Bac 2018 : plusieurs candidats se voient confisquer leur calculatrice pendant l'épreuve de physique-chimie

Bac 2018 : plusieurs candidats se voient confisquer leur calculatrice pendant l'épreuve de physique-chimie

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CAFOUILLAGE - Des élèves de série scientifique de quatre centres d'examen du Nord se sont vus, confisquer leur calculatrice pendant l'épreuve de physique-chimie de jeudi matin. Si les proviseurs des établissements les accusent de triche, le rectorat assure qu'il s'agit d'erreurs de la part des surveillants.

Leur épreuve ne s’est pas franchement passée comme espéré. Jeudi 22 juin au matin, des lycéens en série S de quatre établissements de l’académie de Lille, que sont le lycée Pierre-Foret de Maubeuge, le lycée Sophie-Berthelot de Calais, le lycée Jean-Perrin de Lambersart et le lycée des Monts-de-Flandre de Hazebrouck, se sont vu interdire l’usage de leur calculatrice scientifique pendant l’épreuve de physique-chimie, l’une des matières les plus importantes de la série scientifique. Les candidats étaient accusés de consulter des antisèches. 

Au lycée Pierre-Foret de Maubeuge, l’épreuve a tout à coup été interrompue par l’arrivée du proviseur qui a demandé aux élèves de mettre leur calculatrice en mode examen ou de supprimer tous les programmes, rapporte une lycéenne à La Voix du Nord. Le mode examen permet, sur les calculatrices scientifiques, de désactiver l’accès aux données enregistrées dans l’appareil. "Un surveillant m’a demandé d’arrêter sous peine de sanction. J’ai mis ma calculatrice en mode examen, ce qui empêche l’accès aux programmes. Cela n’a pas suffi. Il m’a repris ma calculatrice !" enchaîne-t-elle dans les colonnes du journal. Les sujets précisaient pourtant que "l’usage de tout modèle de calculatrice, avec ou sans mode examen, [était] autorisé". 


Contacté par Guillaume Ouattara, blogueur pour Le Monde, le proviseur de l’établissement, Christian Israël, raconte : "Très rapidement après le début de l’épreuve, nous nous sommes rendus compte que plusieurs candidats avaient rentré leurs cours dans leur calculatrice et recopiaient telles quelles des questions de cours".

Ils m’ont dit que c’était considéré comme de la tricheUn candidat au bac interviewé par La Voix du Nord

Même incident au lycée Sophie-Berthelot de Calais. "Quelqu’un m’a pris ma calculette durant l’épreuve. Quand je leur ai demandé pourquoi, ils m’ont dit que c’était considéré comme de la triche", affirme un candidat au journal Nord Littoral. Une autre calculatrice lui aurait été fournie seulement trente minutes avant la fin de l’épreuve. A sa sortie de la salle d'examen, l’élève a dû signer un rapport concernant cet incident.  "Ils ont pris en photo la programmation de ma calculatrice et j’ai signé un rapport mais j’étais sous le choc."


Egalement contactée par le blogueur Guillaume Ouattara, la proviseure explique qu’après le signalement d’un surveillant, une heure après le début des épreuves de plusieurs élèves qui "recopiaient des définitions depuis leur calculatrice", l’établissement a "contacté les services du rectorat de Lille qui nous ont donné la consigne de confisquer les calculatrices des élèves concernés."

Sollicité par LCI, le rectorat de Lille affirme qu’il s’agit d’erreurs de la part des surveillants et que les calculatrices "ne devaient en aucun cas être confisquées". En février dernier, le ministère de l'Education nationale avait officiellement communiqué sur sa décision, pour cette session du baccalauréat 2018, de reporter l'application de la circulaire n° 2015-178 du 1er octobre 2015 qui prévoyait notamment l'activation obligatoire du mode examen sur toutes les calculatrices scientifiques. "Tous les rectorats et les établissements ont été prévenus", nous signifie le rectorat, qui assure qu'une enquête est en cours pour connaître l'origine de ces dysfonctionnements en série dans le département.


L'académie, comme le ministère de l’Education nationale, assure  que "des consignes de correction relatives à ces élèves seront transmises aux correcteurs pour permettre de respecter le principe d’égalité de traitement des candidats". Des consignes spécifiques seront également données aux présidents des jurys lors  des délibérations. Et ce même si pour Stéphanie Rouault, professeure de physique-chimie à Dijon et correctrice des sujets pour Studyrama, "certains exercices étaient largement faisables sans calculatrice", notamment en chimie. Côté physique, l'enseignante n'était pas plus convaincue de sa nécessité. "C'était un peu plus compliqué mais pas insurmontable. L'élève pouvait tout à fait écrire le calcul et mettre une approximation du résultat à la fin", certifie-t-elle à LCI.

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