Accident de Millas : plusieurs zones d'ombre au cœur de l'enquête

FAITS DIVERS
DRAME - Au lendemain de la collision entre un train régional et un car scolaire à Millas, qui a fait au moins quatre morts selon le dernier bilan, l'enquête a été centralisée au pôle accident du parquet de Marseille. Il lui reste de nombreuses zones d'ombre à éclaircir notamment le fonctionnement du passage à niveau au moment de l'impact.

Il était 16h10 jeudi 14 décembre lorsqu'un train régional TER a percuté un car scolaire sur un passage à niveau de Millas, sur  l'axe Perpignan/Villefranche-de-Conflent. Le dernier bilan, ce vendredi matin, s'établit à cinq morts et 18 blessés, dont 14 enfants. Six étaient toujours en urgence absolue vendredi soir. Au lendemain de la collision, l'enquête s'annonce complexe  : elle est actuellement centralisée au pôle accident du parquet de Marseille. Il lui incombera d'apporter des réponses aux zones d'ombre pour l'instant encore nombreuses, sur les causes de l'accident :

Les barrières étaient-elles levées ?

C'est en tout cas ce que semblent pointer du doigt plusieurs témoins et notamment la conductrice du bus elle même. Citée par son employeur, celle ci a indiqué qu'elle s'était engagée sur le passage à niveau barrières ouvertes et sans signalisation. Une version corroborée par plusieurs témoins. Sur France Info, la grand-mère d'une collégienne blessée dans la collision, par exemple, indique : "Elle m'a dit ce qu'il s'est passé. La barrière ne s'est pas refermée, elle est restée ouverte. Les clignotants rouges qui s'allument normalement ne se sont pas allumés." 


Un parent d'élève qui a reçu une photo de l'accident par son fils, présent sur les lieux affirme la même chose : "Ce qui m'a surpris sur la photo qu'on a reçue, c'est qu'en fait, la barrière est complètement relevée, il n'y a pas de barrière cassée", a--il expliqué à France Bleu,  Idem du côté de la grande soeur d'une collégienne, qui témoigne dans La dépêche : "Elle nous a juste dit que le bus a été coupé en deux au milieu et qu'il était passé car les barrières ne se sont pas baissées."


Mais sur ce point, les autorités tempèrent : le préfet des Pyrénées-Orientales, notamment, indique que les témoignages recueillis sont "très majoritairement" en faveur des "barrières fermées". 


La SNCF, elle, s'est dit choquée par les "accusations" de la société de bus. Elle a par ailleurs indiqué  à LCI que le fait que des barrières soient éventuellement relevées après le choc ne signifie par pour autant qu'elles l'étaient au moment du choc. Elles auraient pu se relever automatiquement après celui-ci.  Une hypothèse qui n'est , la encore, pas confirmée. 

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Accident de Millas : la conférence de presse du procureur de la République de Marseille

Le passage à niveau était-il défectueux ?

Le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a d'ores et déjà donné des éléments de réponse sur ce point. Interrogé sur France Info ce vendredi matin, il indique que le passage à niveau de Millas "ne faisait pas partie" des "deux plans de sécurisation qui ont été mis en place en 2008 par Dominique Bussereau et en 2013".  Il ajoute : "A priori, la visibilité était bonne, il n'y avait pas de caractère défectueux sur ce passage à niveau." 


Par ailleurs, le lieutenant-colonel Duffau, de la gendarmerie des Pyréenées-Orientales a lui aussi confirmé que ce passage à niveau, précisément, n'était pas réputé accidentogène. Enfin, on sait déjà que le train roulait à une vitesse de 80 km/h : soit une vitesse normale pour un TER. 

Le bus était-il bloqué sur les voies ?

Reste la question du car scolaire. Auprès de nos confrères d'Europe 1, un témoin qui se trouvait à proximité du lieu du drame assure avoir entendu le train klaxonner "pendant trente secondes" avant l'impact "pour avertir abondamment". Ce qui laisserait supposer que le bus est resté coincé sur les voies, au moment de la collision. A cet égard, l'audition de la conductrice du bus sera décisive pour l'enquête. 

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Collision mortelle entre un train et un bus scolaire à Millas

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