ces valeurs ajoutées rendent compte de l'efficacité des actions menées par le système éducatif en distinguant ce qui est dû aux élèves et ce qui est dû au lycée", résume Fabienne Rosenwald. Ainsi, un établissement ayant un excellent taux de réussite au bac parce qu'il a sélectionné ses élèves n'aura pas ou peu de valeur ajoutée car ceux-ci arrivent avec un excellent niveau et bénéficient en outre bien souvent de cours particuliers à la maison. A l'inverse, un lycée avec un taux moins bon mais ayant mis en place des cours de soutien pour accompagner les lycéens pourra avoir une forte valeur ajoutée. 

Valoriser les élèves et leur donner confiance en eux- Christophe Bonnette, proviseur du Lycée Newton à Clichy

Un exemple : le lycée professionnel Newton à Clichy (Hauts-de-Seine) figure parmi les lycées performants (c'est-à-dire dont le taux de réussite est au-delà du taux espéré) avec des valeurs ajoutées de +7 en 2016, +17 en 2015 et +13 en 2014. Les clefs de la réussite ? "L'équipe pédagogique effectue un travail transversal pour proposer un programme cohérent aux élèves afin qu'ils trouvent un sens à leur formation. Car si on ne les intéresse pas, ça ne fonctionne pas. Et cela passe par du concret auquel les élèves peuvent se raccrocher. Les enseignants s'appuient ainsi sur ce qui a été réalisé en atelier pour introduire les matières plus théoriques. Par exemple, en cours de français, on les fait travailler sur la rédaction d'un CV ou d'une lettre de motivation notamment", explique à LCI son proviseur Christophe Bonnette.

Autre atout : "Valoriser les élèves et leur donner confiance en eux : on organise des entretiens individualisés à leur arrivée pour connaître leur motivation et leur projet. On planifie des sorties en ville dans les entreprises ou pour acheter les fournitures. C'est une façon de les aider à se projeter dans le milieu professionnel en leur montrant que les enseignants ne sont pas des censeurs mais sont là pour leur apporter leurs connaissances et leur expérience", insiste le chef d'établissement.

Se comparer aux autres ne peut être que motivant et bénéfique- Valérie Marty, directrice de la Peep

Ces données sont-elles utiles ? Connaître la valeur ajoutée des lycées peut être précieux pour les parents d'élèves. "J'incite les parents à l'utiliser, c'est toujours intéressant pour eux d'évaluer l'activité de l'établissement, sa capacité à tirer les élèves vers le haut. Sans oublier que ces données permettent de mettre en avant certains lycées de quartier moins connus que d'autres alors qu'ils ont une forte valeur ajoutée", assure à LCI Valérie Marty, la présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep).

L'outil apporte également "des éléments de pilotage pour les recteurs et les chefs d'établissement, des sources de réflexion pour l'équipe pédagogique", assure le ministère. "Ces indicateurs alimentent la réflexion menée au sein des lycées. Ils sont susceptibles de bousculer les habitudes et de les inciter à mettre en oeuvre des initiatives pour progresser d'une année sur l'autre. Se comparer aux autres ne peut être que motivant et bénéfique", apprécie encore la présidente de la Peep, tout en estimant que les données sont encore "assez peu utilisées pour donner des pistes d'amélioration à l'Education nationale".  

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