13 novembre : un an après les attentats de Paris, où en est l'enquête ?

ZONES D'OMBRE - Neuf terroristes tués, un dixième, Salah Abdeslam en prison, mais aussi de nombreuses interrogations, notamment sur le parcours des terroristes. Un an après la terrible soirée du 13 novembre 2015, LCI fait le point sur une enquête qui n'a pas encore permis de tout comprendre.

Au total, neuf terroristes sont morts. La plupart se sont faits exploser le soir même du 13 novembre 2015, avec leurs ceintures d’explosifs, les autres ont été abattus. Parmi eux, l'un des cerveaux présumés des tueries, le Belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud tué dans un assaut du Raid le 18 novembre, cinq jours après les attentats. 


Une vingtaine de suspects ont été arrêtés, notamment en Belgique, base arrière de la cellule terroriste, dont il ne fait plus de doute qu’elle est  à l’origine et des attentats de Paris et de Bruxelles. Huit de ces suspects sont incarcérés en France. Parmi eux, figure Salah Abdeslam. Arrêté après 4 mois de cavale, ce témoin clé, seul survivant des commandos du 13 novembre, reste pour l’heure claquemuré dans le silence.  

Mais il reste de nombreuses zones d'ombre, notamment sur le parcours des terroristes.  Autre interrogation : toute la cellule a-t-elle bien été neutralisée ?  De même, si la voix des frères Fabien et Jean-Michel Clain, piliers de la mouvance djihadiste toulousaine, a bien été identifiée dans le message de revendication de l’Etat Islamique, ils ne sont pas les donneurs d’ordre. Et Abaaoud n’était quant à lui qu’un coordinateur. 


Pour l'heure, un seul commanditaire aurait été formellement identifié :  Oussama Atar, dit Abou Ahmad, un Belgo-marocain de 32 ans. Cet homme est notamment soupçonné d'avoir missionné deux des kamikazes du  Stade de France et un autre tandem de potentiels assaillants, retardé dans son cheminement vers Paris à l'automne et arrêté en Autriche en décembre.

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Attentats de Paris : Oussama Atar, le troisième coordinateur

Depuis un an, la France vit au rythme de Sentinelle et de l'Etat d'urgence. Ce régime d'exception a permis près de 4000 perquisitions et de multiplier les assignations à résidence de djihadistes radicaux présumés. 89 assignations sont toujours en cours.  Les services de renseignements ont été renforcés, les effectifs policiers aussi.  Sur le terrain, priorité est désormais donnée aux primo-intervenants.  Les Brigades anti-criminalité ont notamment reçu de nouveaux matériels pour faire face à des tirs de kalachnikov.


Ces mesures sont-elles efficaces ? Difficile à évaluer. Selon les autorités, en un an, une vingtaine d'attentats ou projets d'attentat auraient été déjoués.  Comme en mars dernier avec l’arrestation de Reda Kriket en banlieue parisienne. Ce proche d’Abaaoud aurait projeté d’attaquer la France pendant l’Euro 2016. Ou encore comme en septembre lors de l’arrestation de trois jeunes femmes qui s’apprêtaient à commettre un acte dans une gare après une première tentative ratée dans Paris avec une voiture remplie de bonbonnes de gaz.  Plusieurs mineurs ont également été récemment arrêts. Tous étaient en lien avec un certain Rachid Kassim, via la messagerie cryptée Telegram. 

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Telegram : la messagerie cryptée plebiscitée par les jihadistes

Mais cela ne peut occulter que d'autres attaques n'ont pu être évitées. A Magnanville, Nice et Saint-Etienne du Rouvray. A chaque fois, avec un mode opératoire différent. Et déjà pointe une nouvelle menace : le retour sur notre sol des Français partis faire le djihad en Irak et en Syrie.

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Les attentats du 13 novembre, deux ans après

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