Accident de Millas : ce que l’on sait, un mois après le drame

ENQUÊTE – Le 14 décembre 2017, un accident survenait entre un car scolaire et un TER à Millas (Pyrénées-Orientales). Six enfants ont perdu la vie et plusieurs ont été blessés. Que sait-on de ce drame, un mois après les faits ? LCI fait le point.

Le 14 décembre 2017, à quelques jours des vacances scolaires et des fêtes de Noël, un terrible drame survenait à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. En milieu d’après-midi, un car scolaire, avec à son bord 23 élèves du collège Christian Bourquin  de Millas et qui prenait la direction du village voisin de Saint-Féliu-d'Avall, percutait un TER sur les voies ferrées. 


Six enfants ont perdu la vie après cette collision. Plusieurs autres, également à bord du bus, ont été blessés, dont certains très grièvement . Tous les témoins du drame resteront à jamais traumatisés… 


Les circonstances exactes de l’accident restent à préciser. D'autant que les versions divergent encore sur l’état de la barrière de sécurité qui aurait été fermée selon des témoins, ouverte selon la conductrice du car. Un mois après le drame, LCI revient sur ce tragique événement et fait le point ce que l’on sait. 

Jeudi 14 décembre, l’accident

Le jeudi 14 décembre, Nadine, 47 ans, conduit le car qui ramène les collégiens du lycée Christian Bourquin de Millas à Saint-Féliu d'Avall. 23 élèves se trouvent à bord. 


A 16h03, le bus scolaire  percute un TER à hauteur du passage à niveau n°25. Le véhicule est coupé en deux par le train qui roule à 75 km/h. Pompiers et gendarmes se rendent très rapidement sur place. 


Quatre élèves sont décédés sur le coup. D'autres ont été blessés, plus ou moins grièvement. Tous les passagers, du bus comme du TER (au nombre de 25) sont très choqués. 

Le lendemain, le bilan s’alourdit

Le vendredi 15 décembre, la préfecture des Pyrénées-Orientales annonçait un nouveau décès. Un des jeunes élèves hospitalisés après le drame n'a malheureusement pas survécu à leurs blessures. Le bilan est désormais de 5 morts. 

Barrière fermée ou levée ? Les versions divergent

Le 15 décembre, la conductrice du car, Nadine, 47 ans, était placée en garde à vue. En raison de l'état de choc de celle-ci, son face-à-face avec les enquêteurs ne durera que quelques heures. 


Dès le 16 décembre, on apprenait de plusieurs sources que les versions sur les circonstances du drame étaient contradictoires. Dans ses déclarations en effet, la conductrice du bus affirme que la barrière de sécurité, était, au moment où son véhicule a traversé les voies, levée, et que le feu ne clignotait pas signifiant clairement donc qu'elle pouvait passer. Des témoins soutiennent eux, au contraire, que la barrière était fermée au moment où le car est passé.  

Le 18 décembre, une 6e victime succombe à ses blessures

Quatre jours après le drame, la préfecture des Pyrénées-Orientales annonçait le décès d'un sixième enfant survenu 

à l'hôpital. 

Le 20 décembre, la conductrice du car est mise en examen

Moins d'une semaine après le drame, la conductrice du car scolaire est mise en examen pour homicides et blessures involontaires. La quadragénaire, mère de famille, a été "placée sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de conduire", a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux. Elle a été entendue au Palais de justice de Perpignan par deux magistrats instructeurs du pôle accidents collectifs de Marseille, compétent pour ce type de catastrophe.

Blessée lors de l'accident, la conductrice a maintenu ses affirmations selon lesquelles les barrières du passage à niveau étaient levées, a précisé son avocat Me Jean Codognès, après sa mise en examen.


Mais les "constatations matérielles" vont "plutôt dans le sens d'une barrière fermée", avait indiqué mardi le procureur de Marseille. Le conducteur du TER assure, lui aussi, que les barrières étaient fermées.

Le 21 décembre, tristesse et émotion aux obsèques

Une semaine après l'accident, les familles disent au revoir à ceux qu'ils ont perdu. Le jeudi 21 décembre, les obsèques de quatre des six enfants décédés dans la collision entre le train et le bus scolaire sont organisées à Saint-Féliu-D'Avall. 

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Millas : les douloureuses obsèques

Le 26 décembre, des familles se constituent partie civile

Me Jehanne Collard, avocate de trois familles de victimes annonce que "cinq personnes de deux familles différentes se sont constituées parties civiles". Elle précise qu'elles "auront ainsi accès mercredi au dossier de l'instruction". L'accès au dossier est une "étape capitale", souligne-t-elle.


Deux jours plus tard, le 28 décembre, une troisième famille se constituera partie civile. 

Le 5 janvier, les cinq derniers collégiens hospitalisés sortent de réanimation

Les cinq collégiens grièvement blessés dans la collision entre un bus scolaire et un train le 14 décembre à Millas (Pyrénées-Orientales) sont tous sortis de réanimation, a indiqué la préfecture. Sur les cinq derniers enfants toujours hospitalisés, quatre (trois filles et un garçon) le sont à Perpignan et un garçon à Toulouse.

Le 13 janvier : "Les expertises techniques qui fourniront la clé de l'énigme"

Près d'un mois jour pour jour après le drame, Me Jean Codognès, avocat de la conductrice du car déclare dans les colonnes du Parisien :  "Les témoignages ne seront pas déterminants. On en trouvera toujours certains pour dire que la barrière était levée et d'autres pour dire l'inverse. Ce sont donc les expertises techniques qui fourniront la clé de l'énigme."


L'avocat attaque également le premier rapport rédigé par les gendarmes employés par la SNCF. "Comment peuvent-ils affirmer quelques jours seulement après l'accident que tout fonctionnait alors que les pièces étaient censées se trouver sous scellés ?", s'interroge-t-il dans le quotidien dénonçant un "brouillage" de la scène de l'accident.


Fin décembre, une pétition de soutien avait été lancée pour la conductrice du car. Elle avait recueilli ce 13 janvier plus de 60.000 signatures

Toujours hospitalisée en unité psychiatrique, Nadine n'arrive pas à se remettre du drame. "Ma cliente est dévastée, explique encore l'avocat de Nadine dans Le Parisien. Elle ne sortira pas indemne d'une telle catastrophe." 


La souffrance et la peine des familles des victimes dureront elles aussi à vie. 

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Collision mortelle entre un train et un bus scolaire à Millas

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