Le baccalauréat de 1968, un taux de réussite record et une chance pour les classes moyennes

HISTOIRE - Sur fond de grève générale, le baccalauréat de 1968 est réorganisé à la dernière minute. Plus faciles, les épreuves profitent à tous, et notamment aux élèves de classe moyenne qui peinent jusque-là à décrocher le diplôme. Le taux de réussite est record.

Il y a 50 ans, en 1968, l’organisation du baccalauréat est totalement bouleversée. Face à la grève générale, les épreuves écrites sont trop difficiles à mettre en place. Le gouvernement décide de ne faire passer aux candidats que des oraux, et ce sur une seule journée. Ils disposent de 20 minutes de préparation et de 15 minutes d’entretien pour chaque matière. A la sortie, les caméras cueillent des aspirants bacheliers pas franchement stressés. "Oh ça a été, quoi ! On a l’avantage sur l’écrit et puis on peut dialoguer avec le professeur", lâche un élève, confiant, au journaliste qui l’interroge.

On était beaucoup plus intéressés par ce qu’il se passait à l’extérieurUne bachelière de 1968

Au lycée Buffon, à Paris, nous retrouvons une ex-candidate qui retrouve pour la première fois son centre d’examen. Sous les arcades du bâtiment, devant l’enfilade des portes des salles de classe, elle se souvient : "Il y avait un examinateur par salle et dès qu’on avait passé une épreuve, on allait à la porte d’à côté. On les faisait les unes après les autres" Et de poursuivre : "Les épreuves n’étaient pas ma préoccupation. On était dans la rue, suspendus à la radio. On était beaucoup plus intéressés par ce qu’il se passait à l’extérieur qu’au lycée."

Un taux de réussite de 81,3%

Face à la situation, les professeurs se montrent compréhensifs dans l’ensemble. "On a eu quand même pas mal de choix dans les sujets, les professeurs se montrent assez indulgents", raconte un lycéen à l’époque. Résultat : sur plus de 208.000 candidats au bac, 169.000 le décrochent. Soit un taux d’admission de 81,3%. Loin du score de 1967 (59,6%) et même des suivants (66% en 1969). 


Pour l’Historien et auteur de "Il y a 50 ans Mai 68" Eric Alary, le baccalauréat 68 a été une grande opportunité pour les jeunes provenant de la classe moyenne. "Ce sont toujours les enfants de la bourgeoisie qui obtiennent le bac, mais aussi des milliers d’enfants des classes moyennes. Et qui ne l’auraient certainement jamais eu sans le réaménagement panique et d’urgence du bac 1968", assure-t-il. Grâce à cet examen facilité, les bacheliers ont pu suivre des études plus longues et obtenir des salaires plus élevés que leurs prédécesseurs.

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