Projet d'attentat à la voiture piégée : qui est Inès M., physique passe-partout et suspecte n°1 ?

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Attentat manqué aux bonbonnes de gaz à Paris

ATTENTAT DEJOUE - La principale suspecte interpellée dans l'enquête sur la voiture remplie de bonbonnes de gaz retrouvée à Paris et qui, selon les autorités, préparait un attentat imminent, avait prêté allégeance aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Elle a le visage rond, les yeux un peu tombants et dans le vague. Mais l’air déterminé. Sur la photo de la fiche d’information diffusée jeudi par la section antiterroriste de la Police judiciaire, que LCI s'est procurée, Inès M. montre un physique plutôt banal. Yeux marrons, cheveux mi-longs, châtains, 1, 59 mètre, un peu "enrobée", mentionne la fiche… Du genre à passer facilement inaperçu.  Inès a 19 ans, est née à Tremblay-en-France, en mars 1997. Au poignet, mentionne encore la fiche, elle porte "une montre Guess de couleur argent". Une jeune fille comme les autres a priori. Et pourtant. 

Inès est aujourd’hui  présentée comme la principale suspecte dans le projet d'attentat déjoué, après la découverte dimanche près de Notre-Dame de Paris d’une Peugeot 607 contenant six bouteilles de gaz. inès M. serait en fait la fille du propriétaire de la voiture, qui avait d’ailleurs signalé la disparition de son véhicule deux jours avant sa découverte.

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    Recherchée depuis quelques jours, Inès M. a été interpellée jeudi soir avec deux jeunes femmes complices à Boussy-Saint-Antoine, à 25 km au sud-est de Paris. Visiblement, elle ne s’est pas laissée faire, et s’est montrée combattive : elle a été blessée par balle par les autorités, après avoir tenté de poignarder un policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Elle a été évacuée dans la foulée vers l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) sous escorte renforcée. Malgré le jeune âge d’Inès, la fiche de signalement la mentionnait en effet comme un "individu dangereux", et invitait à "prendre toutes les mesures de sécurité utiles, notamment effectuer la fouille sécurité pour lui retirer les armes et autres engin susceptibles de tuer ou blessé dont il peut être porteur".

     

    Inès M. avait prêté allégeance à Daech. Après son arrestation, les policiers ont retrouvé chez elle une lettre en ce sens, affirme RTL, qui précise qu'elle voulait venger la mort du porte-parole et numéro deux de l'EI, Abou Mohammed al-Adnani, surnommé "le ministre des attentats". Connue des services de renseignement, elle faisait justement l’objet d’une fiche S et était classée individu dangereux. La note diffusée par la section antiterroriste de la Police judiciaire la signale comme étant en lien avec la mouvance islamiste radicale, et "susceptible de se rendre en zone de djihad". Toute sortie du territoire lui était interdite, ainsi que la délivrance ou le renouvellement de son passeport. "Le déplacement de l’intéressée à l’étranger est de nature à compromettre la sécurité nationale ou la sûreté publique", indique encore la fiche. 

    Son nom était par ailleurs connu ds services de police belge, selon la RTBF. En effet, le média d'outre-Quiévrain rapporte qu'elle était citée dans un dossier du Parquet fédéral belge dans le cadre d'une enquête sur les filières de départ en Syrie.

    Recherche d'éventuelles complicités

    Deux autres femmes, âgées elles de 39 et 23 ans ont été arrêtés, en même temps qu’Inès M., jeudi soir. Toutes trois ont été présentées comme "radicalisées, fanatisées", par Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, jeudi soir. Selon lui, elle "préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes".

    Quatre personnes avaient auparavant été arrêtées dans le Loiret et dans le sud de la France, deux frères et leurs compagnes. Les enquêteurs cherchent maintenant à savoir si les trois jeunes femmes ont bénéficié d’autres complicités, et à déterminer si leur projet a été inspiré ou téléguidé par un de leurs contacts qui pourrait se trouver en Syrie. D’après nos renseignements cependant, la piste privilégiée par les enquêteurs est que, avec ces arrestations, c'est bien le noyau dur de ce projet d’attentat  qui a été mis hors d’état de nuire. 

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