Enfermée 8 ans dans une cave, Natascha Kampusch se confie pour la première fois à la télévision en France

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SEPT A HUIT - Pendant 8 ans, Natascha Kampusch a été enfermée dans une cave par un homme, W.Priklopil. Pour la première fois à la télévision française, la jeune femme revient sur son calvaire, de sa capture à sa fuite, en passant par la difficulté de sa réinsertion face aux doutes et au mépris des gens à son égard. Un témoignage exclusif à découvrir dimanche soir dans Sept à Huit sur TF1.

"Au début, tout le monde partageait ma joie. J’ai reçu des lettres et des fleurs, ensuite tout s’est retourné et s’est transformé en défiance, en envie, en haine et en rejet". Le ton est assuré, le regard aussi, bien qu’on y devine des larmes.  Et pour cause : Natascha Kampusch, 28 ans, a été bien malgré elle l’un des deux protagonistes principaux de l’une des histoires d’enlèvement les plus marquantes de ces dernières années. 


Pour la première fois à la télévision française, cette Autrichienne revient devant les caméras de Sept à Huit sur ses années noires passées captive dans 6m², dans la cave de son ravisseur, W.Priklopil. De sa capture à l’âge de 10 ans sur le chemin de l’école à sa fuite, 8 ans plus tard, Natascha se dévoile. Mais depuis son retour,  et puisqu’elle n’a pas réussi à endosser le rôle de la victime idéale, la jeune femme a été interrogée, soupçonnée, suspectée et insultée. Après l’enfer de l’enfermement, elle nous conte le calvaire de la libération.

"Ca a été très compliqué pour moi de gérer la vie à l'extérieur"

C’est un journal allemand qui a mis le feu aux poudres en révélant que la victime, lors de sa captivité, avait passé un week-end au ski avec son bourreau. De quoi installer le doute dans l’esprit du grand public : "J’aurais dû en parler, regrette-t-elle, ce n’était pas un week-end, mais une journée. Et ça a été plus une torture qu’un plaisir (…) On voulait tout savoir, on pensait que je cachais quelque chose. On a même pensé que c’était ma mère la coupable, ou qu’elle était liée au ravisseur !". 


La bienveillance et la gentillesse des gens à son égard se transforment ainsi vite en doute sur la sincérité de ses dires, notamment sur la véritable nature de la relation qu’elle nourrissait avec son ravisseur, qui a choisi de se suicider dans la foulée de la fuite de sa prisonnière : "Je pensais que tout irait mieux, une fois libre, confie-t-elle. Ça a été très compliqué pour moi de gérer la vie à l’extérieur.  Il y a eu beaucoup de mensonges et de suspicions".  


Elle ajoute : "Le ravisseur disait tout le temps que je lui appartenais, que j’étais un objet, pas un être humain. Mais ce que les gens ont exprimé était encore pire. C’était plein de haine, de rejet et de condescendance. Les gens disaient que je manipulais les faits, que c’était de la cupidité et que je faisais de l’argent avec mon histoire ". 

3096 jours

Pour l’opinion publique, le rapport ambivalent qu’elle entretient avec son kidnappeur n’est pas compréhensible. Lorsqu’elle ressent le besoin d’aller à la morgue devant sa dépouille pour se recueillir, certains parlent de syndrome de Stockholm, ce que Natascha réfute avec vigueur dans son autobiographie, 3096 jours : "C’était une façon de m’assurer qu’il était bien mort et de lui dire adieu" explique-t-elle à notre journaliste. 


Son livre, lui, a pour titre le nombre de journées passées sous la tyrannie de W.Priklopil, dont elle a hérité de la maison. A ce sujet, elle confie : "Il est normal, quand on vous a fait du tort, de percevoir des dommages et intérêts. Comme le ravisseur était décédé et qu'il n'avait pas de fortune, j'ai effectivement hérité de la maison. Au début, je craignais que certains en profitent pour créer un musée macabre. J'y vais une fois par mois, pour veiller qu'elle ne se dégrade pas. Mais à chaque fois cela me fait mal au ventre, et je n'y reste pas longtemps". 


Quant à rattraper le temps perdu, Natascha fait ce qu'elle peut : "Le bonheur ne s'obtient pas en appuyant sur un bouton. On ne redevient pas normal comme ça".

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