Fuites de sujets et de résultats, copies perdues, rétention de notes... retour sur ces couacs qui ont émaillé le bac 2019

Examens 2019

FLASHBACK - Cette session du baccalauréat aura décidément été très mouvementée. LCI a compilé les principaux incidents qui ont marqué cette période d'examens, qu'ils concernent la fabrication des sujets, la sécurité des épreuves ou encore l'annonce des résultats.

Si chaque nouvelle session du baccalauréat connait son lot d'imprévus, dysfonctionnements et autres insolites, le cru 2019 aura lui été marqué par des couacs à répétition. De la préparation de certains sujets à la publication des résultats en passant par le déroulé des épreuves, retour sur les principaux incidents qui ont ponctué ces dernières semaines dans un contexte de mobilisation de groupes d'enseignants et syndicats contre la réforme du bac qui entrera en vigueur dès la rentrée prochaine.

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Fuite de résultats

Le rectorat ignore encore combien de bacheliers y ont eu accès. Mais les résultats du baccalauréat, censés être divulgués le vendredi 5 juillet au matin, ont fuité dès 22h jeudi sur le site internet de l'académie de Lille, avant que le lien ne soit bloqué une quinzaine de minutes plus tard. "On s'en est aperçu très rapidement grâce à une veille sur les réseaux sociaux", a commenté le rectorat. "On était en train de faire les tests pour voir si on était en mesure d'annoncer les résultats vendredi et apparemment au même moment où on réalisait ces tests, techniquement il était possible pour les candidats d'avoir les résultats". Des élèves et internautes ont alors posté des copies d'écran des résultats sur les réseaux sociaux.

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Jurys de délibération bloqués

Alors que la menace d'une rétention des copies du baccalauréat se précisait mercredi soir, le ministre de l'Education nationale avait préconisé aux jurys de délibération censés se réunir ce jeudi de prendre en compte le contrôle continu. Sauf que certains ont refusé cette alternative. 

Cette étape, au cours de laquelle les enseignants se réunissent afin de rendre leurs relevés de notes, doit permettre de décider si un élève est envoyé ou non au rattrapage, ou si sa note est légèrement augmentée afin de lui garantir une mention. De manière collégiale et en direct, le jury entre ensuite ses notes définitives sur le portail "Delibnet". Or, c'est précisément cette manipulation qui a été perturbée aujourd'hui. Dans plusieurs établissements, ce sont par conséquent des proviseurs ou proviseurs adjoints qui ont procédé seuls au remplacement des notes manquantes. Selon Jean-Michel Blanquer, "une centaine de centres sur 1.500" où se tenaient jeudi les derniers jurys de délibérations ont été perturbés.

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Rétention de notes et de copies

Ce qui planait encore comme une menace le week-end qui a précédé la publication des résultats du bac s'est bel et bien concrétisé dans le courant de la semaine. Pour commencer, un certain nombre d'enseignants mobilisés contre la réforme du bac ont refusé de saisir dans les délais impartis les notes de leurs copies corrigées dans le logiciel dédié du Ministère. Mais jusqu'à jeudi, rien ne permettait de savoir si ces correcteurs grévistes iraient jusqu'à retenir également leurs copies, c'est à dire de ne pas les remettre aux centres d'examens où se déroulaient les jurys de délibération avant la publication des résultats. Selon Jean-Michel Blanquer, seuls "700 correcteurs" grévistes sur les 175.000 mobilisés pour l'examen retenaient encore jeudi soir "autour de 30.000 copies" sur les quatre millions à évaluer.  

Face à cette mobilisation, et pour permettre aux candidats de connaître leurs résultats à la date prévue, le ministre de l'Education avait détaillé mercredi une "solution technique" : si certaines notes d'examen manquaient, ce seront les notes du contrôle continu du l'année qui seront prises en compte pour compléter la moyenne. Et si la note du bac s'avère finalement meilleure, c'est celle-là qui sera conservée.

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Fuite de sujets

Dès le 21 juin, dernier jour de la première semaine d'épreuves, le ministère de l'Education Nationale a porté plainte après avoir eu confirmation que le sujet de mathématiques des filières ES et L avait fuité avant l'examen. Cette fraude révélée, les soupçons se sont tournés vers les sujets de mathématiques et de physique de la filière S. Alors que dans le premier cas, des captures d'écran de téléphone portable avaient permis de révéler le pot aux roses, dans le second les étudiants qui ont triché ont été plus discrets. Leur erreur : avoir utilisé le site internet TI Planet pour télécharger leurs corrigés de l'épreuve sur leurs calculatrices. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris dans la foulée et les investigations confiées à la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

Sur les 21 personnes interpellées depuis le début de la semaine, un coupe de trentenaire ainsi que deux candidats au baccalauréat, devaient être présentés à un juge ce vendredi en vue d'une éventuelle mise en examen. 

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Erreurs dans des énoncés

En amont de ces révélations, l'épreuve de mathématiques avait déjà été marquée par une polémique concernant cette fois des corrections dans des énoncés ayant du être apportées par les surveillants en cours d'examen. Si ce sont des tweets de candidats qui ont alerté sur cet imprévu à l'issue de l'épreuve, le ministère n'avait de son côté pas tardé à réagir et livrer des précisions.

Des "coquilles" se sont effectivement glissées dans des énoncés, a-t-on reconnu rue Grenelle, précisant de "reformulations ont été apportées rapidement" par les examinateurs - élément également relevé sur les réseaux sociaux - et que "les candidats ne seront pas pénalisés". 

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Grèves de surveillance

Cette année, pour la première fois depuis 2003, des syndicats de professeurs ont appelé à une grève de la surveillance le jour du coup d'envoi des épreuves pour protester contre la réforme du bac. Donnant le ton de cette nouvelle session, des enseignants grévistes s'étaient ainsi réunis devant plusieurs établissements, sans que le mouvement ne perturbe toutefois le déroulé des épreuves. Les chefs des centres d'examen avaient en effet prévu des réservistes pour pallier un éventuel manque de surveillants. Au total, le ministère avait décompté 5,4% de grévistes chez les professeurs du second degré, pour ce mouvement inédit depuis 15 ans en un jour de baccalauréat.

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