Elles n'ont pas empêché les fuites : focus sur les procédures qui encadrent le cheminement des sujets du bac

Elles n'ont pas empêché les fuites : focus sur les procédures qui encadrent le cheminement des sujets du bac

HAUTE SÉCURITÉ- Alors que plusieurs fuites ont émaillé cette édition 2017 du baccalauréat, LCI vous détaille les procédures complexes qui encadrent le cheminement des sujets, de leur élaboration jusqu'à leur envoi dans les centres d'examen.

Mais comment des sujets placés sous haute sécurité ont-ils pu se retrouver sur la Toile ? Mercredi soir, le ministère de l’Education a repéré une fuite des sujets de philosophie destinés aux 140.000 candidats au baccalauréat technologique. Par conséquent, les élèves ont dû plancher sur des sujets de secours ce jeudi matin. 

Joint par LCI, le ministère de l’Education ne souhaite pas "donner plus de détails pour le moment sur cette diffusion de sujets en amont de l'épreuve". Celle-ci a été repérée "grâce à un signalement d'un veilleur extérieur (qui a alerté le ministère, lequel s'appuie aussi sur un réseau de veille en interne, notamment concernant les réseaux sociaux)". Le ministère ajoute qu’il "va en analyser en interne les raisons. Sachant que l'important, c'est aussi que les candidats ont pu composer partout en France dans de bonnes conditions". 

Ce couac survient quelques jours après que le ministère de l’Education a ouvert une enquête sur les fuites présumées des sujets de travaux pratiques de physique-chimie et de SVT pour les élèves de Terminale S. L’occasion de revenir sur les procédures encadrant le cheminement des sujets du bac, de leur élaboration jusqu'à leur transfert dans les centres d'examen.

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Confidentialité et mise à l'abri des sujets

Proposés au préalable par des enseignants sous l’impulsion des inspecteurs d’académie, les sujets du bac sont ensuite débattus devant une commission. Cette dernière est composée de professeurs de lycée placés sous la direction d’un inspecteur général de l’Education nationale, précise une circulaire ministérielle datée de 2012. Chaque participant doit signer une charte de déontologie en s’engageant notamment "à ne pas divulguer un sujet qu'il a élaboré, ni avant ni après la session d'examen et ceci pendant une période de cinq ans". 

Un document, accessible ici, donne en outre les bonnes pratiques à observer pendant l'élaboration des sujets. En voici quelques exemples : utilisation d’antivirus et de logiciels fiables et mis à jour, choix de mots de passe difficiles à deviner "mélangeant lettres, chiffres et caractères spéciaux", enregistrement des documents dans "un espace sécurisé"  par un mot de passe ou par cryptographie (écriture à base de chiffres permettant de cacher le sens d'un texte). 

Destruction des documents

Une fois arrêtés, les sujets sont envoyés au recteur "à la fois sous formats papier et dématérialisé". Un moyen d’éviter "tout problème de récupération informatique". Le recteur doit ensuite s’assurer que "chaque proposition est immédiatement conservée de façon sécurisée et que son auteur s'engage à détruire, dès qu'il lui en aura donné l'autorisation, tous les exemplaires dont il dispose en propre, quelle que soit la forme qu'ils prennent". Le Monde souligne que "le réseau informatique utilisé pour envoyer les sujets est hautement sécurisé, interne à l’Education nationale et donc indépendant d’Internet, pour éviter le piratage".

Le recteur, toujours lui, est ensuite chargé de chapeauter la reprographie des copies d’examen dans une salle sécurisée du rectorat. Une période sensible réglementée par la circulaire évoquée précédemment. Le recteur doit ainsi contrôler entrées et sorties, faire mettre à l’abri les tirages, restreindre l’usage des téléphones portables dans les locaux (en mettant à disposition un téléphone fixe dans la salle) ou encore s’assurer de "la mise en place progressive d'une chaîne sans rupture entre l'impression et la mise sous pli afin d'éviter toute substitution de sujets".

A noter que ces précautions ont été prises suite aux fuites d'un exercice de mathématiques en 2011, tombé entre les mains du fils d'un technicien intervenant au service de reprographie du rectorat d'Aix-en-Provence. 

En vidéo

Bac : le parcours hautement sécurisé des sujets

Les sujets sont enfin envoyés dans les centres d’examen. A Nantes, une équipe de TF1 a pu assister à leur transport dans d’immenses sacs discrètement chargés dans une camionnette banalisée ( voir ci-dessus).

Une fois acheminées à bon port, les épreuves sont mises à l'abri dans une armoire munie d'un code. Lequel est connu uniquement par le personnel de direction de l’établissement. Mais malgré toutes ces précautions dignes des meilleures heures de la série Mission Impossible, le risque zéro n’existe pas. 

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