13 novembre : un an après, celle qui a permis de retrouver Abaaoud vit dans la peur

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Les attentats du 13 novembre, trois ans après

13 NOVEMBRE – Près d’un an après avoir permis à la police de trouver le suspect présenté comme le planificateur des attentats du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, Sonia affirme ne toujours pas bénéficier d’une protection à la hauteur de la menace qui pèse sur elle

"Croyez-moi, j’ai peur." Celle qui a permis à la police de localiser l’organisateur des attaques du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, s’est confiée à Europe 1 lundi 7 novembre, près d’un an après que sa vie a basculé. Sonia* était l’amie d’Hasna Aït Boulahcen, la cousine du terroriste présumé. Alors qu’elle se trouvait avec cette dernière, elle rencontre Abaaoud deux jours après les dramatiques attaques de Paris, le 13 novembre. Les informations qu’elle récoltera permettront à la police de lancer l’assaut dans la planque d’Abaaoud, le 18 novembre à Saint-Denis, probablement avant que d’autres attentats ne soient perpétrés.

"J’en veux à l’Etat"

Alors qu’elle publie un livre, "Témoin", aux éditions Robert Laffont, pour raconter les mois qui ont suivi ces évènements, la jeune femme affirme à la radio ne nourrir aucune fierté de son geste et se dit prête à refaire la même chose si une telle situation se reproduisait. Pourtant sa situation n’a rien d’enviable. Sonia affirme ainsi vivre dans la crainte du fait que son témoignage n’a pas pu être anonymisé. "Ils savent à quoi je ressemble maintenant", explique-t-elle. Celle qui croyait qu’elle allait déménager, avoir une nouvelle vie, une nouvelle identité, affirme : "Ça a été l’inverse. Je n’ai rien eu du tout". "J’en veux à l’Etat", commente-t-elle, poursuivant :  "Oui je vis dans la crainte, c’est vrai, j’ai une vie des plus monotones, des plus morbides… Mais quand je me réveille le matin, je vis."

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