Résultats du bac : comment les notes ont-elles été attribuées cette année ?

Bac : comment les notes ont-elles été harmonisées ?
Examens 2020

BACCALAURÉAT - Les résultats sont tombés ce mardi pour les 740.584 bacheliers. Entre l'annulation des épreuves écrites, orales et pratiques et la prise en compte du contrôle continu, on vous explique comment le baccalauréat a été attribué cette année avec l'épidémie de Covid-19.

Une édition 2020 sous le signe de la "bienveillance" d’après le ministère de l’Éducation. Cette année, le baccalauréat a fait beaucoup parlé de lui. Contrôle continu, notes arrondies, harmonisation des résultats… Face à l’épidémie du COVID-19, la procédure a été complètement revue. Comment le baccalauréat a-t-il été attribué ?

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Des notes arrondies

Distanciation sociale et confinement obligent, le gouvernement a très vite annoncé la suppression des épreuves écrites, orales et pratiques du baccalauréat cette année. Mais pas question de laisser les 740.000 bacheliers sur le banc de touche. Le bac a été repensé et basé sur le contrôle continu.

Les coefficients ont été maintenus pour chaque épreuve, mais seulement les premier et deuxième trimestre ont été pris en compte. Pendant deux mois, les lycées étaient fermés et les cours effectués à distance, il était donc compliqué pour les établissements de l’Education de compter sur ce troisième trimestre. 

Les moyennes des deux premiers trimestres ont été utilisées pour calculer une seule moyenne constituant la base de la note finale du bac pour les élèves dans chaque matière.  Cette moyenne annuelle - dans chaque matière - a ensuite été arrondie à l’unité supérieure pour ne pas pénaliser l’élève. 

"Bon" lycée ou "mauvais" lycée

Alors que 54% des lycéens se disaient inquiets pour leur avenir, le gouvernement a tenté de les rassurer : le but n'était pas de pénaliser les élèves. Pour établir la note finale et arrêter leur décision, plusieurs aspects ont été aussi pris en compte par le jury. 

Celui-ci a eu accès au dossier complet de l’étudiant. Il pouvait alors consulter le livret scolaire et les appréciations des professeurs. Le troisième trimestre pouvait avoir son importance. Le travail à distance, l’engagement et les progrès réalisés au cours de l’année et pendant le confinement pouvaient augmenter ou baisser la note du lycéen.

Le jury a également pris en compte les statistiques de chaque établissement par rapport aux trois années précédentes pour ne pas pénaliser les différentes générations. Le but de cette harmonisation des résultats était d'éviter les écarts injustifiés.

Des notes qui peuvent être arrondies jusqu'à la mention

Pour cette édition inédite, savoir sa note en avance n'était donc pas si simple. Les lycéens pouvaient avoir une idée en se basant sur leurs résultats des premiers trimestres, mais cette note pouvait très vite évoluer.

Les critères étant très divers, les notes ont pu être augmentées ou baissées en fonction du parcours de l’élève. Les mentions ont quant à elles été maintenues. Si un élève était jugé méritant, en fonction de son dossier, le jury lui a donné des points pour qu'il puisse atteindre la mention. Un élève ayant 12 de moyenne a comme d'habitude eu la mention assez bien, 14 bien et 16 très bien. 

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Toutes ces étapes ont fait grincer les dents de nombreux professeurs. Certains membres du jury ont pu s’apercevoir d'un "gonflage" des notes par certains établissements. Dans un article du Parisien publié ce lundi, une enseignante s'étonnait de décalages entre les notes inscrites sur le livret scolaire et celles du logiciel Lotanet qui répertorie les notes du baccalauréat. D'autres ont déploré de grandes différences dans l'harmonisation des notes. En fonction du dossier du lycéen, certains jurés ont pu donner des points plus importants pour atteindre une mention. 

Les critères d’évaluation du bac 2020 ne sont pas au goût de tout le monde. Pour des syndicats, cette méthode de notation reste inégalitaire pour de nombreux élèves. Dans un communiqué, le syndicat CGT Educ’action 93 a déclaré que "le contrôle continu est un vecteur d’accroissement des inégalités scolaires". Les premiers touchés ? Les établissements avec les "publics les plus fragiles", pour certains été déjà pénalisés pendant le confinement.

De son côté, le syndicat SNES estime que cette année 2020 est "la session de tous les dangers" et propose que tous les candidats recalés puissent passer les épreuves de septembre.

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